Cameroun : L’Ouest perd la présidence du sénat

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Le Littoral pourrait tirer profit de la volte-face du président Paul Biya en plaçant Geneviève Tjoues, originaire de la Sanaga Maritime et membre du bureau politique du Rdpc.

De sources dignes de foi, la région de l’Ouest qui était bien placée pour prendre la présidence du sénat n’a plus les faveurs du président Paul Biya. L’une des raisons fondamentales de ce revirement de dernière minute du chef de l’Etat est le manque de confiance qu’il a vis-à-vis des originaires de la région de l’Ouest dont il se méfie comme de la peste même s’il y compte des amis tels Ibrahim Mbombo Njoya, sultan, roi des Bamoun, Jean Nkuete, Secrétaire général du Comité central du Rdpc et le vieux magistrat Mbouyom. Et c’est justement cet homme fatigué, ce Mbouyom que Paul Biya voulait placer à la tête du sénat après l’avoir nommé parmi les trente sénateurs qui ne sont pas élus.

Seulement à la dernière minute Paul Biya s’est ravisé et a pensé que ça ne devrait pas être chose sérieuse de placer un Bamiléké deuxième personnalité de l’Etat après lui. Même si le président du Sénat selon la constitution exerce l’intérim du président de la République (Art. 5 (4) (nouveau) en cas de vacance, mais ne peut être candidat à l’élection organisée pour la présidence de la République, Paul Biya n’est pas rassuré si un Bamiléké est à la tête du sénat. Car, sait-on ce qui peut se passer dans la tête d’un président de sénat bamiléké ? Méfiance donc de Paul Biya.

En vérité, Paul Biya ne veut pas d’une forte tête, d’un intellectuel à la tête du sénat, quelqu’un susceptible de ne pas être à ses ordres. Il veut d’une personnalité comme Cavaye Yéguié Djibril à la tête de l’Assemblée nationale, quelqu’un qui ne lui fait pas de l’ombre. Et c’est pour cette raison qu’il a jeté son dévolu sur Geneviève Tjoues, originaire de la Sanaga Maritime et membre du bureau politique.

Paul Biya aurait pu choisir son ami Ibrahim Mbombo Njoya qui est de l’Ouest, de l’ethnie bamoun et non bamiléké. Pourquoi ne le fait-il pas ? Mais en attendant qu’il fasse un énième revirement, il a porté son choix pour le moment sur Geneviève Tjoues. Cette dernière ne représente aucun danger pour Paul Biya. C’est une vraie militante du Rdpc qu’elle a épousé de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit et de toutes ses forces. Elle n’est pas du genre qui feint, un pied en avant un pied en arrière comme dans la danse Bafia, elle a les deux pieds dans la maison Rdpc.

En plaçant Geneviève Tjoues à la présidence du Sénat, Paul Biya n’est qu’un imitateur de l’ancien président gabonais El Hadj Omar Bongo Ondimba qui de son vivant et pour se prémunir contre toute mauvaise surprise avait placé à la tête du Sénat Rose Francine Rogombé, celle-là même qui a assuré l’intérim après sa disparition. Et comme présidente de la Cour constitutionnelle, Omar Bongo avait placé une autre femme, Marie-Madeleine Mbourantsuo. C’est elle qui a proclamé les résultats de la présidentielle gabonaise du 30 août 2009 dont Ali Bongo Ondimba est sorti vainqueur.

Dans le Littoral, les personnalités ne manquent pas parmi les sénateurs pour occuper la présidence de la chambre haute, tel Thomas Tobbo Eyoum du département du Wouri, mais Paul Biya sait ce qu’il fait. Si la présidence du sénat va au Littoral, que deviendra Alexis Dipanda Mouelle, premier président de la Cour suprême, lui aussi originaire du Littoral ? Alexis Dipanda Mouelle va peut-être sortir, n’est-il pas temps pour lui d’aller se reposer tout comme le procureur général près la Cour suprême, Rissouk à Moulong qui est originaire du département du Mbam et Inoubou, région du Centre.

Ils occupent leurs postes depuis deux décennies puisqu’ils servent sans état d’âme Paul Biya. Si le Littoral capte la présidence du sénat, comment vont réagir les Bamiléké ? Y aura-t-il une compensation pour eux et de quelle manière ? Que vont également penser les originaires du Centre, certes nombreux au gouvernement avec 19 ministres et assimilés puisqu’à un moment on citait de son vivant Gilbert Andze Tsoungui, plusieurs fois ministre comme étant le probable président de la chambre haute. Que pense l’Est qui s’estime sous-représentée au niveau des instances supérieures de l’Etat ? Autant d’équations que Paul Biya doit résoudre.

© Aurore Plus : Michel Michaut Moussala

Commentaires (2)

1. casimir 03/05/2013

Bonjour,
Article interessant mais un peu trop partial sur un esprit de discrimination tribal. l'analyse faite en ce qui concerne le président Biya pour avoir une main mise sur le président du sénat n'est pas fondé surtout quand vous affirmé que le choix de l'ethnie est un critère de selection. Que se soit n'importe quel Camerounais avec des valeurs il pourrait tenir tête pas forcement un bamiliké, Je pense plutot que vous auriez du mener votre analyse dans le sens ou les valeurs des potentiels candidats sont en leurs avantages ou non, mais pas dans le sens tribal.
De grace arrêtez vous journaliste de mettre Ces idées dansles pensées des lecteurs.

2. MIMBOE (site web) 03/05/2013

Bonjour,
C'est vrai que dans un pays comme le notre qui compte en son sein des dizaines de tribus, le souci de representativé de ces tribus au niveau des hautes instances de l'Etat a sa place et je pense que notre appareil gouvernemental fait jusqu'ici l'unanimité dans ce sens là. Et quand arrive la naissance d'une nouvelle haute structure, le Président de la République, lui qui maitrise le secret de l'équilibre nationale en cette matière fait son choix et en assume la pleine responsabilité. Je prends à témoin le redacteur de cette publication que, voilà des décennies, contrairement à ce qui est observé dans certains Etats, cette reclamation est inconnue des camerounais. Ce qui m'aurait plutôt inquité, aurait été la question de compétence ; mais il parait selon vous que c'est une femme intègre. Par ailleurs, à chaque nomination si ce n'est un homme, c'est une femme ; le PRC a nommé une femme vous dites qu'il a besoin de quelqu'un de manipulable, s'il avait nommé un homme vous auriez parlé de la non prise en compte des femmes. En plus, veuillez vous rappelez que "Le Cameroun c'est le Cameroun" à ne pas comparer au Gabon. et en fin, les camerounais ont plutot besoin d'etre galvanisé au travail, au respect des institutions de la nation, au soutien du Chef de l'Etat, à un amour de leur patrie et bien... Epargnez-nous du "Copier-Coller" du model occidental qui conduit bon nombre de nations dans le K.O et gardez en tete que vous ne serez pas épargnés si jamais....

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