Cameroun - Opération Epervier: Haman Adama malade à Kondengui

La détenue de luxe de la Prison Centrale de Yaoundé-Kondengui et ancienne Ministre de l'Education de Base a séjourné dans trois formations sanitaires de la capitale la semaine dernière.

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C'est sous forte escorte des gardiens de prison que madame Haman Adama , pensionnaire de la maison d'arrêt de Yaoundé-Kondengui , a effectué le parcours des trois hôpitaux de luxe, dans la journée du 29 avril dernier, pour rencontrer quelques spécialistes du domaine médical afin de sauver ce qui pouvait l'être de sa vie. Selon des sources très bien introduites, madame le Ministre souffrait de fatigue généralisée, douleurs gastriques, remontée de la tension artérielle et anémie sévère. Des maux qui, selon nos sources, l'auraient plongée dans un état pré comateux.

On en comprend donc toute la dextérité avec laquelle son cas a interpellé les autorités de l'administration pénitentiaire, dont l'infirmerie de la prison s'est révélée non indiquée à se tourner vers des formations hospitalières de référence. C'est ainsi qu'elle sera conduite à la clinique du docteur André Fouda, sise au quartier du même nom, avant des examens plus approfondis au Centre Pasteur de Yaoundé. Des résultats de ceux-ci, un repos médical a été prescrit par le médecin traitant, repos dont une grande partie a eu lieu dans l'une des salles d'hospitalisation de l'infirmerie de la Cathédrale Notre Dame des Victoires, où elle a été prise en charge par le Docteur Satre, spécialiste des maux gastriques.

Heureusement, plus de peur que de mal car Haman Adama quittera ce cadre douillet pour rejoindre le trou à rat où le sort et le destin l'ont confinée depuis un peu plus de trois ans déjà. Des sources proches du corps médical et de la prison, il s'agirait en fait des premiers symptômes de la déprime nerveuse. Une situation qui se rapprocherait bien plus de la névrose que de la simple fatigue généralisée, et des soucis d'hypertension artérielle qui ont conduit la militante infatigable du Comité Central du RDPC à l'hôpital. Des faits qui trouveraient leur fondement dans l'effet que l'embastillement créé dans l'inconscient de l'Homme. Des effets qui avaient, en son temps, failli emporter dans l'au-delà une autre femme, Catherine Abena, qui n'avait eu la vie sauve (et la liberté? (ndlr) que grâce à un séjour prolongé dans un hôpital de la place.

En attendant

Il faut dire que la native de Garoua avait été écrouée à la Prison Centrale de Yaoundé le 15 janvier 2010 pour le détournement de 212 578 338 FCFA, du temps où elle officiait au Ministère de l'Education de Base. Il faut le dire, l'ancienne maîtresse du MINEDUB avait fait l'objet d'un mandat d'amener, puis de dépôt, avant son inculpation définitive deux ans plus tard. Avec la création et la mise en fonction du Tribunal Criminel Spécial, la prévenue avait procédé au remboursement du corps du délit. Une action qui est venue garnir les caisses publiques et qui, au regard des dispositions de la loi du 14 décembre 2011, aurait pu valoir la liberté à l'ancienne MINEDUB.

D'ailleurs, le 18 février de cette année, le conseil de Mme Adama, née Halimatou Mahonde, avait saisi, par correspondance, le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, au motif de la sollicitation de la libération de sa cliente. Une requête appuyée par les reçus de paiement signés par les responsables du Trésor Public. Il se dit que le Ministre actuel chargé de la Justice n'avait pas vu d'inconvénients à ce que dame Adama soit libérée. Le dossier, qui a ensuite migré vers le TCS où, selon des informations, il se trouverait à l'heure actuelle, devrait aboutir dans les tous prochains jours. A Garoua, son village natal, le nom de l'actuel Ministre en charge des Relations avec les Assemblées est évoqué sous cape, action de l'ombre visant le maintien de dame Mahonde, la Commissaire aux Comptes du Comité Central du parti «des flammes», en prison. A moins, peut être que sa santé, devenue très précaire, soit l'acte déclencheur du processus heureux de sa sortie de prison. Afin d'évitera un autre cas Booto à Ngon.

© Martial Owona | L'Anecdote

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