Cameroun - Grève des Chinois : Plus de cent Camerounais au chômage

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Le mot d'ordre lancé à Douala pénalise les employés locaux de ces expatriés. Mardi dernier, les commerçants chinois de Douala ont rejoint leurs compatriotes de Yaoundé dans le mouvement de grève initié lundi

Cependant, ce mot d'ordre de suspension des activités commerciales, du 25 mars jusqu'au 31 avril, ne semble pas faire l'unanimité au sein de la communauté des ressortissants de l'empire du milieu résidant à Douala. « Ce sont les détaillants chinois qui ont fermé boutiques. Les magasins des grossistes chinois sont ouverts. Nous, détaillants et grossistes camerounais, nous nous y ravitaillons normalement », confirme Fabregas, un commerçant camerounais. Les marchandises de ce grossiste et détaillant sont exposés au quotidien au centre commercial chinois à Akwa, lieu-dit douche municipale. Les importateurs chinois, exploitants de grands magasins de stockage, continuent donc de dédouaner « normalement » les marchandises en provenance de Chine. Mercredi aux environs de 13h30, des manutentionnaires ont déchargé une remorque en provenance du port.

Le véhicule transportait des ballots de babouches de gommes. Les ballots déchargés sont entreposés dans les magasins situés derrière les boutiques, à l'arrière-plan des édifices de commerce. Pendant ce temps, les commerces de détaillants chinois situés le long des galeries à Akwa sont fermés. Les grévistes demandent aux autorités camerounaises de prendre des mesures pour assurer leur sécurité. La grève fait suite à l'assassinat de six Chinois entre janvier et mars 2013. Plus de 50 boutiques sont fermées. Chacune d'elle emploie au moins deux Camerounais. Il y a donc plus de cent Camerounais au chômage.

Monopole assuré

Nombre de commerçants camerounais établis à la douche municipale se ravitaillent dans des magasins et revendent leur marchandise sur place, soit en gros, soit en détail. Fabregas affirme qu'il ne ressent nullement l'impact de la grève initiée par les Chinois sur ses activités. Mercredi, il a acheté au moins cinq cartons de chaussures en plastique d'origine chinoise. Plus chanceux, les vendeurs de chaussures de cuir profitent de l'absence des Chinois pour écouler leur marchandise et ainsi tenir le monopole.

Abdoulaye se sent tout aussi comblé mais se demande s'il tiendrait le coup si les huit semaines de grève étaient observées. Pélagie, elle, crèvera, à coup sûr, quand elle aura écoulé les 14 paires de babouches exposées sur son étal (en temps ordinaire, son étal est plus achalandé). Elle regrette de n'avoir pas eu le temps de se ravitailler avant le début du débrayage. Mais ce n'est pas faute d'ouverture des magasins de stockage.

© Le Jour : Théodore Tchopa

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