CAMEROUN: QUI A ORDONNÉ LES EXÉCUTIONS SOMMAIRES DE FÉVRIER 2008 ? - RÉPONSES DE MARAFA ET D'AMADOU ALI

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Selon AMADOU ALI (ministre de la justice d'alors): 'Les ordres venaient directement de Monsieur Paul Biya, le président de la république du Cameroun'. Référence Wikileaks: "leading Biya to put the BIR under his direct supervision", disponible sur le lien internet http://wikileaks.org/cable/2009/03/09YAOUNDE256.html.

Ci-dessous un extrait d'une lettre adressée à Paul Biya par Marafa Hamidou Yaya le 25 mars 2008

[...] 'a) Sur Vos Très Hautes instructions, j’ai conduit une mission interministérielle à boucla, le jeudi 28 février 2008. Avant de nous y rendre, j’ai insisté pour qu’une réunion se tienne au niveau du Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République, afin que l’ensemble des services concernés par la gestion de cette crise en fassent une évaluation commune, et que la coordination des interventions des uns et des autres puisse être améliorée dans le sens d’une plus grande cohérence.

'Le MINDEF brûlait manifestement d’envie de se rendre à Douala. J’ai insisté pour m’y rendre en compagnie du Secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie et du Délégué Général à la Sûreté Nationale, estimant que l’intervention publique du MINDEF pourrait conduire à une interprétation malveillante des opérations de maintien de l’ordre dans un état démocratique.

'Depuis notre retour, le MINDEF raconte à qui veut l’entendre que les propos que nous avons tenus à Douala étaient équivoques. Ce faisant, le MINDEF met en cause mon loyalisme celui du Secrétaire d’Etat à la Défense, et celui du Délégué Général à la Sûreté Nationale. Alors que rien, ni dans nos propos ni dans nos attitudes, n’est susceptible de donner lieu à suspicion.

'Je Vous ai fidèlement rendu compte de notre mission à boucla et des réunions que nous y avons tenues. Le MINDEF doit avoir l’imagination bien fertile, à moins qu’il n’exprime inconsciemment sa déception de ne s’être pas rendu à boucla, pour des raisons inavouées !

'b) Depuis quelques jours, le MINDEF évoque ma personne devant plusieurs personnalités de la République comme étant «l’ennemi du Président de la République». Cette calomnieuse accusation est particulièrement grave et dangereuse et s’apparenterait à de la haute trahison, compte tenu des fonctions que Vous avez bien voulu me confier. L’insidieuse percolation du venin de cette insinuation aidant, je commence à me demander si c’est pour cela que je ne suis plus convié aux réunions portant sur la gestion ex-post des évènements de la semaine dernière. Si c’est le cas, cela est malsain car des instructions non coordonnées et incohérentes pourraient être données à nos équipes sur le terrain et cela pourrait conduire à des méprises.'

Source: L'Œil du Sahel

 
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