Cameroun,Démission de Mgr Victor Tonye Bakot:Les Documents inédits qui accablent

Après la supposé renonciation, alors que des sources parlent de désaveu et de contraintes du Vatican, Mgr Victor Tonye Bakot a tout de même retrouvé l’usage de la parole pour essayé de justifier l’injustifiable sur la gestion épicière du patrimoine de l’église.

tonye-bakot-pn-008-thn-475.jpg

Dans une interview longuement diffusée, il a donné des précisions sur le patrimoine total de l’archidiocèse de Yaoundé comme pour indiquer que rien de tout ce qui avait été dit n’était vrai. En exclusivité les fait qui l’accablent.

CBC, PNB Paribas et Afriland First Bank

Les créances selon des sources contractées par l’ancien archevêque s’élevaient il y a quelques années culminaient à 12 milliards de Fcfa. Aujourd’hui en attendant le verdict du litige financier avec Bnp Paribas et Afriland First Bank, celui de CBC Bank a déjà « vomi » son verdict qui est sans appel pour l’archidiocèse ; coupable. Le 8 Juillet 2013, l’exequatur a été donné à cette banque aux fins de procédé si elle voudrait à la récupération de son « fric » par des saisies en cascades.

Les détails de l’Affaire CBC Bank

Dans les dédales des nombreux scandales financiers de l’ancien évêque du Diocèse d’Edéa, c’est bien évidement le cas de la CBC Bank qui va précipité la décision ultime du Vatican de le « limoger ». Comme faits à retenir, sachons que tout commence le 17 Octobre 2005 lorsqu’une convention de crédit a été signée par l’archidiocèse de Yaoundé et la CBC Bank. Dans cette convention, les deux parties vont inclure un intermédiaire en l’occurrence la Société Financière Africaine (Sfa) qui sera une sorte de garant de l’application des accords signés entre les deux parties.

Le 27 Octobre 2005 après avoir ficelé les accords, la CBC au travers de la Sfa octroie un prêt à moyen terme à l’Archidiocèse de Yaoundé d’un montant de 4 milliards Fcfa. Les intérêts commencent donc à courir et pour faire preuve de bonne foi, l’Archidiocèse va adresser un correspondance à la CBC le 26 Février 2006 pour lui faire état de ce qu’il reconnaissait devoir la somme de 4 153 478 125 Fcfa (Quatre milliards cent cinquante trois millions quatre cent soixante dix huit mille cent vingt cinq mille Fcfa) ; les premiers intérêts majorés sur le montant du prêt initial couraient déjà. Après cette correspondance, l’Archidiocèse de Yaoundé au travers de son dirigeant, Mgr Victor Tonye Bakot ne fera aucun effort pour commencer à apurer cette lourde dette. La CBC inquiète va relancer l’Archidiocèse pour s’enquérir de la situation de sa créance.

Pour seule réponse, le « Bishop » Victor Tonye Bakot leur renverra une autre lettre leur signifiant qu’il ne comptait pas se dérober de ses engagements qui voyaient déjà un apurement de la dette en date du 25 Juin 2006 de 2 125 095 653 Fcfa (Deux milliards cent vingt cinq millions quatre vingt quinze mille six cent cinquante trois mille Fcfa) qui était constitué de 1 373 070 479 Fcfa en principal et 752 052 174 d’intérêts. Cette réponse adressée à la banque le 29 Juin 2006 encourageait alors la CBC de faire confiance surtout qu’à part ce remboursement évoqué, l’Archidiocèse comptait faire des investissements rentables selon ses dirigeants. Ce sont ceux-là qui devaient booster les remboursements.

Des établissements seront construits, d’autres structures équipées au nom de l’Archidiocèse alors que plus tard des révélations feront état de ce que ces investissements en grande majorité constituaient des dons de bienfaiteurs. En tout cas l’argent emprunté sera brandi comme justif dans quelques cas. Incapable de remplir ses engagements à temps, Mgr Victor Tonye Bakot et ses acolytes vont avoir une « idée géniale » ; celle d’emprunter la somme totale du remboursement en deuxième emprunt. De rembourser pour qu’une autre échéance prenne le pas. Le 8 Avril 2008, au travers de la Sfa toujours un autre prêt consenti par la banque de 2 125 000 000 Fcfa (Deux milliards cent vingt cinq mille Fcfa) sera octroyé avec la particularité d’un remboursement de 24 mensualités avec taux d’intérêts de 6,25%.

Comme concocté dans le plan, cet argent en partie permettra d’apurer la totalité de la première dette dans laquelle restaient uniquement 1 464 320 000 Fcfa (Un milliard quatre cent soixante quatre mille trois cent vingt mille fcfa). Après ce deuxième prêt, en date du 30 Juillet 2008, la dette culminait déjà à 2 211 089 778 Ffa (Deux milliards deux cent onze millions quatre vingt neuf mille sept cent soixante dix huit Fcfa) selon une note. Esseulé par la dette, Mgr Victor Tonye Bakot tente une approche qui s’avère fructueuse en négociant avec ses créanciers un autre moratoire de remboursement à un taux de 6,25% sur dix ans avec un différé de trois mois. Le protocole d’accord sera alors signé le 8 Juillet 2009 pour désormais considérer le nouvel échéancier. Une « arnaque » bancaire selon les analystes.

La Cobac commence à regarder avec attention la CBC. Le 1er Septembre 2009, dans une correspondance et fier de son « arnaque » Mgr Victor Tonye Bakot représentant l’Archidiocèse bien entendu, va même proposer de rembourser toute la dette en 60 jours au lieu des 10 ans déjà gagné. La CBC voyant cette bonne volonté va jusqu’à proposer d’apurer la totalité des intérêts au cas où il s’exécutait. Le protocole est signé le 21 Septembre pour la date butoir du 21 Novembre 2009. Rien ne se passera. L’Archidiocèse reviendra à la charge en toutes « supplications » avec une autre correspondance datant du 31 Décembre 2009 pour un autre moratoire de quelques jours et Janvier 2010 sera encore proposé. Toujours rien. Aucun remboursement consenti par l’Archidiocèse après des mois de « mensonges ». A quoi a servi cet argent ?

Décisif !

Après plusieurs hésitations des dirigeants de la banque et après un comité de crédit houleux dans lequel des avis divergents ne réussiront pas à prendre le pas sur la logique, la CBC Bank saisi le Centre Arbitral du Gicam le 22 Septembre 2010. La plainte va réussir à prospérer devant le refus de l’Archidiocèse de rembourser la créance. Le premier verdict tombe le 3 Février 2012. Le Vatican est notifié de ce verdict et les choses commencent à se corser pour Mgr Victor Tonye Bakot qui fait appel de cette décision en donnant pour un premier temps une exception. Il sera débouté et la procédure continuera. Premier hic ! La Cobac commencera à s’intéresser à la CBC qui au travers de ce genre de prêt non remboursé avec une élasticité incroyable de moratoire, semblait « blanchir » de l’argent. L’arrestation d’Yves Michel Fotso qui maitrisait mieux les rouages de ce type de subtilité permettra d’installer une administration provisoire de gestion qui va éplucher les comptes de la société. Le 25 Avril 2013 sous l’égide de la nouvelle direction qui a continué le « combat », l’Archidiocèse de Yaoundé est reconnu COUPABLE. L’exequatur (acte qui permet d’exécuter la sentence) est délivré à la CBC Bank le 8 Juillet 2013 pour saisie immédiate des biens meubles et immeubles de l’Archidiocèse de Yaoundé. Mgr Victor Tonye Bakot est désillusionné et le Vatican apeuré par l’opprobre qui pourrait s’en suivre de l’exécution de la sentence. Selon la sentence, l’Archidiocèse doit rembourser 2 186 566 110 Fcfa (Deux milliards cent quatre vingt six millions cinq cent soixante six mille cent dix Fcfa) au titre d’encours du crédit à moyen terme contracté, 413 627 211 Fcfa (quatre cent treize millions six cent vingt sept mille deux cent onze Fcfa) d’agios et enfin 64 396 Fcfa pour le solde débiteur du compte courant ouvert dans les livres de la banque. On annonce alors des hommes affaires qataris qui s’intéresseraient à ce joyau. <<<<<<<<<<<<<Mercantilisme à outrance Mgr Victor Tonye Bakot a son arrivée à l’Archidiocèse de Yaoundé pour son « sacerdoce » va focaliser son attention sur le gain. A cet effet, il va d’abord imposer des comptables dans toutes les paroisses pour contrôler au détail prêt la gestion à ce bas niveau. Ce qui aura pour corolaire de faire fuir certaines congrégations qui demanderont au Vatican de leurs autoriser une gestion autonome. En dehors de l’argent de la CBC Bank, Afriland First Bank et Bnp Paribas s’apprêtent à ester l’Archidiocèse de Yaoundé pour le remboursement d’autres dettes contractées auprès d’elles. Pour ce qui est d’Afriland First Bank, souvenons-nous qu’un journal avait fait état du scandale de la vente à un homme d’affaires au travers d’un mécanisme complexe de cette banque d’un immeuble situé à l’Avenue Kennedy de Yaoundé. Démasqué par le Contre Pouvoir au Cameroun (Presse), la transaction n’aboutira pas alors que la Prélat avait déjà encaissé l’argent. L’homme d’affaire courroucé va d’abord prévenir le Vatican de déballer l’affaire un arrangement va s’opérer et aujourd’hui le nommé Hamadjoda Tallah est fier de son joyau acheté à hauteur de 515 millions de Fcfa. De ce montant, des sources affirmeraient que seulement 450 millions de Fcfa vont atterrir dans le compte de l’Archidiocèse de Yaoundé logé à Afriland First Bank ; le reste soit 50 millions servira à payer des rétro-commissions à deux intermédiaires les nommés Paul Mvondo et Jean Pierre Mezele. D’autres sources parleraient d’une autre transaction qui va foirer en faveur d’un homme d’affaire Bamiléké et verra le Chef de l’Etat mis au courant de la situation. Pour essuyer la honte, ce dernier ordonnera à la SNH et à son administrateur d’apurer cette dette qui s’élevait à 500 Millions de Fcfa. Aujourd’hui, malgré son départ des langues se délient et on parlerait d’un bail perçu tous les mois à Tradex après l’implantation d’une station sur les terres de l’Archidiocèse à Mvolyé.

Selon les révélations du scandale des Emveng, leurs ancêtres avaient cédé environ 113 Hectares dont 40 en exploitation par l’Archidiocèse pour les besoins de l’église et non pour la vente encore que l’Archidiocèse commençait déjà à leurs demander de payer la somme d’un million de Francs Cfa pour l’inhumation de leurs corps dans le cimetière de l’église. Selon quelques témoignages, l’ex « Bishop » de Yaoundé était « enfoui » dans des deals et Business qui n’avaient pas mordus. Entre l’exploitation de quelques stations services et quelques prestations foireuses, le placement de l’argent emprunté sous la coupole de l’église n’avait pas produit le résultat escompté.

D’autres mauvaises langues attribueraient ce scandale au train de vie « Princier » du « Bishop » qui était constitué de plusieurs cylindrés dans sa « flotte » quotidienne alors qu’aucun mécanisme de compensation n’était mis en place. Sans oublier les prestations effectuées par ses filles issues d’une «collusion» avec la femme d’un ancien DGSN. Alors entre toutes ses supputations et la réalité, la vérité a enfin jailli ; le ras-le-bol du Vatican et la décision de limoger le prélat véreux. Mgr Victor Tonye Bakot tombe le 29 Juillet 2013 après une ultime tentative de résistance. Mgr Jean Mbarga qui avait été limogé à son arrivée à l’Archevêché en 2003 le remplace comme par « enchantement ». La boucle est bouclée et les « mauvais démons » immédiatement chassés du Ciel. Un souffle nouveau passe sur l’Archidiocèse. Espérons qu’il ne se détériorera pas avec « l’odeur de l’argent » !

« Bataille souterraine »

Selon nos sources, après le scandale « Vatileaks » dans lequel l’ancien majordome de Benoit XVI avait dérobé des documents confidentiels pour les donner à un journaliste et la renonciation de Benoit XVI, le nouveau pape François 1er avait été mis au courant de toutes les affaires en suspend de l’église. Celui de Mgr Victor Tonye Bakot, l’avait particulièrement marqué parce que les mêmes sources font état de ce que François 1er demandera immédiatement son « limogeage ». Ayant été approché, des tractations vont débutées et Mgr Victor Tonye Bakot va essayer de rassurer sur de probables solutions à trouver pour sortir du pétrin dans lequel il avait enfoui l’église. Un moratoire sera donné, mais hélas ! Le 8 Juillet 2013, le verdict de la chambre arbitral du Gicam va enfoncer le clou ; l’archidiocèse sera condamné à payer des dommages et intérêts et pire contraint de rembourser la somme de 2 186 566 110 Fcfa.

Une ordonnance de saisies de biens meubles et immeubles sera délivrée à la Banque et le péril dans la demeure sera confirmé. Le Vatican sera immédiatement mis au courant et la décision sera « terrible » ; demander la démission de Mgr Victor Tonye Bakot au risque de désillusionner l’église catholique romaine. Sa mission avait échouée. Dans les préparatifs des JMJ, l’administration du Vatican va mettre la pédale douce sur l’affaire, permettant à Mgr Victor Tonye Bakot de continuer à poser des actes comme un « fuyard » pris en flagrant délit. Le 28 Juillet 2013, soit 20 jours après l’ordonnance de saisie donnée à la CBC Bank, une correspondance est adressée au Nonce Apostolique Piero Pioppo venant du Vatican. Des résolutions avaient été prises. Comme dans une musique bien préparée, dans la soirée de ce jour, Mgr Jean Mbarga arrive à Yaoundé. Conciliabule à l’insu de tous et de Mgr Victor Tonye Bakot. La manœuvre étant toute simple, trouver la méthode pour « débarquer » dans la « dignité » ce « téméraire prélat » qui avait déjà fait de la résistance.

La solution sera trouvée et la Présidence prévenu du dessein. Martin Belinga Eboutou sera alors chargé de mener à bien la médiation. Comme au Cameroun et comme l’avait si bien dit Mgr Victor Tonye Bakot je cite : « Tout fini toujours par se savoir », le secret va sortir et la crainte d’un débarquement va hanter la nuit de Bakot qui éteindra ses téléphones le lendemain. Dans cette tentative de « fuite, son chauffeur sera malheureusement joint et il sera dit de répercuter le vœu à son patron de rejoindre immédiatement le Palais d’Etoudi. Faisant chemin vers ce lieu et presque déjà au courant que son sort est scellé, il recevra un autre coup de fil en route pour ses bureaux à la centrale des œuvres diocésaines. Surprise ! Quelques minutes plus tard, le Nonce Piero Pioppo en compagnie de Jean Mbarga arrive.

Un long conciliabule débute et devant le refus répété de Mgr Victor Tonye Bakot de « céder » la place, des solutions lui seront proposées. Presque une heure s’écoulera sans que Mgr Victor Tonye Bakot ne veuille « céder », un document de renonciation préalablement redigé lui sera présenté et le prélat ne va pas le signer immédiatement car ne comportant pas l’objet de la renonciation. Après avoir été « pressé », il va céder. Mgr Jean Mbarga et le Nonce sortiront de la salle avec les « conclusions ». Mgr Victor Tonye Bakot, désavoué va rester dans le bureau pour « ruminer » l’humiliation pendant que Mgr Jean Mbarga procédait déjà aux consultations pour nommer les nouveaux « hommes de la direction ». Vers 11 heures de la matinée, le document arrive dans les médias. Dans la stupeur générale, la nouvelle tombe comme un couperet; Mgr Victor Tonye Bakot a renoncé à sa charge. Micro mort pout tenter de joindre le prélat sur les raisons de cette démission.

Des spéculations vont dans tous les sens, mais seule l’évidence d’une envie de rester du prélat sautait aux yeux des vrais observateurs de la scène médiatique. Dans le cas où l’initiative était de lui comme dans le cas de Benoit XVI, Mgr Victor Tonye Bakot aurait dû dans les us de la loi canonique adresser une lettre au Vatican et ensuite annoncer solennellement sa démission aux fidèles. Conclusion ! Le prélat a été débarqué de son poste par surprise et la longue attente pour signer le document a été dû au fait qu’il ne voulait pas sortir la « queue entre les jambes » de cette histoire. Comme anecdote, il faut noter que la planche de salut lui avait déjà été proposée lorsque le verdict du 8 Juillet était tombé mais dans des « basses tractations » avec l’administration provisoire de la banque, un moratoire lui sera concédé. Il avait alors cru que cette « légère victoire » lui concédait un autre mandat ou une autre sympathie du Vatican ; que non ! Le mal était trop profond.

© Camer.be : Yannick Ebosse

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau