Cameroun - Elections à la Fécafoot - Joseph Owona: «Tombi à Roko est un cadeau de mariage»

Confidences faites à la presse hier mardi 25 novembre à Yaoundé par les cinq candidats recalés à l’élection du président de la Fédération camerounaise de football ; au lendemain d’un important tête à tête avec le président du Comité de normalisation.

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Ceux-ci lui suggèrent d’ailleurs de reprendre le processus électoral depuis la base jusqu’au sommet. Sur cinq candidats déchus, seuls trois se sont (finalement) présentés à la presse. Joseph-Antoine Bell, Jules Frédéric Nyongha et Robert Penne. Bouderie ? Pas du tout puisque de la bouche du modérateur André Parfait Bell, l’on apprendra que l’honorable Brigitte Mebande, en raison de la tenue du discours de politique générale prononcée par le Premier ministre, chef du gouvernement à l’Assemblée générale, n’a pu se libérer pour cet autre rendez-vous.

Quant à Robert Atah, « il est parti dare dare pour Bamenda à cause de l’état de santé préoccupant de sa maman, victime d’un malaise ». C’est donc face à ces trois compagnons à la course vers la présidence de la Fécafoot que le gotha de la presse sportive a échangé. Au sortir d’un tête à tête plutôt heurté avec Joseph Owona, ceux-ci, expliquent-ils avaient le devoir de livrer au grand jour, le contenu des pourparlers qu’ils ont eus avec le président du Comité de normalisation. Sur ce volet phare justement, c’est Jules-Frédéric Nyongha qui va confier aux journalistes qu’en lieu et place d’un entretien franc et convivial comme tous l’espéraient en acceptant l’invite de l’éminent juriste, « nous avons plutôt assisté à une espèce de querelle au cours de laquelle le professeur (Owona) a carrément refusé de nous écouter ».

Joseph-Antoine Bell va renchérir en déclarant que leur hôte s’est montré hermétique au départ. Or, explique-t-il, « nous allions là-bas, voir comment apporter quelque chose de nouveau dans ce processus électoral à problème ». Mais, regrette-t-il, « il s’est un peu comporté exactement comme quelqu’un qui s’apprête à présider la finale d’un grand match de football où le meilleur moment reste pour lui, la remise des trophées et non le procédé qui a conduit à la qualification des deux équipes finalistes » argue-t-il pour soutenir son argumentaire. A en croire les conférenciers, le patron de la normalisation qui leur a fait l’aveu qu’il est « pressé de partir » .

Et ceux-ci de révéler que l’ancien ministre de la jeunesse et des sports, dans un emportement incompréhensible, a lâché certains propos qui viennent confirmer que les nouveaux textes de la Fécafoot ont été taillés à la mesure de Tombi a Roko Sidiki, l’actuel secrétaire général de l’instance faîtière du football camerounais et non moins, unique candidat à la succession de Iya Mohammed, écroué à la prison centrale de Kondengui pour des questions liées à la gestion de la Société de développement de coton (Sodecoton). « Nous avons des preuves qu’il s’est personnellement et directement impliqué en faveur de candidats aux échelons inférieurs. Nous considérons que ses actes, en plus de l’avantage qu’il a d’être – encore à ce jour – le secrétaire général, le disqualifient pour être en course », dénoncent-ils.

Délégués confisqués

Et de rappeler à Owona que toutes les préoccupations d’éthique, d’équité et de fairplay qui sont celles du football devraient être primordiales dans la gestion d’une organisation qui, après tout, s’occupe de l’éducation d’une partie de la jeunesse de notre pays. Autres déclarations fracassantes de Massayo à ses interlocuteurs : « il nous a fait savoir que si nous partons aux élections dans les conditions que nous exigeons, nous y allons perdants parce que les délégués sont déjà confisqués ». Pire, confie le meilleur gardien de buts du siècle dernier, « le Professeur Owona nous a avoué que son secrétaire général est un cadeau de mariage ». Interprétation expressément erronée ou volonté de paraphraser le normalisateur en chef ? Joseph-Antoine Bell jure la main sur le cœur qu’il a repris fidèlement les propos de son interlocuteur.

Il va même mettre de l’huile sur le feu en ajoutant que l’ancien Minjes leur a proposé des parrainages en vue de compléter leurs dossiers et d’être éligibles. Ce que tous les candidats recalés ont considéré comme du mépris. Comment s’est donc terminée cette entrevue ? « Nous lui avons proposé d’annuler tout le processus électoral et de le reprendre depuis les départements jusqu’au niveau fédéral », répond Jules Nyongha. Et tous de s’en remettre au patriotisme, au sens de l’Etat qui habite le haut commis qu’est Joseph Owona et à son devoir à la tête de la normalisation du football camerounais. A en croire les conférenciers, le grand prof, pour clore le tête à tête a déclaré qu’il y réfléchirait. Vous avez dit élections sous tension?

@Christian TCHAPMI

Focal: Fin de transition agitée pour Massayo

Il avait rêvé d’une « fin de règne » en rose couronnée sans doute, par le satisfecit de l’Etat du Cameroun. Joseph Owona avait juré de remettre le football camerounais sur les rails. Mais à l’épreuve des faits, le patron de la normalisation se retrouve dans un chaudron à moins de quatre jours de la fin de son mandat. Deux points font débat : d’une part, l’illégitimité de certains membres de la Fécafoot qui ont pris part au vote sur les nouveaux statuts alors que leur élection avait été annulée en 2013. Mais c’est surtout le pouvoir conféré par les nouveaux statuts au Tribunal arbitral du football (Taf) en cas de litige qui pose problème.

D’après les nouveaux textes, « en cas d’épuisement des voies de recours internes à la Fédération », les plaignants peuvent se tourner soit vers le Comité national olympique et sportif du Cameroun, si les deux parties impliquées sont d’accord, soit, à défaut, vers le Taf. Or, la charte des sports, votée par l’Assemblée nationale du Cameroun, prévoit que c’est le Comité national olympique et sportif (Cnosc) qui est le seul juge en dernier ressort. Les deux textes sont donc en conflit. Au fond, deux visions s’opposent : souveraineté nationale contre souveraineté de la Fédération internationale de football association (Fifa). Quelle que soit l’issue de l’élection du 29 novembre, c’est la Fécafoot qui risque de faire les frais de ce duel.

© Christian TCHAPMI | Le Messager

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