Cameroun: Face au Corps Diplomatique, Paul Biya condamne l’attentat de Paris et ignore la menace vidéo de Boko Haram

«Je condamne avec force cet acte odieux des adeptes de la violence et de la terreur». Le salon des Ambassadeurs du Palais de l’Unité à Yaoundé, a abrité ce jeudi 8 janvier 2015, en fin de matinée, la cérémonie de présentation des Vœux de nouvel An 2015 au Chef de l’Etat camerounais par les membres du Corps Diplomatiques.

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Installation des convives, arrivée de Paul Biya, discours, poignées de mains, séance photos souvenirs et cocktail sont les différentes articulations de cet événement annuel qui a duré moins de 2 heures. Pendant le temps des allocutions, le premier à prendre la parole pendant une quinzaine de minutes, a été Malik Toufik, l’Ambassadeur d’Algérie au Cameroun et doyen du corps diplomatique. Celui qui est arrivé ce mois de janvier en fin de séjour au pays des Lions indomptables, a évoqué au nom de ses pairs, les dernières élections, la lutte contre la corruption et surtout l’insécurité qui menace la paix au Cameroun. «Le contexte mondial d’insécurité et de violence, a eu son ascendant sur la sous région. Et l’année 2014 a été malheureusement celle de l’acharnement aveugle, d’un terrorisme abjecte sur le Cameroun dans sa partie septentrionale. A l’agression et aux assauts de la secte sans foi ni loi de Boko Haram, sont venus s’ajouter les enlèvements de paisibles citoyens et innocents ressortissants étrangers. Je voudrai relever ici, au nom de mes pairs du corps diplomatique, que dans ce combat, le Cameroun a agi avec responsabilité et détermination…

Nous nous réjouissons de cette mobilisation et de votre engagement sans cesse renouvelé à mener une lute implacable contre le terrorisme. Une lutte dans laquelle le Cameroun ne devrait pas se sentir seul. Car, le terrorisme lui, est global, ne connaissant pas de frontière et exige ainsi, une solidarité et une riposte tout aussi global » a déclaré Malik Toufik. Le diplomate a aussi rendu hommage au Cameroun pour son comportement face à la guerre civile qui sévit chez le voisin, la République centrafricaine. « Le Cameroun a beaucoup fait tant pour l’apaisement de la situation dans ce pays que dans la réponse humanitaire en évitant notamment de fermer sa frontière et en accueillant le plus gros flux de réfugiés centrafricains dans la région». Paul Biya, le chef de l’Etat a conclu cette phase avec une allocution qui a duré une vingtaine de minutes. Son discours s’est appesanti sur deux grands sujets, à savoir l’économie et la sécurité. « Si on s’en tient uniquement à la multiplication des foyers de tension ou de conflit armé, on serait tenté de dire que 2014 n’a pas été une bonne année. En revanche, on ne peut pas ne pas reconnaitre que l’économie mondiale a manifesté des signes de reprise dans certaines régions de la planètes » a-t-il relevé avant d’embrayer sur l’insécurité, la principale préoccupation de l’heure.

« Dans mon dernier message à la nation il y a quelques jours, j’ai eu l’occasion de parler de l’intensification des attaques de Boko Haram contre le Nord de mon pays et de la façon dont nous avons réagi… je voudrais aujourd’hui insister sur le caractère global de la menace dont nous sommes l’objet. Ceux qui ont tenté d’asservir le Mali, ceux qui s’empennent périodiquement à notre territoire national, ceux qui probablement font influencer certaines factions en Centrafrique, et ceux qui ont crée le chaos en Somalie, poursuivent le même objectif : établir leur pouvoir sur la bande sahélienne, de l’atlantique à l’océan indien, et y installer leur régime obscurantiste et impitoyable.

A menace globale, la riposte globale. Telle devrait être la réponse de la communauté internationale» a fait savoir le chef de l’Etat camerounais. Il a conclu ses propos en évoquant l’attentat qui a fait hier au moins 12 morts dans les locaux du Journal « Charli Hebdo » à Paris, la capitale de la France. «L’attentat hier à Paris contre un organe de presse montre bien jusqu’où peut aller le fanatisme. Je condamne avec force cet acte odieux des adeptes de la violence et de la terreur». Durant son discours qui a duré une vingtaine de minutes, Paul Biya a ignoré les menaces proférées à son endroit lundi dernier par Abubakar Shekau, le leader de la secte islamiste nigériane Boko haram.

© Adeline ATANGANA | Cameroon-Info.Net

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