CAMEROUN - CRIMES RITUELS DE MIMBOMAN : LES SUSPECTS À KONDENGUI

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Ils ont été inculpés lundi dernier et placés sous mandat de détention provisoire.

Hier, en fin d'après-midi, les avocats des huit personnes interpellées dans l'affaire des crimes rituels de Mimboman avaient rendez-vous avec Jean-Pierre Osée Mpondo, le juge d'instruction désigné par le président du Tribunal de grande instance (Tgi) du Mfoundi. Ils ont rencontré ce magistrat pour établir un chronogramme des auditions de leurs clients.

Ces derniers ont été placés sous mandat de détention provisoire à la prison centrale de Kondengui, lundi 11 mars, vers 17h. Aux avocats des suspects qui protestaient contre cette inculpation hâtive, notamment celle des présumés intermédiaires et du présumé commanditaire, le juge Mpondo a dit que « compte tenu de la sensibilité du dossier, je dois me faire une opinion avant de faire le tri ».

Vendredi 8 mars dernier, Emmanuel Nono, âgé de plus de 60 ans, le seul suspect encore en liberté, a été convoqué par la police et gardé à vue au commissariat de Nkolndongo. Selon des avocats qui ont souhaité gardé l'anonymat, Emmanuel Nono n'a été entendu que tard dans la nuit de dimanche, « vers 1h du matin ». Ensuite, il a été acheminé avec ses sept co-accusés au parquet vers 10h, lundi matin.

Le parquet a précisé dans son réquisitoire introductif que le présumé commanditaire et les deux présumés intermédiaires clament leur innocence. Le juge d'instruction les a néanmoins inculpés pour deux chefs d'accusation: assassinat en complicité et violation de cadavres en complicité. Entre décembre 2012 et janvier 2013, 11 femmes à Yaoundé, quatre femmes à Bafoussam et quatre autres à Bati, une localité de la région de l'Ouest, ont été retrouvées mortes, les corps mutilés. Toutefois, les corps de sept femmes n'ont pas été reconnus par leurs familles respectives.

Un riche homme d'affaires Emmanuel Nono, présenté comme le commanditaire de ces crimes, est un riche homme d'affaires, propriétaire de plusieurs entreprises (Sodac Renault, Eleri automobiles, entre autres). Selon nos sources, il était sur le point de « parachever la création d'une compagnie aérienne avec pour partenaire l'entreprise canadienne Bombardier qui fabrique des locomotives. Il avait le soutien du gouvernement », apprend-on. Selon Bertrand Ndéambou, qui a avoué avoir commis tous ces meurtres avec ses complices, c'était E. Nono le destinataire final des organes retirés des victimes. B. Ndéambou affirme aussi que Jean-Luc Tahoc, un éleveur de poules à Bafoussam, ancien employé de Sodac Renault, était le principal intermédiaire. Yankam, quant à lui, est désigné comme un intermédiaire qui contactait les meurtriers à bord de sa Rav4. Julius Tamta, alias Général sans sommeil, Blaise Monthe Sado, Ouaffo Kamta et Wakam Waffo sont, eux, soupçonnés d'être les complices de Bertand Ndéambou.

Pour ce dernier, le juge d'instruction a du reste fait une réquisition à psychiatre. Les avocats des suspects estiment que les droits de leurs clients n'ont pas été respectés lors de l'enquête préliminaire à la police. « Nous n'avons pas eu accès au dossier de procédure et nous avons perdu nos clients de vue lundi dernier entre 10h et 17h quand leur inculpation a été prononcée », a déclaré un avocat. « Mon client a été torturé, battu, suspendu par les poignets, passé à la balançoire, mais il n'a pas varié, il ne reconnaît pas les faits qui lui sont reprochés », déclare un autre avocat.

© Le Jour : Aziz Salatou

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