Cameroun - Mise en place du Sénat: Rencontre de «cheveux gris» au siège du parlement

La séance solennelle d’ouverture de la session de plein droit de la première chambre haute du Cameroun a donné à voir le vœu ardent des personnes du troisième âge à rester en scelle.

assemblee-nationale-0011x-hp-475x300-1.jpg

 

Fon Victor Essimi Mukété, doyen du sénat mis en place hier, 14 mai 2013 reconnaît certainement que le fait le plus saillant des premières retrouvailles entre ses collègues et lui est leur âge avancé. Le président provisoire du sénat a même dû emprunter à un doux euphémisme pour évoquer cela. Il parle « d’hommes sages et d’expérience » à qui le peuple camerounais via le président de la République et les conseillers municipaux a confié le fonctionnement de la deuxième chambre du parlement camerounais.

Quelques temps avant ce discours, l’entrée dans l’hémicycle de Ngoa-Ekelle de cet homme de près de 95 ans (né le 15 novembre 1918 à Kumba) a retenu l’attention des journalistes et autres cameramen. Car, quoique donnant l’air d’être en possession de tous ses moyens intellectuels, le Fon suprême des Bafaw qui s’appuie sur une canne médicale pour se déplacer a été sujet de nombreux commentaires sur ses capacités physiques. N’empêche.

Le président « d’un jour » du sénat a promis que la chambre qu’il dirige provisoirement va tenir son rang. Ce qui n’est pas pour convaincre la cohorte de journalistes accrédités pour l’évènement. Puisqu’en face du perchoir d’où il prononce son discours le suivent attentivement d’autres quasi congénères comme Niat Marcel Njifenji 79 ans, sénateur de l’Ouest, Dakolé Daïssala, sénateur de l’Extrême-Nord arrivé dans l’hémicycle sur deux béquilles, René Ze Nguélé, sénateur de la région de l’Est. A leurs entrées respectives d’ailleurs, la foule massée à l’entrée du Palais des Verres de Ngoa-Ekelle n’a pas caché son émotion de voir d’anciens hauts commis de l’Etat dont les noms ont animé la chronique populaire depuis au moins trois décennies. Etamè Massoma qui a pris plusieurs rides et les cheveux blancs dominent largement la couleur poivre.

Bell Luc-René, ex délégué général de la Sureté nationale qui un brin nostalgique est allé serrer la main de Alain Edgard Mebe Ngo’o, actuel ministre de la Défense et un des ex -successeurs à la tête de la police dans la loge des membres du gouvernement. Tous près de lui, un autre crâne grisonnant parmi les dizaines que les journalistes positionnées en surplomb des sénateurs peuvent voir, c’est celui d’Elie Essomba Tsoungui, sénateur du Centre, autrefois député du Mfoundi. Malgré son âge avancé il aura éprouvé du mal, tout comme Etamè Massoma à demander à Mbombo Njoya, sénateur de l’Ouest de se faire avancer son siège pour lui permettre de regagner le sien. Tant le sultan des Bamoun qui a fait une entrée majestueuse dans l’hémicycle bloque l’allée par son imposant gabarit.

On n’aura pas pu apercevoir la couleur de la chevelure du monarque traditionnel. Mais on aura remarqué par son allure et sa foulée qu’il compte lui aussi plus de 70 printemps. C’est le cas d’ailleurs pour la majorité des chefs du grand Nord parmi lesquels on peut remarquer quelques visages ridés. Même la présence des « jeunes » membre du bureau d’âge que sont Marlyse Aboui et Ahmadou Tidjani tous nés vers 1973 autant que d'autres Grégoire Mbah Mbah, sénateur de l’Océan n’a pas empêché de nombreux diplomates, invités et journalistes de penser et de commenter sous cape que vue la moyenne d’âge de la chambre haute, on ne risque pas assister durant les cinq ans à venir, à des débats vifs au Sénat. Tenez ! Le doyen d’âge aura 100 ans au bout de ce mandat. Une exception camerounaise ! © Rodrigue N. TONGUE | Le Messager

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau