Cameroun : Marafa demande la suppression du poste de Premier ministre

L'ex-ministre de l'Administration territoriale propose d'autres solutions pour améliorer l'efficacité des institutions.

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Après sept mois, marafa Hamidou Yaya, condamné en septembre 2012 à 25 ans de prison, rompt le silence. il vient de rendre publique une lettre parlant des moyens de rendre les institutions légitimes et efficaces. L’une des solutions pour y arriver est selon lui, la suppression du poste de Premier ministre afin que les ministres soient placés directement sous l’autorité du président de la République.

Cette nouvelle configuration «contraindrait» ainsi le président de la République à «gouverner » en conduisant lui-même la politique de la nation, et non plus seulement à «régner». On sortirait aussi de l’immobilisme désigné comme «la marque du Cameroun». autre conséquence, la suppression du poste de Premier ministre «entraînerait également l’absence de responsabilité du gouvernement devant le parlement et, par corrélation, l’impossibilité pour le président de la République de dissoudre le parlement. La séparation des pouvoirs serait un facteur d’efficacité supplémentaire».

Parlant justement du parlement, l’exministre de l’administration territoriale (minat), qui connaît bien le système électoral du Cameroun et qui a contribué à l’instaurer revient sur le découpage des circonscriptions électorales. D’après des chiffres que marafa dit officiels, la répartition des sièges de députés est inégale. ainsi, «un député de la région du Littoral représente 2 ,4 fois plus de citoyens qu’un député de la région du Sud». Plus concrètement, un député représente 101 562 habitants dans l’adamaoua, 129 488 habitants dans le Centre, 72 906 habitants à l’est tandis que la région de l’extrême-nord aurait un député pour 120 014 habitants.

La région du Littoral aurait un député pour 150 831 habitants ; au nord, marafa parle d’un député pour 170 852 habitants, au nord-Ouest un député représente 90 235 habitants. a l’Ouest, on aurait un député pour 71 411 habitants, au sud un député pour 92 287 habitants et au sud-Ouest il y a un député pour 62 913 habitants. Pour rétablir les équilibres, marafa propose entre autres solutions de «poser la règle qu’un député ne peut représenter un nombre de concitoyens inférieur ou supérieur à 25% de la moyenne nationale. En cas d’écart constaté à l’occasion d’un recensement, la répartition des députés sera pour ramener l’écart dans l’intervalle de tolérance admis». De ce fait, les députés représenteront «un nombre de citoyens à peu près égal, conformément aux normes universelles applicables dont la justification se passe d’explications».

Dans sa 6e lettre au président Biya, marafa Hamidou Yaya, qui semble désormais renoncer au grand déballage pour se muer en conseiller de Paul Biya, revient aussi sur la mise en place du sénat, notamment le mode de désignation des sénateurs. même s’il critique la nomination présidentielle de 30% des sénateurs, il se félicite du fait que la mise en place du sénat permette aux régions de prendre plus de poids dans l’activité parlementaire, «et surtout la mise en place d’un mécanisme institutionnel de transition en cas de vacances du pouvoir».

© Mutations : Anne Mireille Nzouankeu

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