Cameroun : Neuf geôliers écroués à la prison de Kondengui

kondengui130908275.jpg

Ils sont accusés de négligence après l’évasion de trois détenus.

Alors qu’ils avaient déjà passé une dizaine de jours à la direction de la Police judiciaire de Yaoundé, neuf gardiens de prison accusés de négligence ont été placés sous mandat de dépôt le mardi 7 mai 2013. Cette sanction fait suite à l’évasion de trois détenus survenue dans la nuit du 27 au 28 avril derniers. Selon un responsable du service des affaires financières de la prison centrale de Kondengui rencontré hier, ces mis en cause étaient commis à la garde cette nuit-là. Le responsable regrette le fait que leur négligence a favorisé l’évasion de deux condamnés à mort et d’un autre pensionnaire qui, lui, avait écopé de 10 ans d’emprisonnement.

Concernant cette évasion, Laurent Esso, le ministre de la Justice, a signé une décision portant suspension de deux gardiens-chef de prison le 30 avril dernier. Pour une période de trois mois. Pendant cette période, ils ne percevront pas de rémunération. Simon-Pierre Amougou et Lydie Mengue Ekomo sont accusés de violation de consignes et absence à leur garde, une situation qui a favorisé l’évasion des détenus susévoqués. Cette série de sanctions ne laisse pas insensibles les gardiens de prison. « Nous sommes plus exposés que les prisonniers. Assurer la garde dans cet établissement pénitencier devient difficile. Si l’Etat ne fait rien dans les prochains jours, les prisonniers risquent même de casser tous les murs et s’évader tous. Nous sommes très peu nombreux pour surveiller environ 4500 détenus.

Ce qui est choquant est que lorsqu’il y a évasion, on impute cette responsabilité aux pauvres gardiens que nous sommes. Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités », se plaint un gardien de prison. Selon des sources à la prison centrale de Kondengui, le 8 mai 2013, un autre gardien a écopé de trois mois de prison avec sursis pour avoir favorisé l’évasion d’un détenu qu’il accompagnait chez son avocat au quartier Briqueterie à Yaoundé.

Le gardien en question comparaissait à l’audience correctionnelle en flagrant délit du Tribunal de grande instance de Yaoundé centre administratif. Ces séries d’évasion, selon des responsables de la prison, ne sont que la conséquence de la surpopulation de cet établissement pénitencier. Si on s’en tient aux chiffres actuels, la prison centrale de Yaoundé construite pour 800 pensionnaires compte actuellement 4263 détenus dont 3337 attendent d’être jugés et seulement 886 sont condamnés.

© Le Jour : Prince Nguimbous

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau