Cameroun/France - Vincent Hugeux: Un apprenti-sorcier aux trousses de Chantal Biya

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Dans un livre paru en mars 2014, le journaliste français, Vincent Hugeux, peint en noir la Première dame du Cameroun, Chantal Biya. E-Mail Imprimer Réagir Bookmark and Share Essai caricaturiste, pamphlet sarcastique ou injures à peine voilées de la part d'un arrière-petit-fils de colonisateur français à l'attention des très chers colonisés d'Afrique. Ainsi pourrait-on présenter aussi sommairement qu'analytiquement la dernière livraison littéraire de Vincent Hugeux, qui a tenu à nous servir une peinture épique, salée mais déjà lue, entendue, voire servie sur commande par des apprentis sorciers, las de voir le Cameroun rester un pays stable. Notre «grand homme» de la presse française pense avoir trouvé quelque chose d'original en parlant sans détour du passé-présent de la Première dame camerounaise, tout en prenant soin d'inscrire son histoire au rang d'une épopée légendaire. Cependant, ce qui chagrine dans cette redondance aux allures d'un disque rayé, ce n'est pas tant la publication du livre dont la prétention est de tutoyer celle que chérit le peuple camerounais, c'est davantage le reproche que l'on fait au-créateur divin d'avoir fait tourner la roue en faveur de Chantal Biya. 

Mais quel péché a donc commis Chantal Biya? Pourquoi certaines personnes se permettent-elles de se quereller avec Dieu? Pourquoi est-ce que le destin de Chantal Biya fait mal, au point de susciter un article aux relents d'une missive ordurière ? Autant de questions qui taraudent les esprits des Camerounais depuis la parution en mars dernier du livre "Reines d'Afrique. Le roman vrai des premières dames", édition du journaliste français Vincent Hugeux. 

Dans un extrait tiré des pages 41 et 42 dudit ouvrage, le journaliste français vilipende la Première dame du Cameroun, Chantal Biya. Affichant alors son manque total de galanterie pour les dames. Pourtant les Français sont réputés être de vrais gentlemen. Pour certains analystes, le fait que le grand reporter de l'Express, un journal français, soit spécialiste de la politique internationale, notamment de l'Afrique et du Proche-Orient ne lui confère pas le droit d'insulter une femme, une dame, la Première darne du Cameroun. Le peuple camerounais ne peut appeler cela qu'un manque de respect pour lui et pour son chef de l'Etat, Paul Biya. Ce peuple pense que l'auteur de «Les sorciers blancs enquête sur les faux amis français de l'Afrique» (Fayard), est allé chercher loin alors qu'il a tout à côté de lui. 

Prenons l'exemple de la France dont il est issu. La situation matrimoniale du président français François Hollande ne gêne personne. Il a 4 enfants avec Ségolène Royal, actuelle ministre de l'Ecologie, mais ne l'a jamais épousé. Célibataire, il a gagné les élections présidentielles, devant des candidats qui faisaient preuve de puritanisme. A son accession à la magistrature suprême, il a entretenu publiquement une relation avec une consœur de Vincent Hugeux, la journaliste du magazine Paris Match, Valérie Trierweiller que les Américains ont appelé «la first girl». Actuellement, l'on ne sait pas qui, partage la vie intime de François Hollande. Est-ce pour autant qu'il est moins président que ses prédécesseurs? 

Dame au grand cœur 

De nombreux lecteurs se demandent alors quels genres d'enseignements Vincent Hugeux va-t-il donner à ses étudiants à l'École supérieure de journalisme de Lille et à l'Institut d'études politiques de Paris? Certainement pas des cours d'éthique, notion si chère au journalisme professionnel. 

Qu'apporte un tel ouvrage à l'humanité, à côté des plusieurs œuvres humanitaires de Chantal Biya? Ce n'est pas un hasard si elle a été érigée ambassadrice de bonne volonté de l'Unesco. Vincent Hugeux croit alors pourvoir démontrer que Chantal Biya n'est pas à sa place à coté de Paul Biya. Que non! Pour les observateurs avertis, c'est le fait que la Première dame du Cameroun ne soit pas issue de la haute extraction comme l'aurait certainement souhaité notre journaliste libelliste qui pose certainement problème à des personnes qui ont la maladie d'occupation. Qui de la high society aurait dû être à la place de Chantal Biya ? Nul ne peut répondre à cette question. Pour ces mêmes observateurs, la Première dame du Cameroun que les Camerounais appellent affectueusement «Mama Chantal Biya» est à la place qu'il faut. A travers ses œuvres innombrables: lutte contre le Vih/Sida et les Ist et autres pandémies à travers l'Ong Synergies Africaines contre le Sida et les souffrances, marraine de la Fondation Chantal Biya qui s'occupe de la mère et de l'enfant, promotrice du Centre international Chantal Biya sur la recherche sur le Sida pour ne citer que celles-là, la Première dame du Cameroun, bien qu'issue d'un milieu modeste déborde plutôt d'énergie sur le plan humanitaire. Pour de nombreux Camerounais en tout cas, les actes de Mama Chantal Biya prêchent en faveur de sa grandeur d'âme et de cœur. Qui dit mieux? C'est peut-être l'occasion de rappeler à notre ami qu'il est certainement mal informé sur l'amour que l'attachement que le peuple camerounais témoigne constamment à l'épouse de son président. 

A la question de savoir pourquoi un tel ouvrage ? Le promoteur du blog «l'Afrique en face», Vincent Hugeux répond «à force de voir dans le sillage aux côtés ou derrière leurs présidents de maris toutes ces femmes d'influence, quoiqu'elles en disent, j'ai été conduit à m'interroger sur la réalité et le mythe du pouvoir qu'on leur attribue. Je me suis dit que nous étions là au confluent du privé et de la chose publique et que, compte tenu des évolutions sociologiques des sociétés africaines et du rôle dévolu aux femmes, j'ai trouvé que c'était le bon moment pour ébaucher cette réflexion au travers d'une galerie de portraits». Du n'importe quoi. Et que dire de Michèle Obama auprès de son mari à tous les moments solennels de la vie politique américaine? Certains analystes pensent qu'au lieu d'essayer de peindre audacieusement et vulgairement ces Premières dames d'Afrique, Vincent Hugeux, aux yeux des Camerounais, aurait mieux fait de montrer justement que si certaines sociétés africaines ont évolué, c'est en partie grâce au rôle que jouent ces Premières dames dans leur société. Chantal Biya, la dame au grand cœur ne se contente pas seulement d'accompagner son illustre mari dans des voyages, des diners, etc... Elle contribue avec courage et dévotion aux cotés de Paul Biya, au bien-être du peuple camerounais.

© Eve Audrey Abona | La Nouvelle

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