Cameroun - Droits de l'Homme: Quand le travail devient un enfer - Les femmes victimes de diverses violences en milieu professionnel

 Au-delà du harcèlement sexuel, les femmes sont victimes de diverses violences en milieu professionnel.  Lorsqu'on parle de violence à l'égard des femmes en milieu professionnel, tout le monde pense aussitôt au harcèlement sexuel.

Femme

«Nous avons plusieurs fois été saisis par des femmes qui dénonçaient le harcèlement dont elles sont victimes en entreprise. Nous les avons réorientées vers le Ministère des Affaires sociales», confie une source à l'Inspection du travail à Yaoundé. Quand on parle de harcèlement, on voit la répétition. Mais contrairement à ce que pense l'imagerie populaire, «le harcèlement n'est pas forcément un acte répété. Une fois suffit pour que ça devienne un harcèlement», affirme Esther Endalè, de l'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (Alvf). Pour sa collègue, Reine Rosine Agang, «le harcèlement sexuel a aussi ceci de particulier, que les gens l'identifient mal et le banalisent, en laissant croire que du fait d'être une femme, forcément qui veut, qui le souhaite, n'importe quand, n'importe où et n'importe comment peut en faire un objet sexuel». Selon Mme Agang, la loi du silence, l'absence de réponse efficace et de mesures appropriées, contribuent à faire perdurer ce phénomène qui porte gravement atteinte aux droits de la femme. Pourtant, le harcèlement sexuel n'est que la partie visible de l'iceberg, car au travail, la femme est victime de plusieurs autres types de violences plus subtiles, permissives ou pernicieuses.

Normes sociétales On peut ainsi citer le non accès à la promotion, l'absence de structures sécurisées comme des toilettes séparées ou de garderie d'enfant la discrimination à l'embauche, etc., énumère Mme Endalè. «Dans le milieu professionnel, il y a des hommes qui pensent que les femmes n'ont pas leur place en entreprise. A partir de là, ils mettent en place des mécanismes pour vous déstabiliser. Ils vont trouver des moyens, des mots, des attitudes pour vous déstabiliser. Ce qui va forcément avoir une incidence sur la promotion», déplore-t-elle. Marcelle T en sait quelque chose, elle qui a vu une promotion lui passer sous le nez il y a quatre ans. «C'est mon collègue homme, arrivé dans la société deux ans après moi, qui a eu cette promotion.

J’ai appris plus tard par quelqu'un du conseil d'administration, que je n'avais pas été promise parce que mes patrons estimaient que n'ayant ni mari ni enfants, je n'étais pas à même d'avoir certaines responsabilités au sein de la société», confie la jeune cadre, aujourd'hui maman de jumeaux. Avant d'être dans la société où elle travaille actuellement, Josiane N a raté deux fois de suite le même poste parce qu'elle était enceinte au moment du recrutement. «Les violences à l'égard des femmes sont des violences qui ciblent les femmes sur la base de leur sexe, et vont des violences conjugales, violences sexuelles, aux discriminations dont les femmes sont victimes malheureusement de façon quotidienne, dans la majorité des pays du monde», déclarait sur Rfi lundi dernier, à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes, Katherine Booth, responsable du bureau des droits des femmes et droits des migrants à la Fédération internationale des droits de l’Homme (Fidh).

«Les raisons profondes de la violence à l’égard des femmes, résident dans l’inégalité historique de pouvoir dans les relations entre les hommes et les femmes et dans la discrimination persistante à l’égard des femmes», indique l'Onu. Les Causes, expliquent Mme Booth, «ce sont des normes sociétales extrêmement enracinées qui considèrent la femme comme inférieure de l'homme et elles persistent surtout dans les pays où on ne sanctionne pas ce type de violence, où les femmes n'ont pas accès à la justice, où ce sont les femmes qui sont coupables de l'acte qui est commis contre elle, mais pas l'auteur» La Journée internationale pour l'élimination des violences à l'égard des femmes, célébrée ce 25 novembre au Cameroun, a été instituée afin d'intensifier la sensibilisation dans la lutte contre les violences faites aux femmes. 

© PATRICIA NGO NGOUEM | Mutations

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