Cameroun - Medias: Le journaliste Guibaï Gatama aurait voulu que Paul Biya se rende dans la région de l’Extrême-Nord

Le Directeur de Publication du bi-hebdomadaire L’œil du Sahel pense que les Camerounais ne sont pas toujours solidaires de leurs compatriotes martyrisés par Boko Haram. Quant au Président de la République, il en attend un geste de réconfort.

Lorsqu’il faut parler de la situation dans la région de l’Extrême-Nord, au Cameroun, le Directeur de Publication du bi-hebdomadaire L’œil du Sahel est amer. Sur les antennes de Radio France Internationale (Rfi) dimanche, Guibaï Gatama a dénoncé l’indifférence des autres camerounais. «Nous sommes en train de banaliser un peu la mort. Quand je vois  comment  mes compatriotes réagissent aujourd’hui à ce qui se passe, je me dis qu’il faut que nous fassions un effort de solidarité, d’unité, d’union. Mais cela ne se ressent pas !  C’est nécessaire». 

Le meilleur journaliste local spécialisé dans la couverture du conflit à l’Extrême-Nord du Cameroun indexe aussi les dirigeants du pays. Il les invite, le président de la République Paul Biya en tête, à se rapprocher et réconforter les populations meurtries par la violence des terroristes de Boko Haram. «Il y a des gestes que les gens doivent faire. Ça peut venir du politique. Le Président de la République n’est même pas allé à l’Extrême-Nord ne fut-ce que pour dire aux populations: «je suis là». Ce n’est pas une obligation mais le politique à ce niveau doit vendre la symbolique. Comparaison n’est pas raison mais il y a eu les attentats du 11 septembre Bush était là. Les populations ne ressentent pas cette communion», déplore-t-il.

Guibaï Gatama classe aussi dans le registre de l’indifférence le fait qu’aucun document identifiant et recensant les victimes de l’atroce guerre que les terroristes imposent au Cameroun n’existe. «Il n’y a aucun registre. Si on dit: «donnez les noms des Camerounais qui sont tombés aujourd’hui du fait du hasard du terrorisme, on aura du mal. Il  y a des petits gestes que nous devons faire. C’est regrettable», se plaint notre confrère, atterré.

© Robert Ndonkou | Cameroon-Info.Net

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