CAMEROUN :LES ARGUMENTS QUI VONT CONFONDRE LE PRÉSIDENT DE L’UDM DÈS LE 19 JANVIER.

 

Voici partiellement l’axe de défense du Directeur de publication du journal « Ouest Littoral » dans le procès qui s’ouvre le 19 janvier à Bangangté. Ceci en guise de réaction au droit de réponse publié par Lazare Kaptué
 

Monsieur le Professeur Lazare Kaptué, Président de l’UdM, précédemment Président de l’AED/UdM,
 
Je me réjouis du fait qu’après le mépris de votre clan à mon égard au début de cette affaire, vous êtes condescendu à me répondre. C’est un pas vers la manifestation de la vérité car les Camerounais auront les moyens de se faire une opinion, surtout à la suite du procès que vous avez voulu m’intenter à Bangangté où vous êtes considéré, à tort, comme un Sénateur.
 
Je vous précise néanmoins que votre droit de réponse n’en est plus un, puisque vous avez inondé les médias avec ce texte depuis des jours. De curieuses personnes se sont par ailleurs ralliées sur la toile et divers réseaux pour « saluer » la sortie du « grand prof », qui serait plus « saint » que le Christ. Afin de mieux éclairer nos lecteurs et soucieux de transparence, je publie quand même votre sortie, l’ayant attendu si longtemps.
 
Je m’étonne par ailleurs que vous preniez le risque de saisir la justice contre moi dans une affaire, et vous le savez bien, qui va au final vous dévoyer, définitivement, tant les éléments accablants sur votre gestion de l’AED-UdM sont nombreux. La justice camerounaise est un peu différente des médias que vous avez découvert au cours de cette affaire au point d’y publier des annonces payantes afin de faire taire la vérité. Difficile pour un juge d’insulter l’avenir dans un tel dossier, et surtout d’hypothéquer sa carrière.
 
Tandis que l’AED/UdM, soutenue par des dignitaires bardés de diplômes, gère à sa guise la fortune de l’organisation, je ne suis qu’un « plumitif » désargenté, mais qu’on ne saurait instrumentaliser. A comprendre vos méthodes faites de chantage (voir acte de votre collègue Shanda Tonme que vous ne contestez pas) et des publications opportunes dans les médias, on se demande ce qu’à l’UdM vous enseignez à la jeunesse que les parents vous confient.
 
Le «Docteur» Shanda Tonme m’a menacé implicitement de mort dans un écrit public largement relayé dans divers réseaux sociaux. Devant un juge pénal, il aurait du mal à s’en expliquer. Mais jamais je ne lui ferais ce plaisir, un débat intellectuel et politique devant le rester : c’est une question de rectitude morale, une notion qui vous semble inconnue. Vous-mêmes avez déclaré par écrit que le professeur Ambroise Kom était mon « client », sous-entendu que j’étais payé par lui : pouvez-vous en apporter la preuve ? Je me réserve d’ailleurs le droit de donner suite à cette affirmation.
 
Je tiens à le préciser : je ne suis  pas  le défenseur d’Ambroise Kom qui n’a d’ailleurs pas besoin de protecteur. S’il en avait besoin, il n’aurait pas pris d’énormes risques intellectuels et politiques que vous connaissez. Vous et les opportunistes qui vous entourent, semblez l’ignorer aujourd’hui, mais il s’est défendu seul à l’unique université de l’époque à Yaoundé alors que vous jouissiez pendant des décennies de tous les privilèges du pouvoir. Je sais que dans votre entourage, on pense que le jugement de l’opinion, comme les jugements tout court se négocient ; sachez néanmoins que j’ai rencontré Ambroise Kom une seule fois en plus de 15 années, ce qui n’est pas le cas de nombreux membres de votre garde rapprochée, Jean Baptiste Sipa, Sindjoun Pokam, Shanda Tonme… Je tenais d’ailleurs avec ce dernier une correspondance régulière avant qu’il ne sombre dans l’invective et l’intimidation inutile.
 
Si l’organisation que vous représentez avait répondu aux questions posées dès le déclenchement de cette affaire, nul doute que mes écrits les auraient intégrés. N’ayant que quelques éléments du Professeur Kom resté réservé et respectueux de ses pairs et de cette institution contrairement à ce que vous pensez, j’y ai ajouté le fruit de mon enquête et fait ce que les éléments en ma possession me permettaient de faire.
 
