CAMEROUN - DÉTOURNEMENT DES FONDS : CHARLES ETOUNDI REND LE PRÉSIDENT BIYA COMPTABLE DE LA DÉRIVE DU PAYS

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L’ancien ministre de l’éducation nationale était l’invité de l’émission l’Arène sur la Chaine de télévision privé Canal 2 international. C’est l’une des phrases chocs qui ont retenues l’attention des téléspectateurs lors d’une émission diffusée le 27 janvier 2013 sur la Chaine de télévision privée, Canal 2 international.

Charles Borromée Etoundi, ancien Ministre et Président du Conseil d’administration de l’Hôpital Général de Yaoundé, dénonçait le fait que le chef d’Etat veuille laisser pendant des années des responsables incompétents à des postes juteux et sensibles. Alors qu’en réalité, ces derniers n’auraient aucune expertise pour occuper ces fonctions.

Surtout qu’il devient difficile d’évaluer leurs avoirs ; parce qu’à un moment donné, ils ont confondus les caisses de l’Etat à leurs propres poches. Et le ministre de lâcher : «c’est le président qui est comptable». Une sortie qui fait jaser dans la capitale. Pour ses détracteurs, c’est une manière de dire que c’est Paul Biya qui doit rendre compte de la gestion des affaires de la cité.

Sans les citer nommément, Etoundi faisaitt allusion aux victimes de l’Opération Epervier. Occasion pour lui de balayer d’un revers de la main l’argument selon lequel cette opération est une vaste campagne d’élimination des adversaires politiques. Il se dit d’ailleurs surpris de constater que ceux qui dénoncent cette initiative se retrouvent entrain de rembourser l’argent « volé ». Rapprochement fait avec Yves Michel Fotso et Paul Fokam Kammogne, deux argentiers qui ont respectivement dans les affaires différentes remis au Trésor public plus d’un milliard Fcfa pour le premier et près de deux milliards Fcfa pour le second.

Charles Etoundi n’est pas passé par quatre chemins pour comparer l’époque Ahidjo à celle du président Biya. En voulant diaboliser l’ancien président, l’ancien proviseur du Lycée général Leclerc révèle qu’à cette époque, l’on avait affaire à un Etat «policier». Conséquence à chaque fois que quelqu’un était soupçonné d’une maladresse financière «on venait vous prendre, puis vous disparaissez sans trace, vous finissez votre vie à Mantoum et Yoko». L’enseignant constate qu’aujourd’hui, mieux sous le régime du renouveau qu’il sert avec dévouement, «les choses ont maintenant changé ». Pour les téléspectateurs, il s’est montré ingrat sur ce plateau de télévision.

N’ayant pas pu remercier le Dr Adamou Ndam Njoya, à l’époque Ministre de l’Education nationale, de l’avoir nommé proviseur. C’est plutôt un visage d’opportuniste qu’il a été présenté, car il s’est contenté de démontrer comment est-ce qu’il est entré au gouvernement à la suite des déboires de Titus Edzoa avec le système. «On entre au gouvernement par l’opportunité politique qui impose que tel sorte ».

En sa qualité d’ancien patron de l’éducation nationale, le haut commis de l’Etat a survolé la question du manuel scolaire, l’histoire avec sa première épouse, son domicile du quartier Nsimeyong abandonnée depuis des années. On l’a également vu gêné sur le cas de l’ancien élève Mba Onana qu’il aurait jeté en prison et Mbassi Adolphe son bailleur qu’il aurait voulu flouer au quartier Ngousso. Cette dernière affaire a fait grand bruit dans la capitale politique. Pour son échappatoire, le Ministre en a profité pour se trouver une sortie honorable : «Sieur Mbassi déclarait être le propriétaire d’une maison alors que le titre foncier était à un autre nom». C’est là que nous avons compris que du haut de son âge, Charles Etoundi était toujours en location en attendant que la procédure d’achat de la villa querellée connaisse un dénouement heureux en sa faveur bien sûr

. Auquel cas, il se ferait prier d’aller voir ailleurs. A propos de son titre de patriarche de la grande famille Mvog Ada, un téléspectateur a la thèse selon laquelle le «Mvamba», Charles Etoundi aurait forcé la main pour occuper le fauteuil de patriarche en remplacement de Fouda Otto Valère décédé quelques temps auparavant. Une opinion partagée au quartier Mvog Ada estime que c’est un imposteur qui aurait soudoyé quelques notables afin de recevoir des attributs lors d’une cérémonie fort contestée et boudée par ses frères. Parmi lesquels certains mettent en doute ses liens avec cette famille.

© Aurore Plus : Dimitri Amba

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