Cameroun, Les villes camerounaises sans électricité et sans eau: Le calvaire des populations

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Depuis quelques mois, les populations de plusieurs villes camerounaises vivent un calvaire à cause des coupures incessantes d’électricité et d'eau.

Dans certains ménages, les robinets sont complètement supprimés à cause de l'eau qui n'arrive plus pendant que les factures s'enchaînent à la fin du mois. La série de délestages intempestifs que vivent les populations du Cameroun est la conséquence du manque de prévision de la part de nos autorités en matière de gestion d'énergie Les centrales électriques d'Edéa, de Lagdo, de Bamendjin, etc. n’ont pas suffi pour résoudre les délestages. Aussi, l’énergie hydroélectrique produite par le barrage d'Edéa a diminuée du fait de la baisse du niveau de l’eau du barrage. Tout ceci fait que l’énergie produite est inférieure par rapport à la demande croissante des populations.

Partout à travers Douala par exemple, il n’y a pas un seul quartier qui échappe aux délestages et les populations vivent cette situation avec amertume et désolation. L’électricité est devenue un produit rare que seules les familles les plus aisées peuvent espérer avoir pendant toute une journée quand elles se sont procurées un groupe électrogène. L’obscurité est désormais le décor de beaucoup de quartiers de la tombée de la nuit jusqu’au lendemain.

Par exemple, entre deux quartiers frontaliers, si l’un arrive à avoir de l’électricité pendant une journée, ou au pire pendant une demi-journée, il sera dans le noir total le soir pendant que l’autre qui en était privé en aura jusqu’au lendemain et vice versa. Dans beaucoup de quartiers, par exemple, quand il y a délestage pendant la nuit, il n’y a que la lumière des voitures passantes pour éclairer la rue.

Et dans certaines zones isolées, le manque de lumière favorise souvent la multiplication des agressions. A Garoua, certains disent qu’ils préfèrent ne pas avoir d’électricité pendant la journée pour espérer en avoir le soir où il commence à faire très chaud dans les foyers, ceci pour être sûrs que leurs ventilateurs fonctionneront pour qu’ils puissent dormir dans une relative fraicheur. Interrogé sur cette situation, un habitant du quartier Djamboutou : « On en a marre de tous ces délestages. On paie à la fin de chaque mois nos factures avant même la date d’expiration et voilà l'Aes Sonel qui gâte chaque jour notre matériel à cause des coupures incessantes de courant. Maintenant on n’en peut plus. » Plus loin, il ajoute ceci. Nos robinet pètent de l'air et fait tourner les compteurs d'eau.

L'eau quand elle existe, porte une couleur rougeâtre dont impropre. Il n' y a plus que les puits des voisins pour nous ravitailler.... Les camerounais sont habitués à ce genre de situation. Mais cette fois ci, la donne à changé dans la mesure où c’est un fait généralisé dans tout le pays; loin donc la période où il n’y avait que les quartiers populaires et populeux qui vivaient ce calvaire pendant que le centre ville était éclairé jour et nuit et possédait des robinets amplement alimentés.

Désormais, de Douala à Bamenda en passant par Mvomeka'a ou Garoua, Ngaoundéré, Bertoua, Buéa, Mamfé etc.... les coupures d’électricité et d'eau font parties du lot quotidien des populations qui n’ont pas encore fini de manifester leur mécontentement et leur déception envers la politique énergétique que mène le gouvernement camerounais depuis plusieurs années. Les quelques rares maisons ou petites entreprises qui possèdent des groupes électrogènes n’arrivent plus à s’alimenter suffisamment en énergie car les prix de l’essence et du gazole qui les font fonctionner ont augmentés à cause de la flambée spectaculaire du prix du pétrole.

AES SONEL a déclaré récemment avoir investi ces dernières années, près de 400 milliards de francs CFA pour la réhabilitation et la construction des nouvelles infrastructures, en l’occurrence, la construction des centrales thermiques, ce qui aurait fait passer la capacité de production du pays à 1000 MW. A cause des délestages, beaucoup de gens ont perdu, soit un poste téléviseur, soit un réfrigérateur ou encore un ordinateur en raison des différences de tension.

Autant d’appareils qu’un camerounais moyen ne peut pas facilement avoir, tellement il supporte de charges importantes et est accablé par la hausse du prix des denrées de première nécessité comme le riz, l’huile, etc. Selon le Réseau Associatif des Consommateurs d’Energie (RACE), "seuls 2 Camerounais sur 10 ont accès à une électricité de plus en plus chère, alors que le pays possède le 2ème potentiel hydroélectrique d’Afrique après la R.D-Congo".En somme, l’Etat camerounais n’arrive toujours pas à trouver une solution définitive au délestages et aux coupures intempestives d'eau. Peut être en 2035, ces problèmes serons résolus. On ne perd rien à y attendre. Surtout qu'on a toujours attendu sans rien avoir depuis plus de 30 ans.

© Camer.be : Yolande Tankeu

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