Je constate que vous ne dites rien sur les méthodes de votre nouveau maître à penser Shanda Tonme, consistant à opérer du chantage pour faire taire ceux qui ne pensent pas comme vous. Après avoir abandonné l’institution et le projet AED lors des moments les plus difficiles, j’espère que son entrée récente (et fracassante) dans le « parlement » de l’AED-UdM n’entrainera la formation de nos enfants aux pratiques qui lui sont chères. Ceux qui sont allés l’exhumer (avec de nombreux autres) pour gonfler les effectifs et assurer une « légitimité » fantomatique à un bureau prébendier, s’expliqueront un jour ; j’en suis convaincu. J’espère qu’il ne va pas finir par vous lâcher comme il l’a fait honteusement pour Yves Michel Fotso au sujet duquel il est devenu muet après ses habituelles agitations médiatiques sans lendemain. Ne soyez pas pressés : les aboiements et les tragiques gesticulations du personnage ne m’arrêteront et ne vous serviront point.
 
Avant de commenter votre « Mise au point», je rappelle ici l’ensemble des questions que j’ai envoyé à l’AED/UdM dans le cadre de mon enquête, et auxquelles vous ne donnez toujours pas de réponse :
 
« Monsieur le Président Njomgang   
                                            
J’ai essayé en vain depuis mercredi de vous joindre pour compléter mon enquête sur ce qui se passe à l’Université des Montagnes. Je tiens à vous exprimer mon courroux face aux réactions de certains de vos supporters qui m’ont adressé des menaces diverses. Cela a entraîné ma détermination à voir clair dans cette affaire. Dans l’optique de notre édition qui paraîtra le mardi prochain, j’aimerais avoir les réponses aux questions suivantes, étant bien entendu que si vous avez la fâcheuse idée de ne pas répondre, nos lecteurs en seront informés :
 

  1. Monsieur D. W, pharmacien à Oyomabang a-t-il fait transporter du matériel de sa pharmacie par le biais de l’Université des Montagnes ?
  2. Pour la construction de sa maison d’habitation, monsieur E. S. a-t-il fait transporter du matériel de la même manière ?
  3. E. T a-t – il procédé de la même façon ?
  4. Est-il vrai que si on fait un tour dans le domicile de monsieur C. à Ndi Samba, il est possible de retrouver un matériel en provenance de  Dubaï transporté via l’UdM ?
  5. Les carreaux ainsi transportés sont-ils les mêmes que ceux qui équipent la clinique universitaire des montagnes à Bangangté ?
  6. A-t-on proposé au professeur Kom de régulariser les sommes concernant un éventuel transport et dédouanement de ses affaires personnelles ?
  7. Le professeur Kaptué semble être celui qui a été le premier à utiliser ce procédé pour transporter des effets personnels.
  8. Son fils  travaille-t-il à l’UdM ? Qu’auriez-vous pensé si Paul Biya avait fait de son fils notre Premier ministre ? N’y voyez-vous aucun conflit d’intérêt ?
  9. Lors de l’Assemblée générale de vendredi dernier, est-il vrai que le professeur Ntonfo, suspendu pour malversations, a été remplacé par son fils ?
  10. Est-il vrai que Jean Pierre Tchaungueu, suspendu dans les mêmes conditions a été remplacé par son frère ?

11- Une commission des infrastructures non prévue par les statuts a été créée. Les membres des structures de gestion y figurent et comme monsieur Moyo, gagnent des marchés, quel que soit le prix payé. N’est-ce pas scandaleux ?

12- Est-il vrai que des terrains de l’université sont occupés par des tiers pour des motifs inconnus par tous les membres de l’association ».

Les lecteurs se feront une opinion.
 
Pour en revenir à votre mise au point : je vous réponds moi aussi « point par point » :

1-    Sur votre intégrité
Je n’ai pas grand-chose à dire sur votre entrée en matière où vous vous glorifiez de manière étonnante et, comme un «vieux nègre», vous rendez hommage à des « blancs », oubliant de citer votre mentor actuel, « son excellence Paul Biya ».
 
Que vous ayez abandonné une carrière prometteuse afin de vous consacrer au développement de ce pays est une lapalissade qu’on entend partout chez nous. Utiliser la notoriété qui est la vôtre pour soutenir un régime aussi corrompu que le Rdpc, me fait douter sérieusement de cette intégrité.

Lors de l’émission « Droit de réponse » du 13 décembre 2015 sur la chaîne de télévision« EquinoxeTv », le vice-président de l’UdM, M. Yimgaing Moyo avait, avec une sincérité émouvante, déclaré que vous aviez été sanctionné pour les mêmes fautes reprochées au Pr Kom. Ce n’est ni le Professeur Kom, ni Benjamin Zebaze, mais bien votre « ami » et partenaire, M. Yimgaing Moyo qui l’a dit, devant des millions de téléspectateurs incrédules. Peut-être l’avez-vous également traduit en justice ? L’un est sanctionné et éjecté (Kom), l’autre est sanctionné et maintenu avec tous les honneurs (vous). Justice à tête chercheuse.

