Cameroun/RCA: Baisse de tension entre Biya et Djotodia - Le Chef de l'Etat camerounais vient d'adresser des félicitations au Président centrafricain

Le Chef de l'Etat camerounais vient d'adresser des félicitations au Président centrafricain.

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Le courant passe-t-il déjà des deux côtés de la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine? La question semble digne d'intérêt, lorsqu'on se souvient de faits, qui ont animé l'actualité après le renversement de l'ancien Président centrafricain, François Bozizé, le 24 mars 2012. Pour avoir accueilli le «réfugié politique en transit», le Cameroun avait été considéré comme terre d'accueil de l'ancien homme fort de Bangui et son Président. D'où, ce «coup de froid» entre Paul Biya et Michel Djotodia. Comment s'opposer à une certaine opinion publique, qui avait estimé que «Michel Djotodia est indésirable au Cameroun».

Michel Djotodia était l'un des rares chefs d'Etats riverains absents à la conférence internationale sur la sûreté et la sécurité maritimes dans le Golfe de Guinée. Conférence tenue les 24 et 25 juin derniers. Raison évoquée néanmoins est que le Centrafricain, Président de transition, ne jouissait pas encore de la reconnaissance de l'Union africain. Même si, quelques jours auparavant, Michel Djotodia avait été reçu à Libreville par Ali Ben Bongo Ondimba. Les commentateurs les plus osés ont souligné que le Chef de l'Etat camerounais, comme d'habitude, était absent à ce sommet des chefs d'Etat de la communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), dans l'optique de ne pas rencontrer son homologue des berges du Bouzou-Bangui.

Rebelles

La raison la plus usitée est la présence au Cameroun de l'ancien Président François Bozizé. Arrivé à Bertoua le 24 mars 2013, chassé par les rebelles de Seleka, François Bozizé est accueilli à Yaoundé le 25 mars, escorté par les éléments du bataillon d'intervention rapide (Bir) et logé au Yaoundé Hilton Hôtel. Le 26 mars, les autorités camerounaise, notamment le Secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh indique dans un communiqué que l'ancien Président centrafricain était en transit au Cameroun, pour des raisons humanitaires «en attendant son départ vers un autre pays d'accueil». Et ce transit mettra plusieurs jours, plusieurs mois. D'ailleurs, François Bozizé va même quitter l'hôtel pour une résidence au deuxième arrondissement de Yaoundé.

En mai, lors d'une rencontre entre Paul Biya et le Premier Ministre tchadien au Palais de l'Unité, le Tchad demandera le départ de Bozizé du Cameroun. Selon Joseph Dadnadji Djimrangar, émissaire d'Idriss Deby Itno, Bozizé à Yaoundé un danger pour la stabilité tant pour le régime de Bangui que celui de N'djamena et, éventuellement, Yaoundé. Paul Biya a-t-il compris saisi le message? Lui qui accueille à Yaoundé un émissaire de Michel Djotodia à Etoudi le 29 juillet. Le Ministre centrafricain des Transports et de l'aviation civile, Arnaud Djoubaye Abazene, porteur d'un «pli fermé» adressé par Michel Djotodia à Paul Biya déclare après l'audience qu'«il n'y [avait] jamais eu de frictions entre les deux pays». «Les autorités travaillent en étroite collaboration pour éradiquer les phénomènes d'insécurité au niveau de nos deux frontières.

Tout se passe très bien», avait-il précisé, ajoutant que Bangui comptait sur Yaoundé, «qui est toujours resté à son chevet pendant les situations difficiles». Il a rappelé que le Cameroun était le premier pays à avoir envoyé des contingents dans le cadre du renfor¬cement de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac), lorsque la crise centrafricaine avait atteint son paroxysme, au début de 2013. Puis, le 13 août dernier, depuis son «séjour privé en Europe», Paul Biya écrit à son homologue centrafricain. «La célébration par votre pays de sa fête nationale, le 13 août 2013, m'offre l'agréable occasion de vous adresser mes vives et chaleureuses félicitations. J'y joins mes vœux de paix, de concorde et de prospérité pour la Nation Centrafricaine», écrit Paul Biya. Il souhaite que «puisse notre commune volonté contribuer au renforcement et au développement de la coopération de nos deux pays, dans l'intérêt de nos deux peuples et au nom de la solidarité africaine».

© JUSTIN BLAISE AKONO | Mutations

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