CAMEROUN : GRÉGOIRE OWONA PARLE DU “PAGNE D’AMINA

gregoire-owona050610300-1.jpgMonsieur le Directeur, Comme vous savez, je suis un des fidèles lecteurs de votre journal, appréciant souvent l’impertinence de ton de vos collaborateurs nous rappelant quelquefois nos manquements ou nos fautes, malgré votre ligne éditoriale pas proche de mes convictions ni de ma vision de notre société camerounaise. Cependant j’ai été surpris et choqué par votre « Le pagne d’Amina », votre éditorial de mardi 10 septembre qui m’aura marqué par sa virulence, sa violence et la déformation des faits entre autres, l’ensemble enrobé dans une haine détestable.

 Je me suis demandé si l’on a le droit de profiter de la liberté dont jouit le Cameroun depuis trois décennies pour être si violent et brutal notamment envers « ces apparatchiks du parti au pouvoir » dont le péché est d’accueillir une Camerounaise qui vient librement militer dans un parti qu’elle a personnellement choisi à une époque où l’on n’est plus obligé de militer tous dans un seul et unique parti comme ce fût par le passé durant quelques décennies !

J’ai été aussi très choqué par la déformation de l’évidente réalité car vous informez votre lectorat que « la fille du Président Ahidjo est venue presque nue s’offrir au pouvoir avec qui sa famille entretient des relations plus que difficiles depuis plus de trente ans », oui « presque nue » dites vous en parlant de sa tenue vestimentaire et j’ai pensé qu’il était bon que je vous fasse tenir ci-jointes quelques photos de l’audience pour vos lecteurs. Merci de nous traiter de « voyeurs vicieux » que nous ne sommes cependant pas, tout « apparatchiks » que nous sommes. Aminatou n’est « brandie par personne comme un trophée de chasse » : c’est une dame qui fait son choix de vie, son choix politique et qui va certainement les assumer restant libre de le changer si elle le juge nécessaire comme chacun d’entre nous et comme d’autres avant elle. Merci de nous assimiler à des « animaux dans un documentaire animalier » !

Cette dame a choisi de revenir vivre dans le Cameroun de son enfance, sur la terre de ses ancêtres avec les senteurs de ses proches et l’environnement qu’elle apprécie et dont elle va essayer d’améliorer les conditions comme d’autres Camerounais avant elle. Je m’arrêterai donc seulement à vos injures, à votre violence et à votre sens de déformer la réalité car pour le fonds, c’est-à-dire essentiellement le retour des restes du Président AHIDJO ou la liberté pour celle que vous désignez par « Amina » de choisir son parti, nous y reviendrons plus tard peut-être car après tout ce que je vois et que je lis dans la presse, vous et moi ne savons probablement pas encore tout pour juger les uns et les autres.

Et d’ailleurs, pourquoi les jugerions-nous ? Et que fera l’histoire ? Que nous réservent les années à venir ? Acceptez qu’une adulte comme « Amina » puisse tracer sa voie et assumer ses choix sans nécessairement l’agresser ou l’injurier avec tant de violence comme vous le faites : je pensais que l’époque de la violence est derrière nous, on ne règle plus les conflits (quand il y en a) et les problèmes par la violence et la force. Vous pouvez critiquer, vous en avez peut-être même le devoir par votre profession, mais de grâce, puissiez-vous tourner le dos à la violence !  

Puissiez-vous aider à éradiquer l’injure ? Peut-on librement adhérer à un parti sans être traité de maudit ? Je voudrais vous dire enfin que l’argent ne conditionne pas tout, il est temps d’abandonner cette vision de la politique, où on achète tout, où tout peut se vendre : il n’y a pas eu de « contrat laissant de quoi vêtir un peu mieux Aminatou », elle était bien habillée, élégante dans son uniforme du parti avec la décence des filles de la bonne éducation que lui ont donné ses parents. Il n’y a pas eu de marchandage. Aidez-moi à croire et à rêver que la politique et le journalisme peuvent faire la promotion d’autres choses que de la violence !

 D’autres langages que ceux des injures acerbes ! Puissiez-vous dire aux hommes et aux femmes politiques de se regarder avant de parler ou avant de prendre leurs plumes et leur micro ! Nous avons besoin de construire ensemble une République exemplaire dont nous sommes encore éloignés ! Aidez-moi à rêver que la politique et le journalisme peuvent faire la promotion des grandes idées et des grandes et dignes actions. Sortons de cette démocratie d’exclusion pour définitivement épouser les débats contradictoires dans la convivialité et le respect de tous et de chacun ! Débattons sans combattre comme nous y invite le Président Paul BIYA : qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il tient le bon cap pour ce Cameroun où il devra toujours faire bon vivre.

© Via Le Jour : Grégoire Owona

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau