Cameroun - Entreprises: André Siaka nommé président d'Ecobank

 L’Adg des Brasseries du Cameroun assure l’intérim du Nigérian Kolapo Lawson, démissionnaire. La principale décision du conseil d'administration d'Ecobank qui s'est tenu mardi dernier à Accra au Ghana porte André Siaka au poste de président du conseil d'administration de la première banque panafricaine avec ses filiales dans 34 pays du continent.

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L'Administrateur Directeur Général des Brasseries du Cameroun, qui se retirera en janvier prochain, remplace Kolapo Lawson, homme d'affaires nigérian, fils d'un des fondateurs du groupe bancaire panafricain, en poste depuis 2009. Celui-ci a déposé sa démission acceptée par les administrateurs qui se sont accordés sur la personne d'André Siaka. Ouverture internationale Selon les informations du Jour, le Camerounais a reçu pour mission d'accompagner tous les audits (audit de gestion, audit moral, audit de plan de gestion) confiés à des cabinets internationaux qui s'y emploient actuellement, il devra aussi assurer la fonction de représentation de l'institution.

Le poste de président d'Ecobank (Chairman) est en effet loin d'être une simple fonction honorifique confinant à l'inauguration de chrysanthèmes, c'est une position de prestige donnant une ouverture panafricaine et internationale. André Siaka s'est vu confier un mandat renouvelable qui devrait durer le temps des audits. L'agenda de la banque prévoit, au terme de ceux-ci, l'élection d'un président et la nomination d'un Directeur général, poste actuellement occupé par Thierry Tanoh. André Siaka arrive à la présidence d'Ecobank au moment où celle-ci traverse une crise grave marquée par un conflit plus ou moins larvé entre le conseil d'administration et le management.

Jeune Afrique y a récemment consacré un dossier suivant en cela le quotidien économique britannique Financial Times, qui a publié des courriers confidentiels montrant le rôle trouble de certains actionnaires, une vive tension au plus haut niveau de la banque et une lutte de pouvoir dévastatrice avec des accusations de gestion peu exemplaire, de conflits d'intérêts... Cette situation décrite comme explosive, donne à la mission du Camerounais un caractère urgent afin de rétablir rapidement la sérénité et de sauvegarder l'image d'Ecobank. Quatre ans vice-président A-t-il le profil de l'emploi? M. Siaka, polytechnicien de 64 ans, connaît bien cette banque et les hommes chargés de son management. Jusqu'à sa nomination mardi dernier, il en était le vice-président.

Un poste qu'il a occupé pendant quatre ans. Il est aussi administrateur non exécutif d'Ecobank depuis sept ans. Autre atout, il a intégré le conseil d'administration du groupe non pas comme représentant d'intérêts, mais comme plénipotentiaire de la sous-région Afrique centrale, choisi pour sa compétence et son aura. A cela s'ajoute sa longue expérience de manager au niveau national: 25 ans à la tête de la Société anonyme des brasseries du Cameroun (Sabc), leader de la bière et des eaux embouteillées au Cameroun, 15 ans à la tête du Gicam, groupement patronal du Cameroun.

"Les transitions non maîtrisées peuvent créer des remous", confiait-il récemment à notre confrère Jeune Afrique, faisant allusion à la "crise de croissance et [à la] transition difficile" qui ébranlent Ecobank. Un diagnostic éclairé qui lui permettra sans doute de s'attaquer, au plus vite, au mal de la banque. Mais ce nouveau challenge lui laissera-t-il du temps pour un projet personnel arrivé à maturation, la création d'une société de Btp dénommée Routes d'Afrique (Routdaf)? «C'est un engagement important au niveau international qui va me donner de l'ouverture. Mais ce n'est pas la première fois que je fais face à plusieurs engagements. Ça va se gérer», assure-t-il.

© Claude Tadjon | Le Jour

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Date de dernière mise à jour : 31/10/2013