Cameroun - Enlèvement de 7 Français à Dabanga : Un ancien officier de police épingle des élites du grand Nord

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Chetima Hildoko qui se présente comme un « officier de police en repos mérité à Mora » a publié une correspondance interceptée par les autorités administratives et les services de sécurité.

Il indexe nommément Cavaye Yeguié Djibril, Amadou Ali, Hamadou Moustapha et bien d’autres élites politiques du Septentrion. Le 26 février dernier, une semaine après l’enlèvement de sept Français dans l’Extrême-Nord et, au lendemain de la publication d’une vidéo présumée des otages, une correspondance a été publiée sur Internet à l’adresse marafahamidou.blogspot.com. Cette correspondance explique « les raisons camerounaises du kidnapping des otages français ». Elle est alors signée de Chetima Hildoko qui se présente comme « officier de police en repos mérité à Mora ».

Selon lui, ce kidnapping s’explique essentiellement par « la faillite de l’Etat Camerounais », « la corruption de la hiérarchie militaire et la désorganisation des services de renseignements » et « le mensonge, la cupidité et l’égoïsme des élites politiques de l’Extrême-Nord ». Quelques jours plus tard, une version imprimée de cette correspondance commence à circuler parmi les autorités administratives et municipales. La preuve, le commissariat spécial de Diamaré va en recevoir copie le 6 mars 2013 si l’on en croit le cachet de ce commissariat visible sur la première page du document.

Intrigues

Même Chetima Hildoko s’en prend violemment au président de la République qui ne se déploie pas assez « en raison de son âge avancé et de l’usure de trente ans au pouvoir », c’est surtout à certains ressortissants et élites du Septentrion qu’il en veut. Il dénonce « une bande d’anciens policiers au service des hommes politiques » qui inonderaient la présidence de la République de « faux renseignements avec pour objectif, la mise en exergue de leur commanditaire ». Il dénonce aussi des jeunes « arrivistes » qui écument les services de renseignement pour présenter des rapports « qui ne sont rien d’autre que des ragots de chiens écrasés du quartier ».

« Les élites politiques de l’Extrême-Nord à l’instar des ministres Moustapha, Ali ou du président Cavaye Yeguie Djibril passent leur temps à mentir Biya en ne lui transmettant que les informations qu’il aime entendre » peut-on lire. Hamadou Moustapha est considéré comme celui qui passe son temps à écrire sur les élites du Grand-Nord pendant qu’Issa Tchiroma, « griot national », multiplie les manœuvres pour se blanchir des révélations sur son rôle présumé dans le scandale des indemnisations du crash d’un avion de la Camair. L’officier de police retraité s’étonne d’ailleurs de ce que Cavaye Yeguié et Amadou Ali aient « kidnappé le jeune Oumaté qui s’était autoproclamé rebelle pour le ramener à Paul Biya comme un trophée pour montrer votre loyauté et fidélité […] Pourquoi ne lui ramenez-vous les sept (07) otages français qui sont au Nigeria ? ».

Au-delà des problèmes soulevés par la correspondance, l’opportunité de sa publication est à questionner. En effet, elle survient au moment où des échéances électorales s’annoncent rudes dans la partie septentrionale. Ce qui laisse envisager la thèse d’une manipulation. En outre, l’incarcération de quelques barons du Septentrion pourrait ne pas être étrangère à cette sortie épistolaire. La preuve, le premier support dans lequel le texte a été publié est un blog dont la consonance rappelle une personnalité bien connue : marafahamidou.blogspo.com. Quoiqu’il en soit, cette sortie épistolaire démontre la persistance d’un malaise qui couve dans la région. Contacté, le commissaire spécial du Diamaré n’a pas souhaité en parler « au téléphone ».

© leseptentrion.net : Mohamadou Houmfa

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