CAMEROUN - HABILLEMENT DE JEUNES FILLES : LE COUP DE GUEULE D'HENRIETTE EKWÉ

Henriette ekwe080311300La chroniqueuse Henriette Ekwé s'est autorisée une sortie musclée hier sur «Equinoxe Tv» contre les ministres Ama Tutu Muna, Marie Thérèse Abena, Jules Doret Ndongo et Issa Tchiroma Bakary.

Lorsque Henriette Ekwé se présente hier sur le petit écran aux alentours de 7h30 pour sa chronique quotidienne sur la chaîne de télévision de Sévérin Tchounkeu «Equinoxe Tv», ceux qui connaissent cette brave dame depuis qu'en compagnie de Maitre Yondo Black, Anicet Ekanè, elle a poussé le pouvoir à instaurer le pluralisme dans ce pays savent qu'il y a quelque chose qui ne va pas.

L'ancienne prisonnière politique de Paul Biya n'est pas dans un «bon jour». Les «initiés» savent que ce qu'elle va dire ce matin ne va pas faire plaisir à tout le monde. Dès qu'elle ouvre la bouche, les mots claquent comme les balles sorties d'un pistolet automatique.

Les ministres Ama Tutu Muna, Marie Thérèse Abena, Jules Doret Ndongo, Issa Tchiroma et leurs supporters ont certainement entendu leurs oreilles siffler.

Tout cela pour une affaire d'habillement de jeunes filles

La célèbre chroniqueuse, habillée pour la circonstance en pantalon, n'est pas passée par quatre chemins pour s'étonner que dans un pays où les femmes ont tant de problèmes, quatre ministres du gouvernement organisent une conférence de presse pour disserter sur les tenues que porte la jeunesse féminine camerounaise.

«Ils n'ont rien à faire»? A-t-elle martelé avant de continuer en affirmant qu'il s'agissait d'un faux problème. En politicienne expérimentée, elle a rappelé comment il y a plus d'une trentaine d’années, un Inspecteur fédéral (ancêtre du gouverneur) avait essayé d'interdire sans succès aux jeunes filles du Littoral le port des pantalons dans des lieux publics.

Elle s'est inquiétée du fait que face aux problèmes que subit la femme camerounaise (viol, harcèlement, contraception mal maîtrisée...), le gouvernement ferme les yeux pour venir s'occuper des futilités. Elle est revenue à plusieurs reprises sur le nombre impressionnant des ministres présents à cette conférence de presse pour reposer cette question: «ils n'ont rien à faire» ?

Tout au long de cette intervention qu'elle a elle-même qualifiée de «coup de gueule», elle a martelé cette évidence: les jeunes filles camerounais s'habillent comme toutes les jeunes filles dans le monde et continueront à le faire

Comment aurait-elle réagit si elle avait lu auparavant le «grand quotidien national»? «Cameroon Tribune» dans lequel pas moins de 5 pages étaient réservées à cet «important sujet».

La présence suspecte d'Issa Tchiroma Bakary

Si l'on peut comprendre que les deux ministres de sexe féminin relativement âgés soient «jalouses» du spectacle offert où «l'art primitif» se dévoile gratuitement devant les yeux intéressés des camerounais, comment comprendre que deux hommes, qui n'ont rien de «moine» aient été embarqués dans une telle «galère» ?

Plus sérieusement, comment des Ministres qu'on ne voit jamais en première ligne lorsqu'une femme camerounaise est victime d'une injustice peuvent-ils venir en nombre au cours d'une conférence de presse indiquer leur volonté de lutter contre ce qu'ils ont appelés, non sans rire, habillement indécent de la jeune fille camerounaise? Plus grave, on a entendu les mêmes «imbécilités» comme lorsque la Ministre Abena, voulant faire croire que le Président Paul Biya avait une politique sociale, a indiqué agir selon cette dernière.

Décidément le gouvernement de Paul Biya rame toujours à contre-courant. Comme dans l'affaire de mototaxis, on n'a laissé un phénomène se développer au-delà de l'acceptable et on veut engager une bataille perdue d'avance.

L'enlèvement de l'enfant de la jeune Vanessa Tchatchou n'a été que l'occasion pour le Ministre Issa Tchiroma Bakary de se moquer une fois de plus des gens en donnant le lieu où reposerait la sépulture de cet enfant dont curieusement le sexe était différent de l'enfant réellement «volé».

Mais le ministre Tchiroma ne fait jamais rien pour rien. On peut d'ailleurs s'étonner de sa présence dans tous les mauvais coups. Personne ne nous empêchera de penser que l'imminence d'un remaniement gouvernemental a poussé ce dernier à sortir du bois pour rappeler au «faiseur de Rois» qu'il était prêt à mouiller le maillot même au poste de Ministre de la condition féminine. A moins qu'ayant fait du parking de son ministère une «mosquée réveillée», il ne milite désormais pour l'obligation du port du «tchador» à la femme camerounaise, faisant ainsi le lit de la secte «Boko Haram».

© Ouest Littoral : BENJAMIN ZEBAZE

Commentaires (2)

1. kengne 27/11/2013

Je pense que le gouvernement essaie effectivement de rattraper le lièvre dans une course perdue d'avance. personne ne peut être content de voir sa sœur ou sa mère dans une tenue légère; mais la solution n'est pas là!
la solution est: Quelle éducation offrons nous aux jeunes camerounais? lorsque l'école sensé être gratuite coûte de plus en plus chère, quand l’État refuse de subventionner les institutions privées? cette application sélective de la formation du jeune citoyen conduit inéluctablement à une auto-éducation. les parents dans leur recherche effréné du pain quotidien n'ont ni le temps, ni les moyens de s'occuper de la formation de leur progéniture. les pauvres jeunes abandonnés à eux même, s'éduquent comme ils peuvent (voisins du quartier, séries télévisées, camaraderies et autres...). le travail a faire pour ces ministres qui semblent avoir du temps à consacrer aux jeunes est d'étendre la formation de qualité offert à une partie des citoyens à tous les autres jeunes camerounais n'ayant pas les moyens de se l'offrir; ils devraient invente les moyens de suppléer le travail des parents en créant des cadres de suivi et d'accompagnement des jeunes.

2. kengne 27/11/2013

Je pense que le gouvernement essaie effectivement de rattraper le lièvre dans une course perdue d'avance. Personne ne peut être content de voir sa sœur ou sa mère dans une tenue légère; mais la solution n'est pas là!
La solution est: Quelle éducation offrons-nous aux jeunes camerounais? Comment est-il possible d'accompagner une salle de classe pléthorique? Lorsque l'école sensé être gratuite coûte de plus en plus chère, quand l’État refuse de subventionner les institutions privées? Cette application sélective de la formation du jeune citoyen conduit inéluctablement à une auto-éducation. Les parents dans leur recherche effréné du pain quotidien n'ont ni le temps, ni les moyens de s'occuper de la formation de leur progéniture. Les pauvres jeunes abandonnés à eux même, s'éduquent comme ils peuvent (voisins du quartier, séries télévisées, camaraderies et autres...). le travail a faire pour ces ministres qui semblent avoir du temps à consacrer aux jeunes est d'étendre la formation de qualité offert à une partie des citoyens à tous les autres jeunes camerounais n'ayant pas les moyens de se l'offrir; ils devraient invente les moyens de suppléer le travail des parents en créant des cadres de suivi et d'accompagnement des jeunes.

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Date de dernière mise à jour : 22/11/2013