Cameroun - JOHN FRU NDI: «J’ai reçu des insultes des disqualifiés mais j’avance avec ce que je crois de juste»

Le leader du parti de l’opposition fait le point sur les investitures et la constitution des dossiers de même comme il fait une incursion dans la distribution des cartes électorales sur le terrain. Il s’est prêté aux questions des journalistes.

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Vous êtes à pied d’œuvre depuis mercredi pour l’investiture de vos candidats issus des primaires pour le scrutin couplé du 30 septembre. Pouvez-vous résumer l’état de cet exercice ?

Nous sommes en train de travailler comme vous le constatez sur les dossiers. Voyez-vous, les hommes et les femmes de cette commission passent des nuits et jours d’insomnie pour éplucher tous les dossiers reçus afin de s’assurer qu’ils soient conformes et que les dossiers du Sdf ne souffrent d’aucun rejet. Comme je l’ai dit hier (jeudi Ndlr) et je le répète aujourd’hui (vendredi Ndlr), certains responsables des services des impôts et autres services de certification des documents ne font pas convenablement leur travail. Certains de nos militants candidats et responsables du parti rencontrent des difficultés sur le terrain. J’en appelle à ces responsables de services concernés de respecter notre constitution et le code électoral. En ce qui concerne ce que le président d’Elecam a dit « rappelant que certains documents n’ont pas besoin d’être timbrés », nous en appelons à ces responsables de services de respecter ces dispositions et instructions du président d’Elections Cameroon.

Quand vous faites allusion au service des impôts, de quoi est-il question et quel message à leur endroit ?

C’est juste un appel qu’ils ne doivent pas saisir cette opportunité de la présence de ces candidats à la candidature pour les arnaquer et les empêcher d’exercer leur droit civique : l’aspiration à la commune et au parlement parce qu’ils forcent les gens à payer des impôts exorbitants. Nous les en appelons de faire leur travail avec en esprit la crainte du Seigneur. Que leur conscience les juge parce qu’ils servent des êtres humains.

Chairman, le délai du 17 juillet, date limite de dépôt des dossiers arrive au pas de course. A six heures de cette date butoir quelle lecture faites-vous de l’état des préparatifs ?

Nous avons suffisamment avancé dans le traitement des dossiers d’investiture relatifs aux primaires. Le nombre a considérablement diminué. Nous avons fini avec le Sud-Ouest et l’Ouest, nous sommes en train de clôturer avec le Nord-Ouest. Les dossiers dans lesquels nous avons reçu assez de protestations, nous les avons traités en priorité. L’esprit de la population est au beau fixe sur le terrain. La politique étant un jeu d’intérêt, nous avons disqualifié certains parce qu’ils n’ont pas rempli les conditions d’éligibilité requises ou qui ont échoué aux primaires. Ils s’en sont pris à moi. Ce matin (vendredi Ndlr) j’ai reçu toutes sortes d’insultes sous le soleil. Mais quand on fait face à la vérité, il y a des gens qui estiment qu’ils ont été méprisés. Et ils sont venus m’insulter mais j’avance avec ce que je crois de juste.

Que faites-vous concrètement pour ramener la paix et l’unité parmi ceux dont les ambitions n’auront pas été consolidées ?

Ceux dont les ambitions n’ont pas été consolidées aux primaires doivent l’accepter comme un jeu. J’ai perdu des élections et on a volé ma victoire dans d’autres mais je reste toujours ferme, déterminé et juste pour la cause. Je n’ai pas pris les armes ni fait quelque chose qui va pousser les gens à lutter et sautiller par ci et par là comme je le vois présentement. Cela démontre que ces gens-là veulent aller au parlement pour leur propre intérêt et non celui de la population. Et si pour une raison ils ne sont pas partis, demain est un autre jour. La campagne pour les prochaines primaires commencent à partir d’aujourd’hui. Ce que j’ai observé sur le terrain c’est que certains candidats sont allés acheter le gâteau-haricot (Koki) au marché pour nourrir les délégués-électeurs et lorsqu’ils ont perdu, ils sont rentrés chez eux avec cette nourriture. Cinq ans ce n’est pas long et ils auront de nouveau à solliciter les suffrages du peuple. Si tu échoues ne parts pas dormir, tu dois commencer dès maintenant à préparer les prochaines primaires. Certains se sont fâchés au point où ils m’ont remis leur lettre de démission.

Je ne les vois pas comme des militants convaincus mais comme des opportunistes. Le Sdf n’est pas un terrain pour les parieurs des jeux de hasard qui pensent qu’ils peuvent venir ramasser ce qu’ils veulent et s’en aller. Nous avons besoin des militants qui doivent être préparés à perdre la bataille mais continuer la guerre. Demain est un autre jour et comme je le dis toujours aux gens, il y a plusieurs ouvertures ou opportunités. Nous avons commencé avec les municipales et les législatives, par la suite, les sénatoriales sont arrivées et demain ce seront les régionales. On pourra ne pas avoir les vraies personnes pour conduire les affaires dans certains départements ministériels du gouvernement aujourd’hui. Ainsi au lieu de lutter pour les grandes choses, des gens font des combats de basses échelles. Ils s’entredéchirent pour les miettes alors qu’au sommet il y a du miel. Si tu te bat et arrives au sommet tu vas à ce moment décider avec les Camerounais comment consommer ce miel en prévoyant une partie pour la génération à venir et planifier un futur meilleur pour eux.

Quel message à l’endroit d’Elecam en ce moment où est annoncé le double scrutin ?

Je l’ai dit hier, nous en appelons au bulletin unique. Parce que les bulletins multiples dans un processus électoral donnent la voie à la fraude. Et si Elecam utilise des bulletins multiples ceci traduira qu’il endosse ou approuve la fraude. J’en appelle aux Camerounais d’aller retirer leur carte d’électeur. J’ai été informé que dans certains endroits, les cartes d’électeurs sont distribuées par des chefs de villages et chefs de quartiers. Ils ne sont pas des officiels ni auxiliaires d’Elecam. Je demande à Elecam de les retirer du processus de distribution des cartes d’électeur.

Un dernier mot ?

Je viens de recevoir l’information selon laquelle mon représentant à Kyé-Ossi est allé à Ambam avec les autres membres du parti certifier certaines pièces de leurs dossiers et il a été mis aux arrêts. Ces arrestations sont devenues récurrentes et de manière persistante à Kyé-Ossi. Nous les condamnons avec la dernière énergie. A un certain moment, on a pris et brandi un faux billet de 10 mille, l’accusant d’être l’auteur dudit billet. Ce jeune homme a réfuté que ledit billet n’était pas de lui. Et on l’a mis aux arrêts pour de longues heures.

Ce harcèlement, cette brutalité inavouée faits aux membres de l’opposition et du Sdf en particulier par certains officiels qui pensent qu’il y a des zones qui ne sont pas la chasse gardée de l’opposition doivent être dénoncés. Elecam doit prendre note de cet état de chose. Je sais que les élections sont libres pour chaque Camerounais. Je n’ai jamais empêché à quelqu’un de venir chez moi ici à Ntarinkon ou dans mon village ou n’importe où dans ce pays. Mais quand certains officiels radins et sans scrupules pensent qu’ils travaillent pour M. Biya, ils doivent être avisés de ce qui advient à Forjindam et tous ceux qui croyaient aider M. Biya en fraudant les élections par le passé.

© Donat SUFFO | Le Messager

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