CAMEROUN / La cacophonie persiste dans le Droit d’auteur de l’art musical

Plus qu’un feuilleton à rebondissements, c’est une véritable querelle de chiffonniers qui oppose depuis quelque temps déjà des artistes à d’autres artistes.

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L’affrontement, à la vérité, prend par moments les allures d’une tragédie d’autant plus douloureuse que la violence des « amabilités » entre protagonistes déteint négativement sur l’image flatteuse longtemps inspirée par certaines de ces vedettes. Pomme de discorde, et raison profonde de ce détestable pugilat : le contrôle sur le droit d’auteur.

En d’autres termes, les profits pécunaires résultant d’une création de l’esprit. Le « gombo », pourrait-on dire, pour épouser un code langagier prosaïque. A moins qu’il ne s’agisse de clientélisme.

Les faits remontent à mai 2008 lorsque le ministère en charge de la culture retire à la Cameroon music corporation (CMC) l’agrément lui donnant droit à la gestion collective du droit d’auteur du domaine musical. Sur les cendres de la CMC se crée la Société civile de l’art musical (SOCAM) qui reçoit le 3 juillet 2008 l’agrément du département de tutelle. Pendant que les dirigeants de la nouvelle structure boivent du petit lait, la CMC, elle, engage une bataille judiciaire qui ira jusqu’à la plus haute juridiction du pays. La Cour suprême rétablit la CMC dans ses droits. Sur le papier. Car, dans les faits, rien ne bougera.

 

La  SOCAM poursuivra cahin caha son bonhomme de chemin. Jusqu’au 23 décembre 2013, lorsque, à son tour, cette structure se met à dos le ministère des Arts et de la Culture qui met fin aux fonctions de son conseil d’administration. S’installe alors une sorte de vacuité qui profite aux pêcheurs en eaux troubles de tout acabit. Un flou artistique que tentent de dissiper dirigeants de la CMC et de la SOCAM. Alliés objectifs, pour ainsi dire, Sam Mbende et Ndedi Eyango se donnent la main pour permettre la mise sur pied d’un organisme unique de gestion collective de droit d’auteur et des droits voisins dans le domaine qui est le leur. Ils signeront même un protocole d’accord dans ce sens. Une démarche qui participait du reste de la volonté de la tutelle.

C’est sur ces entrefaites qu’est portée sur les fonts baptismaux il y a quelques jours dans un contexte quelque peu rocambolesque un troisième « larron » : la Société camerounaise civile de musique. L’embrouillamini se corse alors. Toutes choses qui conduisent le Premier ministre à prescrire, le 16 mars 2015, que la clarté soit faite sur un dossier qui s’est complexifié au fil des ans. Le chef du gouvernement a-t-il reçu les conclusions du comité qu’il a mis sur pied à cet effet ? Si oui, a-t-il statué, donné des directives, pris quelque décisions sur le sujet ?

L’on en était à ces interrogations lorsque, par un communiqué en date du 18 mai dernier, le ministre des Arts et de la Culture a fait connaître aux ayants droit et usagers de l’art musical « que l’agrément aux fins de la gestion collective du droit d’auteur et droits voisins du droit d’auteur de la catégorie « B » : art musical, a été accordé à la Société camerounaise civile de musique le 15 mai 2015 ». Est-ce enfin l’épilogue d’une cacophonie affligeante qui charrie dans son sillage des passions rageuses ? Les différents protagonistes vont-ils consentir à transcender rancœurs et frustrations pour sauver une corporation minée par les intrigues la haine et les divisions ? Les prochains jours nous le diront.

© Cameroon Tribune : MAKON ma PONDI

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