Cameroun - Crimes rituels : Minas et Minproff, sourds-muets à Mimboman

Ces deux ministères ne disposent pas de plan de riposte face aux assassinats en série dans ce quartier de Yaoundé. La ville de Yaoundé vit au rythme de multiples crimes, perpétrés depuis décembre 2012 dans les quartiers Mimboman, Nkomo et Biteng.

Ces assassinats se caractérisent généralement par le viol et l’amputation de certains organes sur les victimes, de sexe féminin et dont l’âge varie entre 15 et 30 ans, selon le ministre de la Communication (Mincom) Issa Tchiroma Bakary. Les corps mutilés des victimes sont souvent retrouvés dans des broussailles ou des chantiers abandonnés.

C’est à la suite de la psychose née de ces assassinats en série, particulièrement à Mimboman, que le gouvernement camerounais a décidé de prendre le taureau par les cornes sur la question. Au rang des mesures annoncées, figure le renforcement de la surveillance et des contrôles dans les zones criminogènes, mais aussi l’institution d’unités spécialisées de sécurité et l’accentuation des mesures de renseignement. Au ministère des Affaires sociales (Minas), dont les missions ont évolué depuis 1975, l’on ne semble pas véritablement s’émouvoir de ces assassinats. La vie suivait son cours normal le 28 janvier dans ses couloirs.

Au service d’accueil et de renseignement, personne n’est au courant d’un possible plan de riposte du département. Aucune note sur la question ne figure sur le babillard. A la cellule de communication, le personnel semble surpris par la préoccupation du reporter. «Nous ne nous occupons pas de ce genre de cas. Allez-vous renseigner juste à côté, à la Direction de la solidarité sociale (Dsn)», indique une dame rencontrée sur les lieux et qui a refusé de décliner son identité.

Au secrétaire du directeur de la Dsn, les dames rencontrées n’osent non plus se prononcer quant à une éventuelle réaction de la hiérarchie sur la série criminelle. Le visiteur est ensuite dirigé vers la sous-direction de la protection sociale, où personne ne veut s’exprimer en l’absence du patron des lieux.

Au ministère de la Promotion de la femme et de la famille (Minproff), autre tutelle que beaucoup attendaient au front de la sensibilisation ou encore du soutien psychologique, il n’y a rien à déclarer : «Le ministre de la communication a parlé pour tout le gouvernement, que voulez-vous d’autre ? Sauf si vous voulez que nous partions recenser les familles affectées», lâche une dame, le ton quelque peu ironique.

© Mutations : Mélanie Ambombo

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