CAMEROUN - ENLÈVEMENT : ONDES DE CHOC DANS L'EXTRÊME-NORD

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La région a connu un branle-bas inhabituel et les mesures de sécurité ont été renforcées.

C’est une journée mouvementée que les autorités administratives et celles en charge de la sécurité ont passée hier. Les mesures de sécurité qui ont été renforcées depuis le mois de décembre dernier sur toute l’étendue de la région ont été encore plus durcies. Avec une forte présence policière et des gendarmes dans divers artères de la ville de Maroua très tôt le matin. Les militaires sont également mis à contribution pour renforcer la sécurité à travers des patrouilles dans les principaux quartiers populaires à l’instar de Dougoye, Domayo ou encore Pitoaré. Les contrôles de la police et de la gendarmerie se sont aussi multipliés et intensifiés sur l’axe Maroua-Kousseri où tous les engins à deux roues et les véhicules étaient systématiquement passés au peigne fin. On pouvait aussi entendre le vrombissement des hélicoptères de l’armée camerounaise qui étaient mis à contribution.

Les casernes militaires et les postes de police ont été vidés de leurs éléments qui sont en état d’alerte maximale et patrouillent un peu partout à pied et en voiture. Une réunion de sécurité a tenu en haleine tout le gotha administratif et les responsables des forces de sécurité et de maintien de l’ordre. Ordre a été donné par le gouverneur Awa Fonka Augustine de redoubler de vigilance et de signaler toute présence suspecte aux autorités en charge de la sécurité. Un dispositif particulier d’éléments du Bir a été posté tout autour et à l’intérieur du parc de Waza.

Rapatriement

Ce matin à l’aéroport de Maroua-Salak où nous sommes rendus, il n’y avait pas de départs massifs de Français résidant dans la région. Parce que d’abord, ils ne sont pas si nombreux qu’on ne le pense. Une enseignante à l’école française les Boukarous de Maroua nous a confié que tous les Français résidant dans la région sont en stand by et attendent le signal de Paris pour les modalités pratiques de départ au cas où cette mesurer s’avérerait nécessaire. Même ceux qui avaient envisagé des déplacements bien avant ces événements malheureux les ont reportés. Les ressortissants français préfèrent se faire plus discrets Il faut aussi signaler que tous les établissements hôteliers hébergeant des Français sont désormais gardés par des policiers et ceux qui effectuent de quelconques déplacements dans la ville sont systématiquement escortés.

C’est dans cette ambiance de peur et psychose que les populations ont passé la journée, les oreilles scotchées à leur transistor pour écouter surtout Radio France internationale, très suivie ces derniers jours sur l’étendue de la région. Jusque tard hier en soirée, aucune information n’a filtré sur le sort des otages français. C’est la piste de la secte Boko Haram qui est pointée du doigt en raison de la similitude de leur mode opératoire. Ses membres utilisent des motos, plus propices pour passer entre les mailles d’une frontière essentiellement poreuse et se faufiler en toute quiétude. C'est une organisation islamiste extrêmement dure, qui généralement tue les otages, ne négocie pas et ne réclame pas de rançon. A la nette différence des «coupeurs de route» et des ravisseurs qui demandent des rançons ou des groupes islamistes qui oeuvrent dans le Nord du Mali.

© Mutations : JACQUES KALDAOUSSA

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