Cameroun - Opération Epervier : En sursis… , ils ont du souci à se faire

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Quelques-uns des mis en cause par le Conseil de discipline budgétaire et financière.

Célestin Ndonga

L’ex-directeur général de Electricity Development Corporation responsable d’un préjudice de plus de 800 millions de Fcfa. C’est à l’issue de sa session du 12 mars 2013 que le Cdbf a rendu sa sentence publique. Pour la période allant de janvier 2008 à juillet 2009, 18 fautes de gestion, dont 8 assorties de préjudice financier évalué, sont retenues contre le Dg. Le Cdbf estime que celles-ci ont causé à Edc une perte de 829 889 960 Fcfa. L’ex-Dg écope d'une amende spéciale de 2 millions de Fcfa et de l'interdiction d'être responsable de l'administration ou de la gestion des services publics ou des entreprises d'Etat, à quelque titre que ce soit, pendant un délai de cinq ans. Installé à la tête de Edc le 21 février 2008, il est limogé le 24 juillet 2009, près de deux ans avant sa mise en cause.

Marc Samantana

Le Directeur général de la Société de modernisation de la riziculture de Yagoua doit rembourser 31 millions de Fcfa. Précisément, le montant s’élève à 31 569 039 Fcfa. Il est consécutif aux trois fautes de gestion qui sont retenues contre lui. Il écope en plus d’une amende spéciale correspondant à «l’engagement sans autorisation du conseil d’administration, des dépenses de la Semry en dépassement des prévisions budgétaires votées ; le non reversement de la Tva collectée par la Semry au cours des années budgétaires 2008 et 2009 ; l’acquisition pour le compte de la Semry de deux véhicules d’occasion, en lieu et place de véhicules neufs, etc.»

Jean Jacques Ndoudoumou

L’ex-Dg de l’Armp est reconnu débiteur envers l’Etat de plus de 62 millions de Fcfa. Le 11 juin 2012, dans le sillage de l’enquête sur la gestion de l’Armp entre 2007 et 2010 – et à l’issue de laquelle le conseil d’administration de l’entreprise a été indexé -, Jean Jacques Ndoudoumou en prend lui aussi pour son grade. Aux dépens de celui-ci, sept fautes de gestion ont été retenues. Au total, « le directeur général de l’Armp a été constitué débiteur envers l’Agence de la somme de 62 674 378 (soixante-deux millions six cent soixante-quatorze mille trois cent soixante-dix-huit) F CFA, représentant le montant des primes de recouvrement indûment et personnellement perçues par lui, et qu’il est condamné à rembourser». De plus, «une amende spéciale de 2 (deux) millions Fcfa a été infligée au directeur général de l’Armp, pour l’ensemble des fautes de gestion relevées à sa charge». Il a été limogé quelques mois après.

Jean Tabi Manga

L’ex-recteur de l’université de Yaoundé II responsable d’un préjudice de 61 millions de Fcfa. L’enquête menée par le Cdbf concerne la gestion de cette université publique au titre de la période de 2007 à 2009 et couvrant la Faculté des sciences juridiques et politiques et de la Faculté des sciences économiques et de gestion. A l’encontre du recteur Jean Tabi Manga, le Cdbf a retenu 9 fautes de gestion. Ainsi, « le recteur de l’université de Yaoundé II-Soa est constitué débiteur, envers l’université, de la somme de 61 661 187 (soixante un millions six cent soixante un mille cent quatre-vingt-sept Fcfa), représentant le préjudice financier subi par cette institution publique et l’Etat, et qu’il est condamné à rembourser». Par ailleurs, « une amende spéciale de 2 (deux) millions Fcfa a été infligée, pour l’ensemble des fautes de gestion relevées à sa charge». L’ex-recteur entraine dans sa déchéance l’ex-Doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques de cette université entre 2006 et 2009, Emmanuel Bokalli, qui est appelé à rembourser la somme de 162 671 100 (cent soixante-deux millions six cent soixante-onze mille cent F CFA), représentant le préjudice subi par l’Université de Yaoundé II-Soa. Il doit également payer une amende de deux millions Fcfa. Le 29 juin 2012, les deux responsables ont été limogés de leurs fonctions.

 

Hamadjoda Hadjoudi

Le sort du Président du conseil d’administration de l’Agence de régulation des marchés publics a été transmis aux autorités judiciaires, qui tardent à agir. Le 11 juin 2012, le Cdbf rend ses conclusions sur son enquête sur la gestion de l’Armp entre 2007 et 2010. A l’encontre du Conseil d’administration, celui-ci constate mise en application immédiate en violation de la loi des « primes de recouvrement des recettes de l’Armp, prime instituée en décembre 2008, au profit de certains responsables et personnels, et également servie à des personnes extérieures à ladite agence; prime spéciale d’appui et de recouvrement, en faveur des membres du Conseil d’administration, instituée également en décembre 2008, avantages spéciaux au profit des personnels du ministère des Finances, placés auprès de l’Armp, institués par une décision spécifique en 2006». «Les instances judiciaires compétentes seront saisies de ce constat de la violation de la loi, afin que les conséquences de droit en soit tirées, concernant le président et les membres du conseil d’administration de l’Armp », lit-on dans ce rapport. Indexé, l’ancien ministre de l’élevage, des pêches et des industries animales n’a pas été inquiété depuis. Il cumule même plusieurs postes dont ceux de président du conseil d’administration du Laboratoire national vétérinaire (Lanavet) et de l’université de Ngaoundéré. Il est aussi membre du conseil supérieur de la magistrature, membre de la Conac et Secrétaire général adjoint du parti au pouvoir.

© La Nouvelle Expression : Serge-Lionel Nnanga

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