CAMEROUN - MISE À L'ÉCART DE VICTOR TONYÈ BAKOT: AVERTISSEMENT AUX ÉVÊQUES CAMEROUNAIS

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La chose est désormais admise de tous. L'ancien archevêque de Yaoundé a bien été poussé à la démission par le Saint siège suite à une gestion catastrophique de l'évêché qui a causé un tort incalculable à l’Église catholique camerounaise. Si nous n'étions pas dans le domaine religieux où on utilise toute sorte de contorsion pour dire les choses pourtant simples, on parlerait tout simplement d'une «révocation pour fautes lourdes»

Des fautes tellement lourdes qu'elles rendent impossible le maintien du contrat de confiance liant le Saint siège son Évêque «métropolitain».

 Des hommes de Dieu dans l'œuvre de Satan

Tout ou presque a été dit sur ce départ sans surprise de Monseigneur Victor Tonyè Bakot. A l'exception des médias publics toujours prompt à défendre l'indéfendable, personne n'a osé véritablement trouver des circonstances atténuantes à l'action de cet homme désormais seul en proie avec sa conscience.

Mais si son dossier est lourd, il n'est pas le seul dans ce cas tant les dignitaires de l’Église catholique se sont livrés à toute sorte d’actes indignes du Christ qu'ils sont censés représenter et qui dans un autre siècle auraient valu à certains l'infamie d'une excommunication pure et simple.

Tous les théoriciens des religions sont formels: l’Église catholique nait et se déploie dans le monde avec un objectif clair: rendre notre monde de barbares plus juste. Défendre le plus faible contre le plus fort. Montrer à tous que les richesses sur terre ne sont rien par rapport à l'abondance de l'au-delà. Que chacun doit respecter son prochain, partager ce qu'il a avec les moins lotis.

Au Cameroun, à quelques exceptions près, la plus haute hiérarchie de l’Église catholique s'est mise au service d'un des régimes les plus autocratiques de monde. Monseigneur Befe Ateba, Monseigneur Atanga et Monseigneur Dieudonné Watio sont les figures extrêmes de cette dérive.

Nous ne cesserons de nous demander ce que fait ce dernier au sein d'Elecam, une véritable succursale du parti au pouvoir le Rdpc qui cause tant de malheurs depuis le 06 Novembre 1982? Invité participer à cette mascarade, l'emblématique Cardinal Tumi avait refusé sèchement l'offre du pouvoir. Nous restons sur notre position de départ en affirmant que Monseigneur Dieudonné Watio n'est pas insensible aux perdiems que génèrent sa fonction. Sinon comment comprendre qu'un homme de Dieu puisse servir des intérêts aussi éloignés de Dieu? 

Befe Ateba ou le «père fouettard»

Monseigneur Befe Ateba est un personnage assez complexe. Il faudrait presque procéder à une lecture psychanalytique de ses agissements pour comprendre ce qui guide son comportement. A l'instar de son collègue Monseigneur Dieudonné Watio, il a choisi de servir de manière ostentatoire le régime anti démocratique de Paul Biya. Contrairement à son homo¬logue d'Elecam, il est peut être guidé par des considérations tribales avant d'être attiré par la rémunération et le prestige liés à la fonction.

Comme on est loin une fois de plus loin des enseignements du Christ, lui qui pro¬fessait de tendre l'autre joue lorsqu'on avait reçu une gifle. Au Conseil national de la communication (Cnc) où il sévit, on a l'impression que ses lectures des textes saints se sont arrêtées à l'ancien testament. Sa devise semble être «puisque certains médias ne veulent pas faire ce que Paul Biya veut, ils seront sanctionnés»; une phrase assez proche de cet ancien testament qui prescrit la loi du talion «œil pour œil, dent pour dent».

  Chaque sortie de ce Monsieur en tant que Président du Cnc est une insulte à la religion catholique. Lorsque le Pape François arrive en Amérique latine, il parle d'amour, de la nécessité pour les jeunes de prendre leur avenir en mains de défendre leurs droits tandis que l’Evêque Befe Ateba menace tous les jours les médias de sanctions. Pour paraphraser le célèbre Cardinal Tumi, nous sommes tentés de lui rappeler que la «sanction ne peut pas être intégrée dans un langage religieux».U

Une église absente des drames que vivent les camerounais.

 Monseigneur Joseph Atanga, qui contrairement à la majorité des Évêques camerounais sort souvent de sa tanière pour intervenir dans les médias publics à la solde du régime est comme les Watio, Befe Ateba absents lorsque de pauvres camerounais sont victimes de l'oppression du plus fort et ont besoin de l'aide des représentants du bon Dieu qu'ils sont supposés être. Dieu avait dit: «allez et multipliez-vous». Aucun acte humain n'est aussi important que celui de donner la vie. Lorsqu'une adolescente (Vanessa Tchatchou) met au monde un enfant qui disparait et réapparait entre les mains, semble-t-il, de la femme d'un proche du régime, Atanga, Ateba et Watio deviennent sourds, aveugles et muets.  

Mais lorsque les élections approchent et que le Rdpc risque, au détour d'une énième entourloupe électorale provoquer des troubles pouvant lui être fatal, Monseigneur Atanga apparait dans les médias d’État rendant une pâle copie au sujet de la «paix», oubliant les violences quotidiennes dont sont victimes les pauvres camerounais de la part du régime dit du «Renouveau».   

Ce comportement de la hiérarchie de l’Église catholique influence toute l'institution. Notre excellent confrère «Le Messager» il y a quelques années avait produit une édition spéciale dans laquelle était étalée la situation «matrimoniale et familiale» de nombreux évêques et prêtres de l’Église catholique camerounaise. Cette enquête, qui n'a jamais été contestée par personne, montre un clergé catholique plus préoccupé par son ventre et son bas-ventre plutôt que par les affaires de l’Église.

Autrefois qui aurait osé parler d'un Évêque catholique comme nous le faisons? Les Monseigneur Ndongmo, Jean Zoa... étaient d'un autre calibre. Lorsque l'on se retrouvait en leur présence, on avait vraiment l'impression qu'ils étaient habités par «l'esprit saint». Aujourd'hui, leurs remplaçants ont, pour les plus en vue, perdu tout brevet de respectabilité. 

Avec le boom des «nouvelles églises» le Pape François serait inspiré d'aller plus loin s'il ne veut pas que dans les décennies qui suivent, la présence des catholiques dans notre pays ne soit plus conjugué qu'a «l'imparfait».

 @cameroon infos

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Date de dernière mise à jour : 04/08/2013