CAMEROUN - ELECTIONS COMMUNALES : LA POLICE ET LA GENDARMERIE ENCERCLENT LA MAIRIE DE POUMA

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La guerre est désormais ouverte entre Yvette Yinda et François Soman. Deux candidats au poste du Maire appartenant à la même chapelle politique qu'est le Rassemblement Démocratique du peuple Camerounais (RDPC), le parti au pouvoir depuis des lustres. L'élection a été renvoyée à une date ultérieure.

M. David Ndjomo, le sous-préfet de l'arrondissement de Pouma, était obligé de prendre cette lourde décision non sans renforcer le dispositif sécuritaire autour de la mairie de Pouma.

Comme dans toute l'étendue du territoire camerounais, l'élection du maire et de ses adjoints était prévue ce mercredi 16 octobre 2013. Elle n'aura malheureusement pas lieu à Pouma parce que d'une part, le quorum n'a pu être atteint et d'autre part il y aurait une plainte contre le candidat François Soman pour corruption des électeurs. Une plainte aussi contre certains conseillers municipaux pour suspicion de corruption. Le temps d'instruire ces plaintes, l'administration a fait un renvoi sine die.

On reproche au Maire sortant, l'embastillement de 15 conseillers municipaux qu'il entend enrôler au forceps dans son camp. Il s'agit des conseillers Songna Emmanuel Alfred, Hell Philémon, Logmo Patrice, Biko Thomas, Boleba Jean Ebenezer, Tonye Jean de Matta, Ngo Ekele, Ngoué Jean Bosco, Maemle Crespin, Ngo Ndomb Marguerite, Yana-Yana Louis (ancien arbitre international ndlr), Ndjeng Alexis etc … Une plainte serait déposée contre ces derniers pour suspicion de corruption. Ils se sont laissés embastiller par le Maire sortant car depuis plusieurs jours, ils ne vivent plus dans la ville de Pouma mais plutôt à Douala dans les hôtels de luxe aux bons soins du Maire et de certaines élites Bikok et affidés agissant en sous-marin.

Ces élites Bikok occupent de prestigieuses fonctions dans les milieux sociaux-économiques du Cameroun aimeraient indiquer la direction à suivre dans cet arrondissement. On pointe notamment le doigt à René Mbayen, Etienne Tiako, Isidore Biyiha, Auguste Mbappe Penda, Esther Tiako. Louis Yinda dont l'épouse est candidate au poste de Maire et Perrial Jean Nyodog qui est son allié naturel, ne pensent pas comme eux. C'est la guerre aux longs couteaux. Les militants qui portent plainte fondent leurs récriminations sur les textes de base du RDPC, notamment la circulaire du Président National Paul Biya qui condamne les fléaux tels que la fraude, la corruption et le marchandage au sein du parti.

Une source proche de l'administration ferait état de ce que ces candidats auraient même signé dans un commissariat à Douala, des engagements sur l´honneur portant sur l'assurance effective de leur vote en faveur de François Soman, avec des fortes sommes d'argent en contrepartie. Dans ces conditions, pensent-ils, l'élection n'est plus transparente en raison de l'achat des consciences. C'est pour cette raison que le quorum n'a pu être atteint lors du vote du Maire à la Commune de Pouma où la soldatesque s'est également invitée au festin.

Il fallait éviter le pire entre les deux camps qui se regardent désormais en chiens de faïence. Le Président des jeunes du RDPC de Pouma et membre du Bureau National, Jean-Luc Banack qu'on dit proche de Mme Yinda a reçu des coups et blessures sous le regard impuissant du Commandant de la Brigade de Gendarmerie de Pouma dont les accointances semblent avérées.

C'est dire que la guerre est désormais ouverte dans l'arrondissement de Pouma, laquelle prend sa source et se développe dans tout le département de la Sanaga-Maritime où des clans ont toujours existé en raison du contrôle du leadership.

L'anecdote raconte à Pouma, que certaines politiques de la ville lumière, en l'occurrence Louis Bapes-Bapes, Geneviève Tjoues, Polycarpe Banlog, Joseph Mboui, seraient également partie prenantes dans ce combat d'éléphants à Pouma. Elles se seraient rangées derrière le Maire sortant pour faire tomber Mme Yinda.

En fait, c'est l'époux, Louis Yinda, Président Directeur Général de la Sosucam, qui serait visé. Les milliardaires Bikok disent quant à eux qu'une "beti" (l'origine ethnique de Mme Yinda ndlr) ne pourra jamais être maire chez eux, les élites politiques de la Sanaga-Maritime renchérissent en précisant que l'hégémonie et la toute puissance de ce baron n'a fait que trop durer dans le département.

Et du coup toutes langues se délient à Pouma, distillant une information selon laquelle, l'Archiduc de Ngompem dont les grandes capacités de nuisance sont reconnues, n'a pas encore dit son dernier mot dans cette bataille qui ne fait que commencer.

(à suivre)

© Correspondance particulière : William Makembe

@Camer-be  

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