Cameroun - Issa Tchiroma: «J'ai fait la prison dans ce pays pendant 7 années, mais j'accepte néanmoins de servir ce régime»

Dans une improvisation, le Ministre de la Communication est revenu sur les évènements post 6 avril 1984. C'était le 2 mai dernier, à l'occasion du lancement des activités relatives à la célébration de la 20éme Journée Mondiale de la Liberté de la Presse à Douala.

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La 20ème édition de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse s'est célébrée le 3 mai dernier. Elle était placée sous le thème international: «Parler sans crainte, assurer la libertés d'expression dans tous les médias». Au Cameroun, il a été repris au Cameroun sous la thématique: «Des médias nationaux libres et responsables, leviers de croissance et acteurs du développement, pour un Cameroun émergent à l'horizon 2035».

Des journalistes face à des professeurs

Issa Tchiroma Bakary, le Ministre de la Communication a opéré la veille au lancement de cette 20ème édition à Douala. Il avait à ses côtés Etienne Ngbwa, le Secrétaire Général de la Région au Littoral, venu représenter le Gouverneur, Elie Bessinga, le représentant du Préfet du Wouri et Jean Louis Mandenguè II, suppléant le Délégué du Gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Douala.

Amadou Vamoulké, le Directeur général de la Cameroon Radio and Television (CRTV), Albert Mbida, Inspecteur général au Ministère de la Communication, le Pr. Léopold Donfack Sonkeng, Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques à l’Université de Douala, le Pr Manassé Aboya Endong, vice-Doyen du même établissement, Séverin Tchounkeu, Directeur de publication et patron d'une chaîne de télévision, ainsi que Norbert Eloundou Engama, le représentant d'une société brassicole de la place constituaient le panel circonstanciel. Face à de nombreux journalistes et professionnels des médias, le discours de bienvenue a été lu par Jean Louis Mandenguè II.

Ce dernier s'est réjoui du choix de la ville de Douala pour le lancement des activités relatives à cette journée. Alain Blaise Batongue, actuel Secrétaire exécutif du Groupement Inter patronal du Cameroun (GICAM) est ensuite monté à la tribune. L'ex-Directeur de publication, dans son discours, a pour sa part jugé inacceptable qu'un journaliste soit traqué à la suite de ses propos ou de ses écrits. Il a toutefois lancé un appel à la cessation des dérives et manquements qui, dit-il, n'honorent pas la profession.

Le sujet surprise du putsch manqué du 6 avril 1984

Quant au Ministre de la Communication, on retiendra de son intervention que la redevance de citoyenneté incombait aux médias, mais rassure-t-il, le Gouvernement jouera sa partition. Pour ce faire, Issa Tchiroma Bakary a annoncé d'emblée la mise en œuvre, sous instruction du Premier Ministre, des recommandations et résolutions issues des états généraux de la communication de décembre 2012.

Il a de même promis l'approvisionnement d'un compte d'affectation spéciale d'aide à la presse: «Il est grand temps que nos médias passent du statut d'organes de presse à celui d'entreprises de presse». Mais dans une improvisation, Issa Tchiroma Bakary est revenu sur son incarcération suite au putsch manqué du 6 avril 1984 et sa reconversion comme allié indéfectible de ses bourreaux: «J'ai fait la prison dans ce pays pendant 7 années, mais j'accepte néanmoins de servir ce régime», a-t-il déclaré. A la suite du Ministre de la Communication, une conférence-débat, animée par Sévérin Tchounkeu, Amadou Vamoulké, Norbert Eloundou Engame et les Prs. Manassé Aboya, Albert Mbida et Léopold Donfack, a sanctionné la cérémonie de lancement.

Des thèmes sur l'indépendance éditoriale ou encore sur le rôle du journaliste et de l'entreprise de presse dans la guerre de la communication ont été abordés. La suite ces festivités prévoyait la remise du prix national de la liberté de la presse pour la paix, l'unité et le développement, 2ème édition du genre, puis la visite à Yaoundé du salon des arts et métiers de la communication et d'autres activités y relatives.

© G.S | Ouest Littoral

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