Cameroun – Mouvement d’humeur : la grève des call-boxeurs se poursuit à Yaoundé

Le mouvement d’humeur lancé par le syndicat des call-boxeurs et livreurs se poursuit activement dans la ville de Yaoundé. Les revendeurs de crédit de communication manifestent leur colère devant les locaux des principaux opérateurs de téléphonie mobile depuis le lundi 07 mars 2016.

Des chants repris en cœur, des coups de sifflets et autres tambours de circonstance, l’ambiance était plutôt bruyante devant les locaux de MTN Cameroun à Yaoundé le mercredi 9 mars 2016. Les petits revendeurs de crédit de communication sont en colères ils exigent de meilleures conditions de travail. En bonne place dans leurs revendications, figure entre autres un meilleur partage des bénéfices. Selon eux lorsqu’ils vendent du crédit pour une valeur de 10.000 fcfa ils reçoivent 500 fcfa comme gain, pour réussir l’exploit de faire une recette journalière de 5000 fcfa ils doivent vendre au moins 100.000 Fcfa de crédit de communication par jour.

« Nous sommes des responsables de famille avec des charges comment pouvons-nous continuer dans ces conditions ?» s’interroge Jean Paul Bella Call-boxeur au carrefour Cradat « en plus ils nous imposent des fournisseurs dans nos quartiers ce qui suppose que je ne peux pas me ravitailler lorsque je suis en déplacement donc je ne peux pas changer de lieux pour mon activité ce n’est pas normal je dois pouvoir changer de quartier si je constate que les affaires ne marchent pas » souligne le jeune homme les yeux injectés de sang. Près de lui une dame, le visage en sueur, pose son sifflet et explique : « nous exigeons 50 pour cent des bénéfices parce que nous faisons tout le travail ils devraient même nous verser un salaire. Ils se remplissent les poches sur notre dos. Il faut que le gouvernement intervienne dans notre situation. Ils nous traitent comme des esclaves en plus de cela nous devons jouer à cache-cache avec les agents de la communauté urbaine qui nous harcèlent chaque jour. Nous en avons marre c’est trop » lâche-t-elle presqu’en larmes.

Les call-boxeurs entendent bien maintenir leur mot d’ordre de grève jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée. Du coté des opérateurs de téléphonie mobile, c’est motus et bouche cousue personne ne veut aborder la question. L’un des responsables approché par Camerpost souligne sous anonymat : « nous ne pouvons pas discuter et échanger dans le désordre et la cafouillage ils doivent s’organiser et désigner des responsables avec qui nous allons ouvrir le dialogue pour trouver ensemble des solutions réalistes et acceptables par tous. Mais avant ils doivent cesser les manifestations on ne peut pas dialoguer dans le bruit et le désordre ».

© CAMERPOST par Hakim ABDELKADER

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