Cameroun - Opération Epervier : Biya renforce les pouvoirs de Laurent Esso

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Face aux blocages observés au sujet de certains dossiers, le président de la République a choisi de conforter les options du ministre de la Justice.

Un décret du président de la République signé vendredi 3 mai crée un corps spécialisé d’officiers de police judiciaire (Opj) du Tribunal criminel spécial (Tcs). Ces Opj sont placés « sous la direction et le contrôle du procureur général près le Tribunal criminel spécial ». D’après l’article 3 du texte, ces officiers ont pour mission «de diligenter les enquêtes relatives aux infractions de détournement de biens publics et infractions connexes lorsque le préjudice est d’un montant minimum de cinquante millions Fcfa (50 000 000 Fcfa)» et «d’exécuter les mandats de justice et les commissions rogatoires relevant de la compétence du Tribunal criminel spécial ».

Malaise

Cette rupture considérable dessaisie de fait la gendarmerie et la police des enquêtes relatives à l’Opération Epervier. Ce qui laisse bien penser qu’un malaise planait sur l’opération pour qu’une telle décision puisse être prise. En effet, l’affaire Francis Dooh Collins avait cristallisé une certaine tension ces derniers jours entre d’une part le Tcs chapeauté par Laurent Esso, le ministre de la Justice et d’autre part Amadou Ali , vice-Premier ministre, ministre chargé des Relations avec les Assemblées et dans une certaine mesure Martin Mbarga Nguelé, le délégué général à la sûreté nationale, qui s’étaient opposés au mandat d’amener du procureur général du Tcs contre Francis Dooh Collins. Celui –ci, selon nos informations, devait répondre de la gestion des 800 millions de Fcfa mis à sa disposition pour investiguer sur les avoirs des dignitaires du régime prétendument dissimulés dans des comptes offshores.

« Amadou Ali est fini »

La non exécution du mandat d’amener contre Francis Dooh Collins avait fini par laisser croire que l’affaire était étouffée, d’aucuns pensant que Paul Biya laisserait pourrir la situation surtout qu’il n’envisageait d’aucune façon que les fondements de l’Opération Epervier soient remis en cause. Contre toute attente, il a tranché et en la défaveur du tout puissant maître à penser de l’Opération Epervier, Amadou Ali, qui a tant fait trembler la République ces dernières années. Il est dès lors aisé de comprendre le sens de cette petite phrase confiée au ministère de la Justice à un visiteur du soir en fin de semaine dernière, « Amadou Ali est fini ». A quelle sauce sera-t-il mangé ? La tournure que prendra l’affaire Francis Dooh Collins sera sans doute un puissant indicateur dans les jours à venir.

© camerounactu.net : Guy Zogo

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