Cameroun – Contrefaçon: Des whiskies frelatés en circulation

Dénonciation faite par la Chambre Nationale des Consommateurs du Cameroun (Cnacoc), ce mardi 12 janvier 2015 au cours d’un point de presse à Douala

La Cnacoc vient d’être saisie par la société Camerounaise de Représentation(Src),  lui faisant part de la prolifération et de la contrefaçon  de certains whiskies sur le marché Camerounais. Il s’agit précisément des marques Grant’s et Glenfiddich. Ces deux marques dont l’entreprise sus évoquée détient la représentation exclusive, se retrouvent cependant frauduleusement sur le marché, laissant ainsi un doute sur sa qualité et de même sur les conséquences que pourrait avoir leur consommation sur la vie des consommateurs.  En effet, tout remonte en 2013 nous dit-on, quand une fourgonnette aux couleurs et effigies de William Grant’s est aperçu dans la ville de Douala. La Src qui est titulaire exclusif de représentation, de promotion et de vente de la marque au Cameroun s’interroge. L’affaire est portée  devant les tribunaux pour des faits qui sont réprimés par les articles 74 et 37 de l’annexe III de l’accord de Bangui du 10 février 1999. Cet accord qui a été  signé par plusieurs pays Africains, institut en son annexe 3 que les opérateurs sont amenés à protéger leur marque. L’entreprise est dans son droit.

Appeler les consommateurs à plus de vigilance

La Cnacoc pour qui la satisfaction et le droit du consommateur restent  le leitmotiv, monte dès lors au créneau pour aviser les consommateurs. Il s’agit  selon Calvin Nya, «d’appeler les consommateurs à plus de vigilance dans cette situation où il y a un grand risque de confusion entre les bons et les mauvais whiskies. Et quand on connaît  le danger qu’on court en consommant des produits frelatés, les informations sur les origines des biens de consommation sont d’une nécessité vitale», précise le président de la Cnacoc. Une situation qui interpelle d’une part le ministère du commerce qui est garant de la qualité des produits qui se trouvent sur le marché et de l’autre les douanes qui ont une mission de contrôle.  Selon Lucas Meka’a, responsable  du service de contentieux à la délégation du commerce pour le Littoral,  le ministère dans le cadre de la contrefaçon intervient à 3 niveaux. «  Dans ce cas précis, le ministère du commerce  ne peut intervenir que s’il a été saisi par le plaignant. Et le plaignant doit prouver l’exclusivité pour que le ministère intervienne. Le deuxième cas le ministère peut intervenir en cas de flagrance  et notamment dans le cas de contrebande, c’est-à-dire des whiskies destinés à d’autres pays», explique-t-il.

Renforcer la lutte contre la contrebande

Toutefois l’accord de Bangui qui est signé par plusieurs pays d’Afrique  stipule  que, «lorsque le ministère du commerce est saisi, il peut procéder à ce qu’on appelle la saisie contrefaçon et plusieurs intervenants, le propriétaire d’une marque ou le titulaire d’un droit exclusif d’usage peut faire procéder par tout huissier ou officier public ou les douanes avec s’il y a lieu l’assistance d’un expert, la description des pertes avec ou sans saisir des produits ou services qu’il prétend marquer, livrer ou fournir à son préjudice en violation des dispositions de la présente annexe en vertu d’une ordonnance du président du tribunal signé dans le ressort duquel les opérations doivent être effectuées », ajoute-t-il. Malgré cette présence des Whiskies frelatés sur le territoire, la douane  réitère  son engagement dans la lutte contre   la contrefaçon et la  contrebande.  «En effet, les grandes missions de la douane sont,  fiscale, économique  avec les régimes économiques et suspensifs et il y a une mission de protection de l’espace économique.  Dans la ville de Douala, il y a des brigades actives dans plusieurs coins, cette multiplication des brigades est là pour renforcer la lutte contre la contrebande et la contrefaçon, et il faut dire que pour les whiskies les pouvoirs de la douane sont étendus, il n’y a pas que les frontières mais également l’intérieur du territoire national », déroule  Serge Prosper Nong Libeng, inspecteur principal des douanes. Malheureusement, les consommateurs qui ne savent pas établir la différence entre  ces différents produits sont les plus exposés.

 

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