J’ai sous les yeux un document signé en 2015 par vous, M. Henri Njomgang en tant que président de l’AED, et d’un certain Edmond Nkam Tadiesse de la SCI LES CAMPEMENTS NIPEBA. Je ne veux pas croire à la rumeur persistante qui présente M. Nkam Tadiesse comme un prête-nom ; mais ce document de 9 pages qui est fait en quatre exemplaires originaux est un véritable scandale.
 
On voit dans cette « Convention Cadre de partenariat », comment vous avez décidé, par un coup de crayon, de rendre ce Tadiesse et sa SCI riches à vie. La méthode utilisée, qui vise à privatiser des terres de Banekane, que les Bangangté ont offert à l’UdM, est tellement grossière  que je pense que vous aurez à faire très prochainement à vos donateurs, lorsque les détails de ce document seront rendus publics. Rien que pour cela, vous devriez vous taire, vous faire tout petit. Je vous garantis que cette affaire des terrains de l’UdM va vous pourrir la vie, car les Bangangté ayant fait ce don ne laisseront pas passer une telle escroquerie.

Une communauté appauvrie offre, de bonne foi, des terrains au projet UdM : vous cherchez, dans votre village et ses environs, un monsieur qui va s’enrichir sur ces terres après si peu d’efforts. Vous devriez en avoir honte et quitter l’AED-UdM au plus vite.

J’y reviendrais en détails dans une prochaine édition du journal « Ouest Littoral ».

2-    Sur votre passage au ministère de la santé et la gestion du dossier Sida
Personne n’a dit que vous aviez puisé dans les caisses en ce qui concerne l’argent du Sida. Je conteste une fois de plus votre laxisme et une façon de faire qui vous empêche à chaque fois de prendre une décision adaptée. Pourquoi chantez-vous tant vos propres louanges ? Laissez les Camerounais juger votre action.

Vous étiez Directeur de la Santé au ministère de la santé ? La plus grande direction de ce ministère comme vous le dites vous-mêmes ? Quel est votre bilan en matière de «d’atténuation des douleurs» des Camerounais et non en « cirage des pompes » du chef de l’Etat, à travers diverses motions de soutien ? Qu’avez-vous fait pour que les Camerounais se portent mieux ? Qu’avez-vous fait pour améliorer le plateau technique dans les hôpitaux et dispensaires, et faciliter l’accès du Camerounais lambda aux soins les plus primaires ?
 
Vous n’en parlez pas. Ce qui vous intéresse sont les projets immobiliers, comme à l’UdM. Vous n’hésitez pas à utiliser cette formule triviale indigne d’un universitaire en parlant de vous : « Le monsieur qui ne veut pas manger et qui empêche les autres de manger ». Vous avez bien changé depuis ce temps, puisqu’à l’AED-UdM, vous n’empêchez pas grand monde de manger. La preuve : un rapport d’audit interne de l’AED dont vous connaissez tous l’existence, chiffre à une somme folle le montant des détournements à l’UdM en cinq ans ! J’y reviendrai le moment venu.
 
Vous avez été le tout premier médecin à lancer la lutte contre le Sida au Cameroun ? Grâce à votre action le taux de prévalence de cette affection «est relativement bas dans notre pays », comme vous dites ? Sur quels chiffres vous appuyez-vous ?
 
La vérité est que vous devez être modeste, très modeste. Vous vous souvenez du scandale du Tenofovir, ce « fameux » médicament expérimental contre le sida? Entre 2004 et 2005, avec l’aval du Comité d’éthique du ministère de la santé que vous présidiez (selon divers médias que vous n’avez pas traduit en justice), des centaines de prostituées camerounaises ont été choisies on ne sait trop comment, pour expérimenter ce traitement. Les autorités ont été accusées de n’avoir pas suffisamment informé les volontaires dont certaines bénéficiaient de vrais traitements, tandis que d’autres de l’utilisation d’un placébo.
 
Toutes ces pauvres femmes se croyaient désormais protégées contre le Sida. Cela a ému de nombreux Camerounais et attiré l’attention de la communauté internationale. La chaîne de télévision française France 2, dans sa célèbre émission « Complément d’enquête » du regretté Benoit Duquesne, a réalisé un reportage saisissant sur le sujet.
 
En ce qui concerne l’autorisation d’une telle pratique, le journaliste ayant conduit cette enquête (Eric Colomer) déclare, à la suite d’un droit de réponse que lui a servi le gouvernement camerounais : « L'autre institution concernée par cette autorisation est le Comité national d'éthique présidé par le Professeur Lazard Kaptué que l'on nous accuse d'avoir censuré. Nous avons effectivement interviewé le président de ce  comité (…) Le président du CNE nous a fait part de sa surprise en apprenant que les volontaires de l'essai Ténofovir n'étaient pas pris en charge par les promoteurs de l'essai en cas de séroconversion pendant l'étude. Nous lui avons indiqué que ce point était mentionné clairement dans le formulaire d'engagement des volontaires. Il nous a promis de vérifier et de nous rappeler. Ce qu'il n'a jamais fait. ». Exactement le même comportement qu’avec « Ouest Littoral ».
 
Eric Colomer, à qui le gouvernement camerounais reprochait d’avoir censuré votre interview lors de la diffusion de son enquête écrira ceci : « La non-diffusion de l'interview du professeur Kaptué n'est donc pas un acte de censure. Bien au contraire : sa diffusion aurait mis en cause la réelle volonté politique des autorités camerounaises de contrôler les essais cliniques et la réputation du président du Comité national d'éthique dont la vigilance ne semble pas avoir été exemplaire concernant l'essai Ténofovir. »
 
Vous n’avez jamais contesté cette sortie de la chaîne de télévision France 2 qui dit d’ailleurs tenir à sa disposition l’intégralité de cette interview. Combien de prostituées mal informées ont perdu la vie suite à cet horrible épisode ? Comme à l’UdM où les projets immobiliers vous intéressent particulièrement, à la direction de la santé où vous insistez sur les grands projets immobiliers qui étaient sous votre responsabilité, devant le journaliste français, vous ne parlez que de l’absence des « moyens financiers ». Très peu d’hommes et de femmes qui souffrent.

A l’heure qu’il est, vous êtes le président du comité d’éthique à l’UdM? Qu’est-ce qui a changé depuis lors sur la manière de gérer ce comité ? Qu’enseignez-vous aux jeunes chercheurs de l’UdM? Si ce genre de scandale mettant à haut risque des vies humaines ne vous a pas emmené à vous remettre en question, comment croire que des scandales à l’AED/UdM, si graves soient-ils, puissent vous émouvoir ? On dirait que pour vous, « le chien aboie, la caravane passe ».
 
Ouest-Littoral a décidé d’ouvrir à nouveau la page du Ténofovir. Nous irons bientôt à la rencontre des cobayes victimes de cette triste expérience, pour celles qui sont encore en vie,  afin de savoir ce qu’elles pensent de l’homme «serviable», «compétent», «altruiste» que vous êtes.

3-    Sur le crédit AFD
A moins d’être particulièrement de mauvaise foi, vous ne pouvez nier le fait que la perspective de la gestion de ce crédit ait créé des fantasmes parmi les responsables de l’AED-UdM. Selon des informations puisées à bonne source,  des entreprises au profil douteux avaient même été montées pour gagner par exemple le marché de contrôle des travaux. Il a fallu que l’AFD pèse de tout son poids pour pratiquement imposer le cabinet Egis, qui semble jouir d’une bonne réputation.

Lors de la fameuse émission précitée sur « Equinoxe Tv », M. Yimgaing Moyo, dans d’étonnants aveux, a indiqué avoir touché 4 000 000 FCFA (Quatre millions de FCFA) pour l’exécution d’un marché interne. Un membre de l’AED, Vice président de l’UdM, éminent membre de la commission des infrastructures de l’UdM,  gagne un marché sans appels d’offres : cela ne vous cause aucun problème déontologique ? Qu’importe le montant en cause, le principe est en lui-même inacceptable.

Puisque votre intégrité est inattaquable selon vous, je vous prie de mettre à la disposition du public la liste des marchés exécutés jusqu’à ce jour à l’UDM, la liste des entreprises retenues et les noms des personnes à la tête de celles-ci. Chacun fera une comparaison et en tirera la même conclusion que moi : il existe bien un pillage en « bandes enragées » à l’AED-UdM. Le rapport d’audit interne coordonné par Kago Lele, Tchatchoua Thomas, Yomi Moïse (vos amis et collègues) parle bien de « pillage organisé ». On pourrait aussi, d’ailleurs, faire une banale sociologie du personnel pour voir qui a recruté qui, qui est parent de qui, et on verra si la gestion frauduleuse et anarchique ayant ruiné ce pays n’a pas fait son lit à Bangangté.

4-    Sur la présence de votre fils à l’UdM
Vous atteignez ici le sommet de l’indécence. Je vous rappelle que lors des réflexions au sujet de la création de l’UdM, j’ai entendu les promoteurs, dont certains siègent à vos côtés, expliquer pourquoi cette Université était nécessaire. Ils voulaient, notamment, lutter contre l’autocratie, le clientélisme, le népotisme, le favoritisme…qui régnaient dans les universités d’Etat. Ils voulaient combattre la logique des quotas pour instituer la « dictature » du mérite.

C’est vrai que pendant que ce noyau jetait les bases de l’UdM, vous vous efforciez à vous faire remarquer dans la médiocre galaxie Biya. Mais ce que vous dites pour justifier la présence de votre fils est exactement le contraire des idéaux des créateurs de cette institution.

Quels concours distinctifs votre fils a-t-il bravé avant d’être embauché à l’AED-UdM ? Combien de dentistes comme lui existent au Cameroun ? Quelle chance leur avez-vous accordé ? Pouvez-vous expliquer aux Camerounais dans quelles circonstances il a été recruté, combien étaient présélectionnés, et par quel jury ? Cette question vaut pour les parents et protégés de ceux qui vous entourent, que le « système UdM » arrose généreusement au point où chacun se terre dans un silence honteux.

Le rapport d’audit interne précité, au sujet des principaux problèmes qui minent l’institution, précise: « les liens tantôt de filiation, tantôt d’affectivité au sein du personnel doivent y être pour beaucoup ». Il va plus loin : « La moralité saute aux yeux : à l’UdM, la priorité, c’est donner l’emploi aux siens et non utiliser les compétences pour un meilleur rendement. Le relent de népotisme, de clientélisme et de réseau déjà dénoncé dans un précédent rapport se confirme ». Ce n’est pas moi qui écris ces lignes, mais bien vos amis.
 
Le népotisme est défini ainsi par le dictionnaire Robert : « Abus qu’un homme en place fait de son crédit, de son influence  pour procurer des avantages,  des emplois à sa famille, à ses amis ». Si votre fils est si qualifié, confiez-lui la gestion totale de votre clinique à Bastos pour qu’il y exerce tout son talent. Je vous rappelle que l’UdM n’est pas votre affaire privée. La communauté Bangangté a sacrifié ses terres ; des membres de la diaspora ont sacrifié temps, argent et sueurs ; des volontaires de toutes parts ont apporté leurs contributions intellectuelles et matérielles… Ce n’est pas pour que vous y placiez votre fils, ni pour que vos principaux collaborateurs que sont Ntonfo et Chaungueu y placent frère et enfant pour les remplacer lorsqu’ils sont convaincus de malversations financières. Mais où est donc votre morale ? Vous n’avez aucun principe sinon ceux liés à votre confort personnel ?
 
C’est ce népotisme que vous faites régner à l’UdM qui a poussé Thomas Tchatchoua, membre de l’AED, du Comité d’orientation… à adresser une lettre d’une violence inédite le 07 octobre 2014 au professeur André Ntonfo, lettre où il met à nu les pratiques en cours à l’AED-UdM dont André Ntonfo et Chaungueu, vos collaborateurs directs, sont les principaux bénéficiaires. Au tribunal, ce courrier me sera utile pour « déshabiller » votre gestion en public.

Thomas Tchatchoua, qui y parle beaucoup de « micro-tribalisme », indique à vos confrères, comme moi avec vous, que l’AED-UdM ne leur appartient pas. Qu’ils ne peuvent pas la sucer à l’infini sans faire l’effort d’augmenter les recettes ou, à tout le moins, diminuer les dépenses.  Cette lettre instructive, mérite d’intéresser un éditeur de livre de poche tant elle est un plaidoyer pour votre départ rapide de cette université.

5-    Sur votre apport à l’UdM et le C3
Vous dites que mon journal a présenté Monsieur « Ambroise Kom comme le fondateur de l’Université des Montagnes », alors que ce dernier vous présentait comme le « bâtisseur, le porteur du projet UdM ».
 
Si le professeur Kom a effectivement réagi comme cela, c’est qu’il est un grand homme, parce que c’est la stricte vérité.  Mais pour que vous portiez ce projet, il a fallu le concevoir. Le professeur Kom reconnait vos mérites d’exécutant et vous refusez de lui reconnaitre celui de concepteur du projet. Vous montrez là une des facettes hideuses du Rdpc dont les militants les plus « enthousiastes » considèrent que le Cameroun nait et se déploie à partir du 06 novembre 1982, ignorants les sacrifices des Douala Manga Bell, Ruben Um Nyobe, Bernard Fonlon,  Osendé Afana, Ernest Ouandié, Monseigneur Albert Ndongmo…
 
Utilisant les méthodes propres à votre parti, l’UdM n’existe, selon vous, que depuis 1994. Vous vous en tenez là au formalisme. Vous avez à priori raison ; mais vous faites là preuve d’un acte de malhonnêteté insupportable. Je rappelle que cette institution est le fruit des efforts conjugués de nombreux Camerounais qui, dès le début de l’année 90, dans les médias, dans les universités…décident de braver le pouvoir pour faire évoluer les choses positivement.
 
