Cameroun - Polémique: Pourquoi Paul Biya n'était pas aux obsèques de Mandela - Le Chef de l'Etat mérite-t-il un procès ?

Le Chef de l'Etat s'est fait représenter à la cérémonie, ce qui a eu le don de courroucer les apprentis sorciers. Le problème, avec ce que certains qualifient aujourd'hui de «grands deuils», c'est la très grande propension au m'as-tu-vu qui semble habiter les illustres participants.

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On l'a encore vérifié mardi dernier à Soweto, à l'occasion de la cérémonie d'hommage mondial à Nelson Mandela, icône de la lutte anti-apartheid, premier Président Noir d'Afrique du Sud, prix Nobel de la paix, décédé le 5 décembre dernier, des suites d'une longue maladie. L'illustre disparu, et tout le monde en convient, avait une aura qui a, pendant les 40 dernières années, inspiré moult débats, réflexions et autres stratégies de paix et de concorde nationale à travers le monde. C'était un monument, une icône, une source de fierté pour le continent africain. Il s'en est donc allé, comme le veut le sort de tout humain, et il était normal de s'arrêter, de communier, de célébrer un monstre politique devenu une égérie planétaire. Mais, qu'a-t-on vu, mardi au Soccer City Stadium?

Des dizaines de dirigeants du monde, des discours enflammés, des petites phrases confinant parfois au burlesque, des gestes frisant la bouffonnerie. Un véritable déferlement d'hypocrisie. Le souci du tape-à-l’œil. Un véritable blasphème, pour saluer la mémoire d'un géant. Le Chef de l'Etat camerounais, Paul Biya, semblerait-t-il, a pris l'option d'éviter cette scène géante de duplicité en mondovision. Il s'est fait représenter par son ministre des Relations extérieures, Pierre Moukoko Mbonjo, qui conduisait la délégation du Cameroun. Quelques heures auparavant, il avait adressé un message fort ému à son homologue sud-africain et «Cher Frère», Jacob Zuma. Il y fait état de sa «vive émotion» et de sa «profonde tristesse». «Au-delà de votre pays, c'est toute l'Afrique consternée qui vient de perdre son fils le plus illustre», a écrit le Chef de l'Etat du Cameroun, s'inclinant «avec respect devant la mémoire de celui qui, de son vivant, était entré dans la légende».

«Madiba, a ajouté Paul Biya, fut au cours de sa riche et exceptionnelle vie, un militant des causes justes et nobles, un homme d'Etat visionnaire, un sage admiré et honoré dans le monde entier Il lègue à la postérité un précieux héritage. Puissions-nous le préserver et transmettre aux jeunes générations les valeurs de justice, de tolérance, de liberté, de dignité et de solidarité qui lui étaient si chères.» Les grandes douleurs sont donc silencieuses et ne s'embarrassent pas de vaudevillesque. Beaucoup l'ont sans doute oublié. A commencer par certains confrères, qui hier ont rué sur les brancards, traitant M. Biya de tous les noms et dénonçant bruyamment son absence remarquée aux obsèques de Nelson Mandela. Les médias sont certes friands des mondanités, et l'on peut comprendre que certains s'émeuvent bruyamment dans un climat de recueillement. Mais, en toute chose, il convient de garder le sens de la mesure.

Ceux qui aujourd'hui vouent Paul Biya aux gémonies, «oublient» de rappeler qu'il fut présent, avec dignité, aux obsèques du roi Hassan II (Maroc) ou encore d'Omar Bongo Ondimba (Gabon). Ils «oublient» de rappeler tous les efforts fournis par le Président de la République dans la recherche de la paix, de la stabilité, du développement et de la concorde pour son pays. Alors que certains le qualifient d'absentéiste, souhaitant qu'il se produise sur toutes les scènes du monde y compris les plus fantasmagoriques, d'autres, n'en déplaise aux apprentis sorciers, le préfèrent en visionnaire silencieux, mais efficace. N'est-ce pas le plus bel hommage qu'on peut rendre à Nelson Mandela?

© Dieudonné Mveng | La Météo

Commentaires (1)

1. paterson 13/12/2013

il est vraiment absentéiste ce monsieur c'est une honte de n'avoir pas été présent à cette cérémonie mr le journaliste encenseur

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