Cameroun - Ecole Polytechnique: Un malade mental perturbe les cours

 Depuis 4 ans, un déséquilibré menace étudiants et enseignants au sein du Campus.

 C'est un vigile pas comme les autres qui est posté ce matin à l'entrée de l'amphithéâtre 100 de l'Ecole nationale supérieure polytechnique (ENSP) à Yaoundé. Cet homme robuste, torse et pieds nus, tient dans la main droite une vieille machette et dans la main gauche, une longue barre de fer. «Vous n'entrez pas ici aujourd'hui, si on ne me remet pas ma femme, mes enfants et mon salaire», vocifère-t-il. «Champion, commando, ou excellence», comme il se fait appeler dans le campus, refuse toute négociation avec qui que ce soit. «Ça devient autre chose: Ce Monsieur pousse le bouchon trop loin», se plaint un étudiant.

 D'après les témoignages recueillis auprès des responsables de l'ENSP, «Champion» a trouvé refuge au département mathématiques et sciences physiques de cette institution il y a environ 10 ans. Tout juste à l'entrée de l'amphithéâtre 100, il a installé ses affaires: des boîtes vides qui lui servent de marmites, de vieux journaux, de vieilles paires de chaussures militaires et des drapeaux des pays étrangers. Mais c'est depuis quatre ans qu'il se fait menaçant. Il y a une dizaine de jours, il a molesté un enseignant lui ayant tenu tête. Le professeur voulait à tout prix dispenser son cours malgré l'opposition de ce malade mental. Les étudiantes et le personnel féminin ne se sentent plus en sécurité. L'homme se fait entreprenant avec certaines. «Ce fou est violent et dangereux. Sa présence génère déjà un climat de terreur qui entrave le déroulement normal des activités académiques sur le campus. Il n'y a aucune raison qu'il soit encore là, surtout pour l'image d'une grande école comme celle-ci», déclare une enseignante.  

Approchés, le Directeur de l'ENSP et le Recteur de l'Université de Yaoundé I avouent avoir engagé des démarches pour faire partir l'importun. Différentes copies de correspondances adressées aux délégué régional à la Sûreté nationale du Centre, commissaire du 5e arrondissement ainsi qu'au Délégué régional des Affaires sociales, entre 2005 et 2012, en témoignent. L'un des responsables de l'établissement propose, dans une récente correspondance, d'autoriser la société de gardiennage assurant la sécurité au sein de l'ENSP à user de matraques électriques pour faire partir le malade. «Sans le brutaliser».

© Pierre Rostand ESSOMBA (Stagiaire) |

Cameroon Tribune

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau