CAMEROUN / Henri Eyebe Ayissi – Ndong Soumhet : La guerre fratricide continue…

Chronique d’un pugilat au tour d’un leadership querellé qui met aux prises le ministre délégué à la présidence de la République chargé du Contrôle supérieur de l’Etat et le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Éducation de base, pas moins Conseiller du secrétaire général du Comité central du Rdpc, parti au pouvoir.

Rien ne va, définitivement plus, entre Henri Eyebe Ayissi et Benoît Ndong Soumhet. Alors que l’opinion croyait la hache de guerre enterrée et que le ministre délégué à la présidence de la République en charge du Contrôle supérieur de l’Etat et le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education de base, ont fumé le calumet de la paix, une autre étincelle vient de raviver la flamme de la discorde entre les deux personnalités de la République, pas moins membres de l’élite de la Lékié.

Le dernier épisode du feuilleton conflictuel Eyebe Ayissi – Ndong Soumhet, s’est tourné lundi 27 juillet 2015 alors que des cadres de la République et autres élites de la Lékié ont été associés à une mission du président de la République, Paul Biya, visant à désamorcer la bombe sociale que constitue la question des indemnisations des riverains du chantier de l’autoroute Douala – Yaoundé avec à la clé, la colère des populations à l’origine du blocage des travaux.

Selon nos confrères de Mutations dans la livraison du mardi 28 juillet 2015 les deux caïmans du marigot politique de la Lékié se sont crêpé le chignon en se livrant à un spectacle hideux par une dispute publique au sujet du chef de la délégation officielle devant présider la cérémonie. Ndong Soumhet selon nos confrères aurait traité son «frère du village» d’ «imposteur » après que le secrétaire d’Etat au Minedub a été annoncé dans le théâtre de l’évènement. Les deux membres du gouvernement ont été sur ces entrefaites invités à la négociation sous la férule des autorités administratives et les autres membres de l’élite. Au finish, c’est le sénateur Jean Marie Mama qui dirige les travaux initiés dans l’optique d’apaiser les cœurs enflés par des frustrations.

Sortie épistolaire

31 août 2014. Eyebe Ayissi, convoque une réunion, sans concertation préalable des autres pontes du régime du département dont il est originaire, visant à collecter des subsides en guise d’effort de guerre volontaire de la Lékié dans la bataille contre la secte islamiste Boko Haram. Précisément pour soutenir les forces de défense nationale et les victimes des assauts meurtriers des fous de Dieu à l’Extrême-nord.

L’initiative est mal perçue par son désormais «rival» Ndong Soumhet qui dégaine. Et pan !...13 février 2015. Le secrétaire d’Etat à l’Education de base, commet un pamphlet intitulé «mon opinion sur l’activité sociopolitique dans la Lekié ces derniers temps» à l’adresse du ministre délégué chargé du Consupe avec ampliations au président national du Rdpc, au Sg du Comité central, au préfet de la Lekié, aux parlementaires et présidents des bureaux de section Rdpc de la localité.

L’ex-Dg de l’Enam fait savoir via cette sortie épistolaire épicée qu’ au cours d’une réunion tenue le 19 août 2014, il a fait connaître à son cher «frère» et «camarade», «sa différence de vue sur ses méthodes de travail qui tendent à ravaler les autres responsables, notables et élites politiques de la Lekié au rang de simples exécutants des stratégies et actions dont il est le seul concepteur». A en croire Ndong Soumhet, Eyebe Ayissi avait alors «admis devant tous les participants [à cette réunion] la véracité de [ses] propos», avant de concéder «devoir désormais en tenir compte».

A l’épreuve des faits, le secrétaire d’Etat auprès du Minedub est plutôt indigné : « il n’en est rien. Vous persistez dans votre option autocratique, ce qui ne va pas, il faut le dire sans maladresse : revendication de responsabilités politiques non fondée (…), dérives extrémistes dans la formulation de ce qui est censé être la position politique de la Lekié sur certains sujets (…), « effort de guerre politique et volontaire de la Lekié contre Boko Haram » convoqué à la hussarde à Monatélé le 1er février dernier», écrit le conseiller auprès du Sg du comité central du Rdpc. Dans la foulée le manque de concertation, débouche sur la collecte de «huit misérables petits millions dont une bonne partie sous forme de promesses [dans le cadre de l’opération coup de cœur lancé le 1er février] alors qu’une Lekié concertée, unie et rassemblée pour une cause si noble, peut faire dix fois plus» constate Ndong Soumhet qui n’est pas passé par quatre chemins pour mettre le feu aux poudres et alimenter la volée de bois vert contre Eyebe Ayissi, à qui il est reproché un «militantisme débordant» teinté d’un zeste de nombrilisme» qui ravale les autres thuriféraires du Rdpc de la Lékié en seconde zone. Le juge arbitre qu’est le président de la République va-t-il continuer à laisser deux barons de son gouvernement se déchirer sur la place publique ? Le silence présidentiel sur la question ne prête guère à l’optimisme.

© Le Messager : Alain NJIPOU
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