Cameroun-RCA: Retour au calme à la frontière - Issa Tchiroma Bakary: «Le gouvernement centrafricain a déploré cet incident»

On n'a pas fini de parler de l'incident malheureux qui a occasionné le décès d'un policier camerounais à la frontière centrafricaine.

issa-tchiroma-bakari4-512x384.jpg

On n'a pas fini de parler de l'incident malheureux qui a occasionné le décès d'un policier camerounais à la frontière centrafricaine. Après la descente du Gouverneur de la région de l'Est sur le terrain et les mesures d'apaisement prises par les autorités des deux pays, le Ministre de la Communication (MINCOM), porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, s'est exprimé sur le sujet hier. C'était dans le cadre d'une interview accordée à nos confrères du Poste national de la CRTV.

Le Ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, clarifie: «Le gouvernement centrafricain a déploré cet incident»

Monsieur le Ministre de la Communication, on sait depuis quelques jours que la situation n'est pas au beau fixe à la frontière entre la République centrafricaine et le Cameroun. Quelle est la situation exacte en ce moment?

Je pense que l'autorité la plus compétente pour dire la situation qui prévaut actuellement au niveau de la frontière c'est le Gouverneur de la région de l'Est, qui a d'ailleurs eu l'opportunité de s'exprimer sur les antennes de la Crtv, tout comme dans Cameroon Tribune de ce matin (hier). La situation est parfaitement maîtrisée, le Gouverneur l'a annoncé. Je profite simplement de l'occasion pour préciser que la frontière n'est fermée qu'à l'endroit où l'incident malheureux s'est produit, c'est-à-dire à Toktoyo. Tout le reste de la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine est ouvert, les populations de part et d'autre de la frontière vaquent à leurs occupations sans gêne et sans histoire.

Il reste quand même, Monsieur le Ministre, qu'il y a eu un incident des plus graves. Il y a eu mort d'homme...

Cette situation ne saurait laisser aucun gouvernement indifférent. Qu'il s'agisse du gouvernement camerounais qui déplore la mort de son ressortissant, ou du gouvernement centrafricain dont les ressortissants ont été ceux-là qui ont perpétré cet incident déplorable, malheureux, et grave. Je tiens d'abord à dire que le gouvernement centrafricain a déploré et condamné avec la dernière énergie cet incident. Le gouvernement centrafricain a également pris toutes les mesures pour que tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, de près ou de loin, ont participé à la perpétration de cet incident malheureux soient arrêtés et traduits devant les tribunaux.

Mais, on s'explique quand même mal qu'un soldat centrafricain traverse la frontière avec des armes...

Ils ont l'habitude de traverser la frontière, parce que c'est au Cameroun qu'ils se ravitaillent. La tradition veut que, les soldats centrafricains, quand ils éprouvent le besoin de venir au Cameroun, ils entrent en civil et désarmés. Cet incident a eu lieu simplement à la suite d'une altercation telle que le Gouverneur l'a décrit. Et puis à la suite de cette altercation, les éléments centrafricains sont repartis en République centrafricaine. Ils sont revenus en bande, armés de Kalachnikovs, pour une descente qu'ils ont voulue punitive, parce qu'il y a eu altercation entre eux et un gendarme et le policier qui a perdu la vie. Ils sont donc revenus armés de leurs Kalachnikovs et puis ils ont perpétré leur forfait.

On ne peut que s'interroger, Monsieur le Ministre, sur la récurrence des incidents à cette frontière. Qu'est-ce qui se passe. Elle est trop poreuse?

Vous savez que les incidents se produisent non seulement au niveau de cette frontière, mais aussi au niveau de toutes les frontières, le Cameroun est cette seule nation dont les ressortissants, respectueux des lois, ne traversent pas les frontières pour agresser. Alors, vous savez le rôle que le Cameroun joue dans la sous-région. Le Cameroun est quand même le pilier de soutènement de la sous-région. Le Cameroun est le moteur, de la sous-région. C'est pour cette raison que le gouvernement camerounais n'a jamais cédé à une provocation de quelque nature que ce soit. A plus forte raison si elle provenait des éléments incontrôlés ou débiles. Le gouvernement camerounais a toujours fait preuve de pondération, de réserve, ceci pour préserver les relations amicales et fraternelles qu'il y a entre le Cameroun et tous les pays de la sous-région.

Monsieur le Ministre, il y a quand même une partie de l'opinion qui estime qu'un incident de ce type méritait une riposte plus musclée...

Ce n'est pas dans le tempérament de celui qui gouverne cette nation. Vous connaissez le Président Biya, son humanisme et son altruisme. Il n'a jamais privilégié la violence. Il a toujours privilégié le dialogue et la concertation. Vous savez, nous n'avons pas choisi nos voisins, nous sommes condamnés à vivre l'éternité durant avec ces voisins. Plus nous vivons dans la concorde, dans l'amitié et dans la paix, mieux ça vaut. C'est l'option du Président Biya, c'est sa politique et il a toujours été constant dans cette voie, dans cette direction.

Source:© Cameroon Tribune

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau