Cameroun : Des éléments du BIR aux arrêts

Ils ont été interpellés en possession de deux congélateurs volés dans le camp chinois. Pendant que l’armée camerounaise écrit une des plus belles pages de son histoire dans la guerre qui l’oppose à la secte islamiste Boko Haram, certains de ses membres font tous les efforts du monde pour la déshonorer.

Photo bir maroua 1

En effet, des voix de plus en plus fortes dénoncent leurs exactions récurrentes à l’endroit des populations aussi bien dans les villes que les villages des régions septentrionales. Si elles n’ont toutefois pas encore franchi le seuil critique du fait sans doute de la vigilance du Haut commandement, il n’en reste pas moins qu’elles peuvent affecter durablement la collecte du renseignement si précieuse dans la guerre asymétrique que l’armée mène contre la secte islamiste. Et de fait, diverses sources regrettent déjà que toutes les cartes aient été laissées entre les mains de l’institution militaire, y compris la carte judiciaire. «Nous devons être vigilants pour ne pas retomber dans le système érigé en modèle par le feu colonel Guillaume Pom qui le premier, avait eu la lourde mission de traquer les coupeurs de route dans la région.

Il procédait aux arrestations des suspects et liquidait en son âme et conscience tous ceux qu’il estimait être coupables. Certains de ses éléments ont érigé la terreur en arme pour dépouiller d’honnêtes citoyens. Quelle que puisse être son efficacité, cette politique est vouée à court terme à l’échec, explique une source militaire. Pis, elle donne à quelques éléments égarés de l’armée, l’impression d’une toute puissance que seule la loi tempérait jusqu’alors.

Heureusement le Haut commandement de l’armée veille à l’application de celle-ci pour maintenir la fusion entre les populations et ses troupes. En émoigne l’interpellation et la garde à vue de deux éléments du Bataillon d’intervention rapide (BIR) le 06 juillet 2014 à Waza. Détenus dans les cellules de la brigade de gendarmerie de la localité, les deux caporaux ont été interpellés en possession de deux congélateurs volés dans le camp chinois de Waza dont ils assurent de temps à autre la garde. «Nous savons que des éléments du BIR prenaient du matériel dans le camp, mais nous ne disposions pas de preuves patentes.

Un informateur nous a alerté et les deux éléments du BIR ont été pris la main dans le sac. Ils ne sont que les premiers d’une longue liste», commente une source proche de l’enquête. Pour les autorités administratives, ces éléments interpellés ne seraient en effet que l’arbre qui cache la forêt. Le camp chinois, depuis qu’il a été déserté par ses occupants au lendemain de l’assaut des éléments de la secte Boko Haram, est au quotidien pillé par des éléments du Bataillon d’intervention rapide.

Une information que confirment les autorités municipales. «Profitant de ce que les assaillants ont emporté quelque biens matériels dans l’attaque de ce camp le 16 mai 2014, ils distraient au quotidien des sacs de ciment et du matériel de construction croyant que tout cela sera mis sur le dos de l’attaque. C’est inadmissible. Ils déshonorent notre armée. Quand les Chinois reviendront sur le site, qu’est-ce qu’ils vont constater ?», s’indigne un conseiller municipal de la commune de Waza. Comment des éléments d’un corps d’élite aussi choyé par le régime que le BIR et adulé par une grande partie de la population pour son aptitude au combat, peuvent-ils se laisser aller à de tels comportements? En tout cas, l’armée tient là l’occasion de lancer un message fort à ces brebis galeuses qui ont, avant d’être traduits devant un tribunal militaire, été reversés à l’armée de l’air. Source :

© L’Oeil du Sahel Par DOUWORÉ OUSMANE

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