Cameroun, Le REDHAC s’insurge contre les exactions du Boko Haram, les crimes rituels et la révision de la constitution

C’était au cours d’un point de presse donné par Maximilienne Ngo Mbe, Directrice Cameroun du réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale. Nous vous livrons inextenso la teneur de cette communication aux hommes des medias.

C’est toujours avec un plaisir renouvelé que nous vous accueillons dans le cadre des activités du REDHAC. Il est vrai que nous avons entamé depuis lundi 15 février, la seconde et dernière quinzaine du mois de février ; Comme il n’est jamais tard pour bien faire, nous ne pourrions ne pas vous souhaiter, individuellement et à tous ceux qui vous sont chers, nos vœux les meilleurs d’une année moins pénible, moins stressante, eu égard au poids d’une actualité de plus en plus sensible que vous avez à traiter dans un environnement non moins contraignant.

Aussi nous vous souhaitons une santé de fer, une intelligence éclectique dans ce travail et surtout un plein épanouissement dans tout ce que vous entreprenez.

a) Actualité sécuritaire au Cameroun

Nous vous avons convié ce jour comme d’habitude pour faire le point de l’actualité sécuritaire de plus en plus préoccupante. Outre les exactions commises à L’Extrême-Nord dans la guerre que Boko Haram impose au Cameroun, on observe les enlèvements et crimes rituels dans les grandes villes et localités moyennes.

Ces atteintes à la vie sur lesquelles les autorités compétentes ne semblent pas avoir l’obligation d’informer l’opinion sur les enquêtes qu’elles disent engager. Nous pensons notamment à cette gamine de 2 ans enlevée à Makèpè Missokè à Douala et retrouvée décapitée quelques jours après. Nous pensons à cette étudiante que l’on dit avoir été assassinée par son copain à Yaoundé. Des crimes et d’autres dont les présumés suspects indexés ne sont jamais présentés à l’opinion comme on le fait pour de prétendus braqueurs.

Dans l’Extrême-Nord du pays, on observe les interpellations des citoyens sur qui pèsent les allégations de destruction des équipements militaires, notamment celle qui a eu lieu dans la ville de Maga depuis octobre 2015, à la suite des confrontations entre les éléments de forces armées et les populations civiles de cette localité.

Les compatriotes de Maga accusent certains éléments de nos forces de sécurité de harcèlement et d’arnaques. Des faits qui ont provoqué une réaction des victimes après la mort d’un jeune homme abattu par les soldats. A ce jour et selon des informations fiables, 7 personnes se trouvent actuellement « en exploitation » à la prison centrale de Maroua, pour rependre le terme en usage dans le jargon sécurocrate.

Il leur est reproché entre autres :

* d’avoir détruit les effets militaires,

* d’intimider l’administration,

* de n’avoir pas identifié les manifestants,

* de n’avoir pas calmé les populations.

Des faits susceptibles de conduire les mis en cause dans le contexte actuel d’une loi antiterroriste sous laquelle nous sommes depuis décembre 2014 et pour laquelle le REDHAC a demandé la réécriture de l’Article 2 alinéa 2.

Il n’est pas question pour le REDHAC d’entraver les procédures, mais d’exiger qu’elles soient menées de manière juste et transparente.

b) Appel à une révision constitutionnelle - Liberté d’expression et manifestations pacifiques

* Révision constitutionnelle

C’est avec attention que le REDHAC suit les évènements politiques au niveau du Cameroun. Un des 8 pays de l’Afrique Centrale qu’il couvre .

De nombreux cadres du parti au pouvoir appellent à la révision constitutionnelle après celle de 2008 qui a fait sauter la limitation du mandat présidentiel en le portant à 7 ans.

Le REDHAC demande le respect de la constitution, la loi fondamentale du Cameroun et exhorte le Chef de l’Etat et l’Assemblée Nationale à ne pas céder à cette tentation. Le droit pour tout citoyen à maîtriser le calendrier électoral doit être respecté et mis en œuvre.

* Liberté d’expression et manifestations pacifiques

Le REDHAC voudrait également attirer l’attention des autorités sur l’entrave à la liberté d’expression et de manifestations pacifiques.

Au moment où l’on observe que les sous-préfets autorisent toutes manifestations qui s’expriment pour le soutien de la candidature du Chef du parti au pouvoir, les manifestations des autres partis politiques et organisations de la société civile se voient interdites systématiquement pour ‘’trouble à l’ordre public’’. Pire, de nombreux hommes de sécurité sont envoyés dans les lieux, non pas pour encadrer les manifestations, mais pour les empêcher, souvent en procédant à des arrestations et détentions arbitraires, pour simplement avoir voulu s’exprimer.

En Conclusion,

Le REDHAC réitère son soutien aux forces de sécurité qui se battent dans l’Extrême Nord et s’inclinent devant toutes les victimes, en particulier le lieutenant colonel Belthus KWENE KWELE du BIR qui vient de tomber au champ d’honneur, en compagnie de son camarade le capitaine Emmanuel YARI et de tous leurs autres frères d’arme.

Le REDHAC soutien les médias, surtout privés, pour leur sens de responsabilité dans le traitement des informations liées au respect des libertés individuelles dans au Cameroun.

Le REDHAC demande aux autorités judiciaires de rendre public toutes les enquêtes liées aux enlèvements et autres crimes rituels observés depuis un moment au Cameroun afin que les coupables répondent devant la justice.

Le REDHAC demande aux autorités camerounaises, à celles de la RDC et du Congo Brazzaville le respect de la constitution, la liberté d’expression et de manifestations pacifiques, conformément aux lois nationales et aux instruments régionaux et internationales en la matière.

Camer.be

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