Ambroise Kom fédère toute cette énergie autour du C3 (le Collectif « Changer le Cameroun »). Il coordonne la production d’une série de documents qualifiés de subversifs par le pouvoir. Les Nanda, Tcheho, Siga Asanga, Mongo Beti, Jean Marc Ela, Vianney Ombe Ndzana, Celestin Monga, Pius Njawe et beaucoup d’autres ont pris d’énormes risques à l’intérieur comme à l’extérieur du C3, pour créer les conditions nécessaires à la mise en place des institutions comme l’UdM. En prenant, à 28 ans,  la responsabilité d’imprimer tous ces documents de manière clandestine, j’ai pris ma part de responsabilité alors que vous vous reposiez dans le lit douillet d’un apparatchik du pouvoir.
 
Lorsqu’Ambroise Kom conçoit le projet d’Université, il contacte le professeur Kamsu Kom et vous. Vous acceptez de le suivre. Vous devenez donc «  le porteur du projet ». Vous le « portez » jusqu’à ce qu’on se rende compte, malgré un relatif succès, du « népotisme », du « clientélisme », de la « gérontocratie »…qui y règnent. Après de si longues années et à votre âge (85 ou 76 ans, qu’importe), un autre que vous se serait retiré avec dignité.
 
Un honnête homme aurait résumé ainsi la situation: « C’est Ambroise Kom qui a mobilisé des forces pour penser, mettre en forme l’Université des Montagnes. Ces derniers, avec lui en tête, m’ont choisi pour être le visage de cette structure que je conduis depuis 15 années ».
Cher Professeur, vous ne pouvez pas tronquer impunément l’histoire, et le silence honteux des obligés profiteurs qui vous entourent ne devrait pas vous faire mentir à la face du monde : ce n’est pas parce que vous « portez » un projet que vous en êtes le concepteur. Vendre des produits Apple ne fait pas de vous Steve Jobs. Distribuer des PC ne vous transforme pas en Bill Gates. Vous affirmez avec fanfaronnade que « l’UdM ainsi que les CUM sont l’œuvre de ma vie. ».
 
Vos « 76 ans » commencent donc il y a seulement quelques années ? Vous avez certainement eu de la gloire bien méritée dans votre vie. Mais après avoir favorisé l’appropriation matérielle (gastronomique) à l’UdM, vous ne pouvez pas vous approprier aussi la genèse d’un projet. Le silence de ceux qui vous entourent est à ce sujet parlant. Vous ne reconnaissez aucun mérite aux « petits professeurs de lettres » (même si vous en reconnaissez aux presqu’illettrés qui vous entourent). J’ai récemment pris au « poteau » ce roman du Gabonais Janis Otsiemi et il pourrait vous éclairer : « La bouche qui mange ne parle pas » (Jigal, 2012)
 
Vous avez ensuite parlé de vos titres fonciers qui ont permis de sauver les fins de mois à l’UdM. Mais ce n’est que normal, car vous laissiez vos compères piller littéralement les caisses de l’institution. Où Passaient les frais de scolarité versés par les étudiants ? On en reparlera devant les juges tant le rapport d’audit est accablant. A propos, a-t-on retrouvé les titres fonciers de l’AED-UdM dont les auditeurs cherchaient en vain les traces en 2014 ?

6-    Sur l’institut des études africaines et des langues
Vous dites que c’est le professeur Kom qui devait la mettre sur place et que vous attendez toujours. Où est mon problème ? N’était-il pas votre second à l’époque ? Pourquoi n’avez-vous pas ouvert la porte à des sanctions contre lui ? Pourquoi attendre la naissance de ce conflit pour déverser votre bile haineuse sur lui ? Vous pourriez économiser votre encre et votre salive. Vous avez trois procès contre lui devant nos tribunaux, qui s’ajoutent à celui que vous m’avez intenté en sa compagnie. Vous aurez besoin d’être en pleine forme pour vous défendre dans certains cas, pour convaincre les magistrats de me condamner dans l’autre.
Une autre question : n’est-ce pas le professeur André Ntonfo qui est le directeur de cet Institut des Études africaines ? Cela est écrit noir sur blanc sur la 4ème de couverture d’un livre que vous n’avez probablement pas lu : « Et si l’Université des Montagnes m’était contée. Enjeux des textes fondateurs (2014). Ainsi, le Professeur Ntonfo dirigerait, dans « votre » université, un Institut qui n’existe pas ?  C’est d’ailleurs ce que le fameux rapport d’audit a condamné avec la dernière des énergies, allant jusqu’à demander sa fermeture pure et simple.

