Cameroun - Fronde : L’Ouest veut la présidence du Sénat

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Des maires Rdpc pensent que c'est la seule manière de mettre fin au malaise suscité par la disqualification de leur liste aux sénatoriales.

Sur le chemin des futures élections à la chambre haute du Parlement, les élus Rdpc de l'Ouest embarrassent la hiérarchie de leur parti. Depuis l'ouverture de la campagne électorale, les réunions se succèdent. Mardi, 2 avril 2013, une trentaine de maires et d'adjoints s'est réunie au domicile de Victor Fotso, le président des Communes et villes unies du Cameroun pour l'Ouest, pour évaluer les conséquences de la disqualification de leur liste. Au sortir du conclave, ils ont transmis une motion de soutien à Paul Biya, signée de 32 personnalités, dans laquelle ils mentionnent le « choc » qu'a suscité la disqualification de leur région.

Le vendredi 5 avril, ils se sont retrouvés autour d'Ibrahim Mbombo Njoya. Hier, 8 avril 2013, Grégoire Owona, le Sg adjoint du comité central, a rencontré l'ensemble des 788 conseillers municipaux Rdpc, les présidents de section et des élites de l'Ouest à la maison du parti de Bafoussam. Il n'a donné aucune consigne de vote. « Chacun doit voter selon sa conscience », a-t-il précisé. Pour autant, beaucoup continuent de dire qu'ils exprimeront leur mécontentement par un vote de protestation.

Vote blanc

Si cette tendance se confirmait, l'Udc est bien partie pour remporter le scrutin, avec ses 220 conseillers, tous issus du Noun. En face, Ibrahim Mbombo Njoya, le sultan-roi des Bamoun, ne voit pas d'un bon oeil ce succès du parti d'Adamou Ndam Njoya. « Il vaut mieux pour nous que le Sdf l'emporte », révèle un apparatchik du Rdpc dans le Noun. Or, le Sdf ne compte que 112 potentiels électeurs. « C'est la débandade. On attend toujours de comprendre ce qui se passe. La disqualification de notre liste a annulé le travail que nous faisons sur le terrain depuis 20 ans », s'étrangle ce maire proche de Victor Fotso.

Pour un autre maire en vue, les conseillers Rdpc n'ont pas à être convaincus. « Nous sommes tous membres d'un parti qui n'a de plate-forme de gouvernement ni avec l'Udc, ni avec le Sdf. Par conséquent, un militant responsable ne devrait pas hésiter à voter blanc », tranche-t-il. Restent les querelles au sein des conseils municipaux pour résoudre cette délicate question. Pour être rassurés, ils disent attendre des signes forts du président de la République. « Nous avons demandé des compensations.

L'Ouest n'a aucune personnalité à la tête des différents pouvoirs qui constituent l'Etat. Pour nous montrer qu'on ne nous force pas à la marginalisation, le président du Sénat doit sortir des futurs sénateurs à nommer chez nous», exige un maire du Haut Nkam. Pour sa part, Etienne Sonkin, candidat du Sdf à ces élections, dit observer les « gesticulations » du Rdpc avec sérénité. Il annonce un meeting public le jeudi 11 avril 2013 à la place des fêtes de Dschang.

© Le Jour : Franklin Kamtche

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