CAMEROUN / Douala : Les dégâts de trois jours sans électricité

Les populations ont broyé du noir  depuis vendredi 4 mars. Ce n’est  que le  lundi 7 mars 2016 au soir que l’électricité était de retour.  Colère et  désagréments  au menu.

Des débits de boissons contraints de fermer avant la tombée de la nuit ; des élèves obligés d?étudier grâce aux lampes classiques et des bougies s’exposant par-là aux incendies ; des ménagères forcées de jeter les aliments pourris alors gardés dans les réfrigérateurs ; les recettes en baisse totale. La liste des dégâts causés par la coupure de l’électricité trois jours durant à Bonabéri et bien d’autres localités de la capitale économique, est loin d’être achevée. La Nouvelle Expression a donné la parole aux concernés très remontés.

«  J’ai vécu un calvaire ces jours alors que nous sommes en pleine composition;  je me couchais chaque soir sans réviser à cause des délestages»,  tempête Lydienne N., élève en classe de Terminal au Lycée bilingue de Bonabéri. Plus loin, sa camarade du lycée polyvalent n’a pas sa langue dans la poche : « comment peut-on condamner les gens à apprendre parfois à l’aide d’une lampe tempête au péril de ses yeux.  Mon examen compte plus que tout pour moi  cette année ;  mon souhait est  de le réussir à la première tentative. Certes, la lumière est de retour depuis lundi soir mais qui nous garantit qu’elle ne partira de nouveau ?»

Les spasmes de l’énergie qu’emploient les travailleurs et entreprises de toute catégorie, Lucien Kouam les subit pareillement. Ce modeste tailleur installé sous la véranda d’un immeuble à usage commercial a chômé la veille du 2 mars. «J’ai passé la journée à bavarder avec des amis, faute de courant pour travailler. Même si la lumière est de retour, mes commandes ne s’en ressentent pas encore à la différence des livraisons retardées » se plaint le vieil homme.

L’autre  impact de ces délestages est la difficulté pour les femmes à conserver leurs nourritures au frais sur la durée. Selon Claire Owono, les coupures intempestives dans la distribution de l’énergie électrique ont entraîné la détérioration de ses aliments. Ainsi, «je viens de jeter deux kilogrammes de viandes à la poubelle du fait des perturbations sur le réseau électrique. Ça fait énormément d’argent. Nous souhaitons qu’on ait pitié de nous»,  crie la ménagère par ailleurs commerçante. Outre la dégradation  des aliments,  les matériels électroménagers à l’instar des  postes téléviseurs, ventilateurs et téléphones portables sont également endommagés  à cause de cette fâcheuse situation.

Au-delà de Bonabéri, notons que certains quartiers dans l’ensemble sont victimes eux-aussi des coupures d’électricité. C’est le cas des localités sises à Village, sur la pénétrante Est de Douala. Malheureusement pour les populations, «les factures ne reflètent pas la consommation. Elles sont si élevées que l’on en vient à se demander si Eneo veut pousser les gens à descendre dans les rues d’autant plus que les délestages ont cours dans des zones sensibles comme Bonabéri et Village. C’est trop!»

Explications

Du côté d’Eneo Cameroon, un coup d’œil sur son site informe de ce que l’entreprise communique régulièrement sur ses activités. Pour elle, les coupures d’électricité à Logbaba-Bassa-Deido-Bonabéri ont une explication. D’après une note d’information publiée sur le site d’Eneo le 5 février 2016, l’entreprise a annoncé qu’elle a procédé depuis le 16 février à des travaux de renforcement de capacité de la ligne de transport Logbaba-Bassa-Deido-Bonabéri qui alimente Bonaberi, le Moungo, le Nkam, le Sud-Ouest, le Nord-Ouest et l’Ouest. Le chantier consiste à l’installation de câbles neufs  de  plus forte capacité de transit. Une opération qui se justifie par : la prise en compte de nouvelles industries, notamment les cimenteries; l’augmentation de la demande des ménages; une meilleure qualité de service dans les zones impactées; la réduction des interruptions dues aux surcharges du réseau.

«Pendant les six semaines de travaux, le service est régulièrement perturbé à Bonabéri, dans les départements du Moungo et du Nkam, les régions du Sud-Ouest, de l’Ouest et du Nord-Ouest ainsi que les localités de Ndikinimeki et Makenene. Des dispositions sont prises pour épargner certains sites sensibles à l’instar des stations de pompage et limiter autant que possible les désagréments sur les ménages et les entreprises», peut-on lire.

L’ambition d’Eneo est de faire de l’énergie, la force…que les Camerounais veulent pour leur qualité de vie (regarder un match de foot, cuisiner, faire la fête, charger leur téléphone, faire marcher le climatiseur, organiser un évènement familial, conserver des aliments…..), améliorer leur pouvoir d’achat et rendre possible des projets de vie (solidarité et responsabilité sociale) ; Que les entreprises et industries valorisent pour créer la richesse, faire du profit, être compétitif ; Que les leaders sociaux apprécient comme une force d’accompagnement.

Camer.be

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