Cameroun/RCA - Chaos en Centrafrique: 516 Camerounais rapatriés de Bangui

Le dernier contingent, soit 190 a atterri, hier, dimanche 15 décembre 2013 à l’aéroport international de Douala.

« C’est sur instruction du chef de l’Etat que le Dja a été affrété pour transporter les Camerounais de Bangui. Toutes les dispositions ont été prises pour que le rapatriement se passe sans anicroche. Il y a eu auparavant une réunion de crise. C’est à l’issue de celle-ci que la décision a été prise à l’effet de créer un pont aérien. Nous pensons pouvoir maîtriser la situation et notre souhait est que tous les compatriotes retournent au bercail », confie une source proche des services du gouverneur présente à l’aéroport international de Douala, dimanche 22 décembre 2013. Hier, 190 Camerounais pour la plupart de confession musulmane ont été rapatriées.

A l’accueil, le gouverneur de la région du Littoral qui pilote la cellule de crise. « Nous avons vu le plus grand horreur de notre vie. Ces gens tuent, pillent et violent. C’est vraiment triste ce qui se passe dans ce pays voisin sous la barbe et le nez des éléments de l’armée française. On se croirait dans un film d’horreur. Nous voudrons remercier les autorités camerounaises qui, pour une fois, ont réagi », confie un rapatrié. A l’en croire, ils sont de plus en plus nombreux les Camerounais qui se trouvent encore sur le sol centrafricain. De sources officielles, ils sont un peu plus de 394 qui seraient en attente à l’ambassade du Cameroun en Centrafrique.

«Beaucoup de Camerounais vivent à Bangui et d'autres villes centrafricaines, mais leur nombre n'est pas connu. Tous désirent revenir au pays», déclare, un rapatrié. Seulement, «l’opération de rapatriement a été interrompu et ne pourra pas reprendre de sitôt», déclare les autorités administratives de la région du Littoral. Environ, 516 Camerounais résidant à Bangui ont déjà été rapatriés par un vol spécial de la compagnie nationale de transport aérien Camair-Co affrété vendredi par les autorités camerounaises, à cause des violences dans la capitale et d'autres villes centrafricaines, en dépit du déploiement de forces étrangères.

Depuis l'attaque survenue le 5 décembre à Bangui et qui avait causé plus de 400 morts et des dizaines de milliers de déplacés dont un grand nombre se sont réfugiés sur le site de l'aéroport international Bangui M'Poko, attaque attribuée à des groupes armés et milices fidèles à l'ancien régime de François Bozizé, les violences se sont intensifiées dans la capitale de la République centrafricaine (Rca) Bangui. Alors que la Rca était plongée dans le chaos depuis la prise du pouvoir le 24 mars de Michel Djotodia, les tensions communautaires et religieuses entre chrétiens et musulmans se sont exacerbées malgré le cantonnement et le désarmement des groupes armés et milices entrepris par l'armée française.

Les premiers à être désarmés par l'armée française déployée dans le cadre d'une intervention autorisée par un vote du Conseil de sécurité de l'Onu en vue d'aider à la pacification et à la sécurisation du territoire centrafricain, les ex-Séléka se sont retrouvés, avec des civils musulmans victimes de règlements de comptes, à la merci d'une population devenue incontrôlable. Des Camerounais qui ont des parents en Rca ont les oreilles tournées vers ce pays et attendent anxieusement le retour des leurs.

© Blaise-Pascal Dassié | Le Messager

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