Cameroun - Refuge : Des membres de Boko Haram au Cameroun

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Ils fuient les assauts de l’armée nigériane lancés depuis mercredi 15 mai dernier dans le nord-est du Nigeria.

De sources concordantes, les villes camerounaises frontalières ont reçu un flux important de refugiés nigérians depuis que l’armée nigériane a mené des frappes aériennes et des attaques terrestres contre des bastions de la secte islamiste Boko Haram, mercredi dernier dans le nord-est du Nigeria. Dans ce nouveau tournant de la guerre contre les fondamentalistes, de nombreux civils camerounais et nigérians, et probablement des membres de la secte, ont regagné le Cameroun en catimini.

Les mêmes sources indiquent néanmoins qu’aucun mouvement important de repli islamiste n’a été observé dans l’Extrême-Nord du Cameroun depuis le début de l’assaut. Selon une source militaire, l’armée nigériane aurait déployé ses soldats à la frontière pour empêcher les membres de Boko Haram de se retrouver de l’autre côté. "La présence militaire, notamment les éléments du Bataillon d’intervention rapide (Bir), a été fortement renforcée le long des postes frontières et des passages habituels.

On n’observe pas, à proprement parler, de mouvements des Boko Haram fuyant les assauts de l’armée nigériane. Mais, selon certaines indiscrétions qui restent à vérifier, les islamistes auraient utilisé plusieurs pistes sinueuses pour s’infiltrer au Cameroun en raison de la longue et poreuse frontière terrestre", affirme un sous-officier du Bir sous le sceau de l’anonymat. "Les membres de la secte islamiste ont toujours utilisé des villes frontalières camerounaises comme bases arrières pour opérer dans leur propre pays. Ils profitaient ainsi de la situation calme au Cameroun pour y parvenir. Cela devient plus préoccupant lorsqu’ils sont pourchassés par l’armée nigériane", explique le même sous-officier.

En soutien à cette thèse, l’on se souviendra que plusieurs membres de cette secte ont été arrêtés au Cameroun ces derniers mois. D’autres encore ont poussé l’audace jusqu’à menacer les autorités camerounaises, qui se rendraient coupables de prêter leur appui aux forces nigérianes dans la lutte contre les islamistes. Réputés pour leur facilité à se fondre dans la population locale, la traque rend leur contrôle particulièrement compliqué.

Pour des raisons sécuritaires et stratégiques, les autorités camerounaises en charge de la sécurité ont opté pour la discrétion. Pour l’instant, le mouvement de personnes entre le Cameroun et le Tchad est très peu perceptible, mais des confidences persistantes indiquent que plusieurs populations, gagnées par la peur, auraient gagné les villes camerounaises comme Maroua, Amtchidé, Bourha ou encore Mogodé.

© Source : Mutations

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