7-    Sur la mobilisation de la diaspora
Vous n’avez pas lu le seul livre publié par les Presses Universitaires des Montagnes et dirigé par le Professeur Ntonfo. Je ne vous en voudrais donc pas de n’avoir pas lu « Le Devoir d’indignation. Ethique et esthétique de la dissidence (2012) » d’Ambroise Kom dont vous avez une telle haine. Le professeur Kom rend hommage à cette diaspora, exactement comme les auteurs du rapport Kago Lele. Vous seul semblez n’avoir aucun respect pour ce qui a été accompli, vous vous complaisez à tout ramener à votre modeste personne.

Dans cet ouvrage, Ambroise Kom y explique brièvement ce que tout le monde (y compris vous et ceux qui vous entourent) sait : le rôle de la diaspora dans l’avènement du projet UdM. Lorsque naît le projet, en l’absence de toute source locale de financement, parce que l’élite bourgeoise nationale n’y croit pas, fort de son expérience nord-américaine, le Professeur Kom suggère de s’inspirer de l’expérience de la diaspora juive pour fédérer les efforts devant aboutir à la réalisation du projet que vous mettez en péril. Il a fait le tour des continents, et donné des conférences, comme Célestin Monga, depuis 1992 pour rallier les Camerounais de tous bords et de toutes disciplines à cette cause.

L’AED dont vous avez coopté une partie de l’administration actuelle avait été fondée expressément par le Dr. Dieudonné Mouaffo pour soutenir l’UdM, mais a dû diversifier ses activités pour satisfaire aux exigences de la législation canadienne. Mbiagne qui existait avant l’UdM et dont vous avez expulsé le promoteur s’est joint à cette cause et a mobilisé des centaines de milliers d’Euros. Avant de quitter les États Unis, Célestin Monga payait de sa poche les billets d’avion pour aller donner des conférences devant permettre de lever des fonds pour l’UdM.

Le Professeur Kom a mis au travail de nombreux Camerounais et non-Camerounais pour la construction du «Pavillon des Savoirs » à Banekane. Savez-vous comment ont été organisées les visites des nombreux « hôtes de marques » célébrés dans le livre du Professeur Ntonfo ? « Quand les dons pleuvent sur l’UDM »  (Ntonfo, Chapitre 7), il ne s’agit pas seulement de dons matériels. Il y a, au départ, un énorme capital humain qu’il a fallu mobiliser en France, en Allemagne, au Canada et aux États-Unis par une personne d’une compétence et d’une réputation en béton, cela longtemps avant que ne démarre ce que vous appelez sans honte, « l’œuvre de [votre] vie ».

8-    Transport des effets personnels par containers
Un jour le ridicule tuera. Si je comprends bien, ce qui vous est permis ne l’est pas pour les autres. Vous avez été le premier à faire transporter par les containers de l’UdM, des effets personnels. Cela ne vous gêne pas ? Vous prétendez avoir obtenu l’autorisation du bureau exécutif. J’ai lu dans tous les sens vos statuts, je n’ai rien trouvé comme disposition accordant de tels avantages en nature aux dirigeants de l’AED-UdM.

De plus, pouvez-vous dire aux Camerounais quelle est l’instance dirigeante qui vous a accordé cette autorisation, du moment où vous étiez le président du Bureau exécutif de l’AED, le président du Conseil d’orientation et que vous présidiez les sessions de l’Assemblée générale ? Vous vous êtes ainsi octroyé la fameuse « autorisation» dont bien de membres de l’AED n’ont aucun souvenir !
 
Vous insistez sur le cas Kom ; je ne comprends pas votre « pudeur » à évoquer les cas de Chaungueu, de Ntonfo, de D. W., pharmacien d’Oyomabang et de bien d’autres… Le seul fait que de telles pratiques aient pu perdurer montre l’extrême pauvreté de votre management. On va  travailler à y voir clair. Une véritable justice eut consisté à vous sanctionner deux fois « plus » lourdement que Kom, ne serait-ce que parce qu’en tant que Président, vous aviez le devoir d’être le bouclier face à de telles pratiques. Comme le président national de votre parti, vous voulez décider de tout et n’être responsable de rien.

9-    Sur votre âge
Avec vous,  le ridicule n’est jamais très loin. J’ai parlé de 85 ans au lieu de 76 ans pensant certainement aux mandats successifs que vous souhaitez obtenir. Qu’à cela ne tienne, je me suis trompé. Vous voyez réellement une différence entre 76 et 85 ans ? L’âge de la retraite pour les enseignants est lequel ? Pourquoi vous ressemblez tant à Paul Biya dans la conduite des affaires communes ? Je sais que pour vous, il s’agit d’un compliment que de ressembler à votre « créateur », mais pour les Camerounais qui souffrent, ce n’est pas le cas. Même en CFA, 76 est un chiffre qui fait beaucoup de bruit.
 
