Cameroun - Opération épervier: Le Tribunal Criminel Special poursuit Charles Metouck Pour 669 millions

L'ex Dg de la Sonara a été entendu à ce sujet, mercredi dernier, par le juge d'instruction.

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Selon nos informations, Charles Metouck a fait l’objet d’un transfèrement à la prison centrale de Yaoundé (plus connue sous le nom de Kondengui) le 08 mai dernier. L'opération fut menée dans une parfaite discrétion. L'explication de ce déménagement de l'ex Dg de la Société nationale de raffinage (Sonara) de la prison de Buea réside dans l'ouverture, par le Tribunal criminel spécial (Tcs) siégeant à Yaoundé mais ayant une compétence nationale, d'une information judiciaire à son encontre. Charles Metouck est poursuivi par cette juridiction spéciale pour des faits présumés de «coaction de détournement et de tentative de coaction de détournement de prés de 669 millions FCFA», à en croire une source introduite.

L'ex Dg de la Sonara, il faut rappeler que la mission essentielle de cette société publique est le raffinage du pétrole avant sa mise sur le marché, conteste d'emblée ces chefs d'accusation. Le juge d'instruction, M. Ekanga, l'a longuement entendu mercredi dernier, avant d'ordonner sa détention à Kondengui. De cette audition, rien n'a filtré. Cependant, bien d'observateurs trouvent «ridicule» la somme reprochée à Charles Metouck et compagnie, eu égard aux milliards «volatilisés» dans le cadre des controversés (par leurs coûts estimés abusivement à 300 milliards FCFA) travaux d'extension et de modernisation de l'usine de raffinage de Limbe.

Pour ce dossier, le prédécesseur d'Ibrahim Talba Malla fut convoqué un nombre incalculable de fois à la Police judiciaire et au Contrôle supérieur de l'Etat, le gendarme de la fortune publique. Quoi qu'il en soit, le Tcs est dans son rôle, Selon ses textes, de connaître de ce crime économique présumé dont le corps du délit est supérieur à 50 millions FCFA. Bon à savoir. Charles Metouck a été l'objet en avril dernier d'une condamnation à neuf ans de prison pour «destruction de documents appartenant à la Sonara, détention illégale des clés et du badge du bureau du Dg pour s'y introduire sans en avoir qualité.»

Les faits remontent au 15 février 2013, au lendemain du limogeage de l'ingénieur chimiste de la direction générale de la Sonara. Muni d'une autorisation que le Pca de la structure de raffinage niera publiquement avoir signée, Metouck aidé de ses comparses débarquèrent au bureau du nouveau Dg et, en son absence, passèrent à la broyeuse certains documents et actes, qui certainement accablaient leur gestion. Sur ce dossier, le droit semble avoir été dit. Une nouvelle affaire Metouck est ouverte, est-ce la dernière ?

© Thierry Djoussi | La Météo

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