Cameroun - Gouvernance: Des salaires fictifs à la Fonction publique

 

Plus de 6000 fonctionnaires en désertion perçoivent indûment l’argent de l’Etat.Ils ont été recrutés normalement au sein de l’administration camerounaise et portent des matricules. Mais certains ont voyagé pour l’Europe, d’autres ont intégré les secteurs d’activités les plus rentables et bénéficient de la complicité de leurs patrons directs pour toucher leurs salaires

Cameroun - Gouvernance: Des salaires fictifs à la Fonction publique

 En effet, depuis la création de la Commission de la Reforme administrative en passant par l’Opération Antilope, le Sigipes et la traque des fonctionnaires fictifs, les efforts déployés par le gouvernement pour assainir le fichier solde de l’Etat sont visibles. Les fonctionnaires véreux causent chaque année un manque à gagner au trésor public d’un montant estimé à plus de 300 milliards de Fcfa. La Fonction publique est gangrenée par les fléaux de toute sorte : le faux et usage de faux, faux en écriture authentique, des faux matricules soldes, les faux arrêtés et décisions, les faux avancements en grade et reclassement, les rappels frauduleux, les primes de toute sorte, le tout couronné par l’abandon total des postes de travail. Au sein de toutes les administrations, on observe des effectifs pléthoriques des agents affectés et ayant pris le service, alors que sur le terrain, leurs absences sont remarquées.
Certains s’octroient les faux certificats d’invalidité et d’indisponibilité alors qu’ils vaquent tranquillement à d’autres occupations. A la fin du mois, ils sont les premiers à s’aligner devant les banques pour percevoir les salaires. Dans cette mafia dont les caisses de l’Etat paient le lourd tribut, les délégués, les directeurs et les chefs de services sont pointés du doigt pour protéger les fraudeurs parce qu’ils recevraient un reversement de 30% du salaire indûment perçu. Comment le ministère de la Fonction publique et de la Reforme administrative compte relancer une opération d’assainissement du fichier solde dans ce contexte de complicités et de tractations mafieuses ?

Des exemples
Rose B., inspecteur de police de la promotion espoir en 2000, a eu la chance de voyager pour l’Italie après deux années de correspondance avec son blanc. Partie du Cameroun depuis 2009, son petit frère touche normalement son salaire par procuration et reverse une partie à son patron. A Bertoua, une enseignante du primaire intégrée depuis 2001, fait dans l’import – export au Bénin, Togo et Côte d’Ivoire. Son salaire passe normalement alors qu’elle a abandonné les salles de classe grâce à sa relation de concubinage avec un délégué. A Ebolowa, une enseignante, elle aussi, régulièrement intégrée exerce au Gabon dans une école privée pendant qu’elle perçoit son salaire au Cameroun sous la protection des réseaux à la perception d’Ebolowa.
Un zoom sur la vague de 25.000 recrutés de la Fonction publique en 2011, permet de comprendre que cette situation est si grave et alarmante. Plusieurs ont boycotté les services pendant des mois avec le quitus de leurs hiérarchies respectives pour des raisons immorales pendant que d’autres Camerounais recherchent vainement un emploi.

J.L.E

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