CAMEROUN / Présidentielle anticipée : Le Sdf condamne, mais se prépare

Réuni à Bamenda ce weekend, l’exécutif national du Sdf  condamne les "appels du Peuple " des militants du Rdpc et demande à Paul Biya de refuser cet appel. Mais  prend ses dispositions

Deux sujets majeurs entre autres étaient inscrits à l’ordre du jour de cette première réunion de l’exécutif national du Sdf pour cette année 2016. D’abord la position du parti sur les "appels du Peuple " des militants du Rdpc demandant au président Paul Biya à se porter candidat en organisant les élections anticipées, ensuite la vie du Sdf sur l’étendue du territoire.

Sur le premier sujet, une source affirme que les membres du NEC ont qualifié  ces fameux "appels du Peuple " des militants du Rdpc  de «réflexion pas du tout humaine et responsable». Une source à l’intérieur du Nec, laisse comprendre que les débats sur ce point ont été très critiques vis-à-vis du Rdpc. Le parti de la balance ne comprend pas toujours selon notre source «comment est-ce qu’un pays en guerre demande une élection anticipée, on ne peut pas voir les enfants qui sont en train de mourir en guerre et on parle d’élection anticipée»,  soutient cette source. 

Le Nec condamne cette façon de faire arguant que : «que c’est une façon de courtiser quelqu’un alors que cette personne ne maitrise pas la situation». Aussi une autre source a l’intérieur du Nec ajoute que : «la guerre contre Boko Haram coute la vie et l’argent, le régime du Rdpc a dit il y a de cela un ou deux ans que si  les fonctionnaires ne sont pas bien payé, si il n’y a pas une bonne circulation de l’argent pour réaliser les projets, c’est parce qu’il y a la guerre contre Boko Haram, maintenant quand il faut aller aux élections présidentielles anticipées c’est pour faire la campagne avec l’argent ou sans argent», laisse entendre notre source.

Paul Biya doit refuser ces "appels du Peuple " car «ce sont ceux qui veulent sa mort qui le courtise pour le pouvoir»

Si le régime Rdpc demande le chef de l’Etat à se présenter aux élections et d’anticipées ces élections c’est que : «la gestion de ce pays a échappé à leurs mains»,  lance le parti de Fru Ndi qui appelle le peuple camerounais de se préparer et «de renverser le régime Biya aux élections». Toutefois  l’exécutif national du Sdf, dans l’une des résolutions de ces assises demande au président Biya de  refuser l’appel à candidature  car ,soutiennent ces membres du Nec, «ces mêmes gens qui sont entrain de lui adresser l’appel a candidature ce sont ces mêmes gens qui cherchent ces obsèques, le président Biya dois comprendre  que ce sont ceux qui veulent sa mort qui le courtise pour le pouvoir, il serait mieux pour lui de refuser cet appel  pour éviter que le pays ne sombre», lancent ces membres du parti de Fru Ndi.

Modification de la constitution en mars ?

Cela semble ne pas surprendre les membres du Nec à Bamenda. Le Sdf a Bamenda soutient que : «ça été une manigance» du président Biya lui-même à partir du moment où il a signé un décret pour la réorganisation de son parti.

«Quand vous commencez à tripatouiller la constitution, ce qui est évident en politique et en administration,  c’est que les institutions vont s’affaiblir, et quand les institutions s’affaiblissent et que le pays tombe dans la guerre, ça sera une guerre fratricide. Mais toutefois l’exécutif du Sdf craint que le pays ne sombre dans une «guerre fratricide», affirment les membres du Nec.

Ces mêmes membres pensent que le Rdpc se prépare à une modification de la constitution pour la session parlementaire de mars 2016. «Il s’agit d’une violation de la constitution, parce qu’on veut emmener le régime Biya à se perpétuer au pouvoir, c’est aussi dû au fait que malgré la fatigue du chef de l’état les militants du Rdpc veulent qu’il meurt au pouvoir» ceci va entrainer la régression du pays ajoute notre source au Nec.

«Le président de la République, Paul Biya, par ailleurs président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), ne devrait plus se permettre de modifier certaines dispositions de la constitution, à l’effet de s’éterniser au pouvoir. Car, un tel acte provoquera des troubles sociaux inimaginables, susceptibles de déclencher la guerre civile au Cameroun», ajoute  une autre source du Nec.

Présidentielle anticipée, le Sdf veut éviter la surprise

Sur la vie du parti, le Sdf a mis sur pied des commissions pour la réorganisation du parti sur le territoire national. Au cours des débat, les membres du Nec ont pensé que «  le président Biya peut les surprendre à tout moment pour les élections, et pour cela il faudra que le Sdf sache exactement sur quelle position il se trouve » affirme une source.

Nos sources à l’intérieur du nec soutiennent que cette réorganisation du pays commence bientôt et doit s’achever en Avril. En tout cas un membre du nec affirme que cette réorganisation du Sdf commencée en 2014 «est plus tactique et stratégique afin d’équiper les bureaux régionaux».

Le Nec s’est également penché sur l’aspect sécuritaire dans l’Extrême-nord du pays notamment dans la lutte contre Boko haram, le Sdf déplore  la mort progressive des soldats camerounais et réaffirme son soutien à l’armée au front.

Cependant les membres du Nec à ces assises de Bamenda ont  trouvé  curieux «la mort des officiers» récemment tombés sur le champ de bataille. Au moment où nous quittions le lieu de ces assises du Nec les résolutions n’étaient pas encore rendues publiques.

Camer.be

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