Cameroun - Opération épervier : Yaouba Abdoulaye accusé de blanchiment d’argent

Le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie blanchirait, dans le commerce des algues marines, l’argent public détourné.

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Bien que totalisant près d’une demi-douzaine d’années au gouvernement, Yaouba Abdoulaye fait toujours figure d’inconnu. Dans les quartiers, ils sont nombreux à ignorer jusque son visage. En fait, le ministre délégué auprès du ministre de l’Economie se complaît dans l’ombre de sa hiérarchie directe. Les quelques rares fois où la conjoncture l’a placé sous les projecteurs, ça été la cata. Une fois, le ministre délégué s’est même révélé incapable de lire le discours que ses services lui avaient rédigé. Scandale qui a jeté le ridicule sur tous les Camerounais présents journalistes y compris, et rempli d’étonnement les investisseurs étrangers à l’honneur desquels la cérémonie était organisée.

Certains concitoyens, gênés aux entournures, en sont même allés à se demander si Yaouba Abdoulaye souffre de dyslexie ou il ne sait tout simplement pas lire. Toujours est-il que ce jour-là, le membre du gouvernement a «versé le manioc», comme disent les lycéens. Le prestige du Cameroun en a accusé un grand coup. Mais tout homme, si vain qu’il soit, possède en lui un génie. Yaouba Abdoulaye a le sien, même s’il est mauvais. Le ministre délégué n’a pas son pareil quand se présente l’opportunité d’empiéter sur l’argent public. Surfacturations, entente illicite avec les fournisseurs, pots-de vin sur les dossiers confiés à sa signature, Yaouba - tel une chèvre qui broute là où elle est attachée- se révèle d’un talent fou quand il s’agit de tirer le maximum sur les dossiers qui atterrissent sur sa table.

Magouille familiale

Yaouba Abdoulaye devenu, via mille et une rapines, très riche a imaginé un stratagème pour assurer une traçabilité à sa fortune. C’est dans ce dessein qu’il s’est lancé (sous cape) dans le commerce des algues marines, rapporte une source proche du dossier. Des informations convergentes font état de ce que ce trafic n’obéirait à aucune législation en vigueur. Cela explique pourquoi Yaouba Abdoulaye y engrangerait de bénéfices substantiels. Sur un investissement de 55 millions Fcfa, le ministre délégué récolterait jusqu’à 118 millions parfois. Et en un laps de temps très court.

La Météo a appris de source crédible que les algues marines sont exportées en Europe, et vendues à un fabricant de produits cosmétiques et pharmaceutiques. Mais en voulant coûte que coûte «recycler» dans le commerce des algues l’argent public détourné, Yaouba Abdoulaye (une preuve qui n’est pas très intelligent le bonhomme!) s’est mis en porte-à-faux avec la loi qui interdit aux membres du gouvernement et autres fonctionnaires d’exercer en même temps une activité commerciale, de gagner des marchés publics. Autre curiosité, le ministre délégué associe ses enfants dans ses trafics divers. Générosité mal placée ou volonté de faire peser sur sa famille, au même titre que sur lui, le risque de poursuites judiciaires ?

Selon nos sources, Aminatou Ismailou (que l’on présente comme sa fille) aurait été aperçu à Kribi en compagnie d’un certain Le Roy et du nommé Ndongo Y., pour acheter des algues marines pour le compte de l’entreprise de «papa». L’autre enfant du ministre délégué, Ousseini n’est pas en reste, puisque lui aussi est impliqué dans la magouille familiale. Des témoins généralement crédibles évoquent la somme de 5 millions que Yaouba Abdoulaye aurait avancé, à Pouma, à un fournisseur d’algues marines. Nos tentatives de recueillir la version du ministre délégué n’ont pour l’heure pas abouti.

© La Météo : Mamouda Labaran

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