Cameroun – Fours crématoires : La nouvelle technique de la Communauté urbaine de Douala pour déstocker les morgues

C’est parti pour l’installation d’un crematorium à Douala. Une commission de travail s’est penchée sur la question à la Communauté urbaine. Reportage de CAMERPOST jeudi le 28 janvier 2016.

D’après la Communauté urbaine de Douala ainsi que le Ministère de la Santé publique, il est question de réduire ou de mettre fin au phénomène des corps abandonnés dans les morgues des hôpitaux tant publics que privés. L’installation d’un crématorium a pour finalité d’incinérer des corps humains. C’est une activité délicate et pour la bonne marche du crématorium : « une commission d’études a été mise sur pied. L’activité dudit centre doit être encadrée. Il faut que toutes les modalités soient prises. Tout doit être fait en respectant les critères légaux en termes de santé publique et d’environnement », ont laissé entendre tous les acteurs concernés.

L’incinération des morts est une technique de destruction par le feu de plus en plus utilisée pour remplacer l’enterrement, la mise en terre du corps. On parle alors de crémation. Une technique beaucoup plus en vue dans les pays comme les Indes où elle revêt un caractère religieux. Le crématorium de Douala est annoncé au moment où les hôpitaux publics à l’instar de l’Hôpital Laquintinie, peinent à déstocker les morgues. On se souvient qu’en octobre 2015, plus de 150 corps avaient été abandonnés dans cette formation sanitaire. Au point où les responsables avaient multiplié des communiqués appelant les proches des personnes décédées à venir retirer les corps, faute de quoi, ils seraient remis au service municipal des pompes funèbres. L’hôpital Laquintinie dont le taux de fréquentation est le plus élevé de la ville de Douala, est de tout temps confronté à cette situation qui la contraint parfois à procéder à des inhumations dans les fosses communes.

Toutefois, d’aucuns ne partagent pas l’avis du Ministère de la Santé publique pour ce qui est de l’installation d’un crematorium. L’argument avancé est lié au culte sacré des crânes. « Dans les traditions spirituelles bamiléké pour ne citer que ce cas, l’incinération n’est pas tellement prise en compte car c’est rechercher le moindre coût, le moins de complications, le plus facile et le non-respect des us et coutumes », soutiennent des observateurs avertis. Une autre frange d’experts sur les questions environnementales pense que la réalisation d’un tel projet pose un réel problème anthropologique qui aurait nécessité un débat social et sociétal plus approfondi. Comment seront manipulées les poudres générées par les incinérations des corps ? Comment doit-on gérer la population sur le plan environnemental ou sur l’aspect pollution ? Ce sont-là quelques questions qui taraudent les esprits.

© CAMERPOST par Linda Mbiapa

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