Mais vous déclarez : « j’ai 76 ans et j’en suis fier ». Si Dieu m’accorde la même grâce, je serais moi aussi heureux. Mais je ne resterais pas dans la mêlée afin d’alimenter une lutte mortelle de clans pour le contrôle d’un chéquier. Je m’occuperai de mes enfants, mes petits enfants, mes arrières petits enfants et leurs enfants. Je me mettrais au dessus de cette mêlée pour me positionner en ultime recours.
 
J’essayerai, autant que faire se peut, d’être l’homme chez qui on vient chercher « la » solution en cas de problème. Je me battrai pour être le sage parmi les sages. A 76 ans, être dans la cours du Campus entrain de courir derrière des étudiants en colère, crier « sur » des jeunes collaborateurs inconscients n’est plus de votre âge et je m’étonne que le « vieux » médecin que vous êtes ne s’en rende pas compte. Vous parlez d’enseignants plus âgés que vous ? Je trouve la comparaison stupide et indécente ! Dispenser des cours est une chose, diriger une institution universitaire de 2000 étudiants en est une autre.

10-    Le cumulard Kaptué
Maire de Dembeng à Bandjoun; Directeur-Propriétaire de la Clinique Bastos à Yaoundé ; Président de l’UdM à Bangangté ; Directeur des CUM à Bangangté.  Ce n’est pas trop pour un homme de 76 ans ? Vous défiez la nature décidément. Vous n’êtes pas un homme d’argent ? Soyez transparent en nous indiquant ce que vous rapportent toutes les casquettes que vous « portez » : quel pourcentage consacrez-vous aux œuvres sociales ?

L’épisode du Sida montre que vous n’avez pas le temps, puisque la chaîne de télévision française « France 2 » (depuis 2004-2005) attend toujours votre réponse au sujet des formulaires remplies par les prostituées « volontaires » pour essayer le vaccin Tenofovir. Vous n’avez pas pensé à traduire cette chaîne de télévision en justice ? Le nouvel épisode au sujet de l’UdM où vous avez mis plus de deux semaines pour répondre à des questions montre clairement que vous êtes atteint par la limite d’âge ; que le temps que vous vous retourniez pour réagir, un jeune véloce a le temps de remplir un chèque et vider les comptes de l’AED-UdM. C’est bien sûr une image : mais qu’elle est cruelle !

Comme Paul Biya, ce sont les vôtres qui sont venus vous « chercher pour les aider à développer » leur terroir. J’aurais décidément droit à la totale avec vous ; vous ne m’aurez épargné d’aucun artifice propre au « grand parti national ». Quelle est la population de Demdeng ? Quel pourcentage de celle-ci vous l’a expressément demandé ?

Vous êtes décidemment un « homme providentiel »; vous êtes sollicité partout et malgré le fait que vous « n’aimez » pas du tout cela, vous acceptez. Tout le problème est que cet homme providentiel n’existe pas. Vous avez d’ailleurs du mal à donner un bilan chiffré et clair de vos actions. Dans les deux dossiers emblématiques pour vous qui tournent autour du Sida et l’UdM , on voit que vous n’y avez pas particulièrement brillé ; c’est le moins qu’on puisse en dire si on est gentil : ce qui est mon cas.

 

Pour conclure, cher Professeur, je puis vous assurer d’une chose : je ne me laisserai pas intimider par les procès que vous ferez payer avec la scolarité des étudiants de l’UdM, car je vous vois mal sortir l’argent de vos poches pour financer tous ces procès. Le chantage et l’intimidation « staliniste » de votre milice tribale, médiatique et connectée n’enlèveront rien à ma détermination à découvrir toute la vérité autour de ce qui se passe à l’UdM.

 

Ouest Littoral continue son enquête, rassemble la documentation dont nous nous servirons. Dans cette affaire, il n’est venu à personne l’idée de contester vos talents de médecin. Ce qui est cause, c’est la mise à mort d’une institution dont vous voulez en faire « votre créature », orchestrant avec la cour de troubadours que vous avez constituée, le lynchage médiatique et la mise à mort «  udémoise » du Professeur Kom qui semble vous empêcher de « manger en rond ». Vous voulez me « manger » en hors d’œuvre alors qu’il aurait suffit de répondre à mes questions dès le départ pour que je vous laisse vous empoigner avec le professeur Kom qui est assez grand pour se défendre.

J’espère que l’année qui s’ouvre vous fera revenir à des mœurs plus fréquentables.

© Ouest Littoral : Benjamin Zebaze

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