Cameroun : Camairco cherche partenaire privé

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 La question sera évoquée au cours de l’assemblée générale prévue ce jour à Douala.

Depuis l’arrivée de Matthijs Boertien à la tête de la compagnie aérienne nationale Camair Co, l’entreprise est entrée dans une campagne de reconquête du public, de révision de sa situation financière et de remise à niveau de son management. En fait, l’entreprise qui vit uniquement des subventions de l’Etat, ploie sous le poids d’un endettement endémique qui plombe sa capacité à concurrencer les autres compagnies aériennes continentales. C’est fort de cette situation que l’Etat, unique actionnaire de la compagnie, envisage d’intéresser d’autres partenaires à cette aventure.

Selon des indiscrétions glanées au sein de l’entreprise, au cours de l’assemblée générale de la compagnie programmée ce jour à Douala, outre l’adoption des comptes 2011, il est prévu, suivant des sourcres, l’ouverture du capital de l’entreprise à l’actionnariat privé. Au ministère des Finances où l’information sur la convocation de l’Assemblée générale est confirmée, l’on indique que les statuts qui créent l’entreprise prévoient l’ouverture du capital de la société aux actionnaires privés. «Ce n’est pas une surprise pour le gouvernement, parce que maintenant que la compagnie a fait du chemin, elle peut désormais faire appel aux opérateurs économiques du secteur privé afin de l’aider à accomplir ses ambitions et asseoir son développement», souligne une source au ministère des Finances.

Ce que confirme un proche du directeur général de l’entreprise qui indique que cette disposition est consubstantielle à la création de Camair Co. «Il est prévu dans le décret qui crée la compagnie, que 51% du capital soient détenus par un actionnaire privé ; mais pour que cela se fasse, il faut que l’entreprise se porte bien. Ce qui n’est pas le cas en ce moment avec tout ce qu’elle a comme problème. A moins que l’Etat n’ait déjà trouvé un actionnaire, je pense qu’ils ne vont pas ouvrir le capital aujourd’hui», explique un proche du directeur général. En effet au sein de la société, l’on souligne que la compagnie n’est pas viable, parce que maintenue en vie par la subvention d’équilibre de l’Etat qui s’élève chaque mois à 8 milliards de Fcfa. A ce jour, sa dette vis-à-vis de l’Autorité aéronautique (Ccaa) plafonne à 4 milliards de Fcfa, tandis que celle due aux Aéroports du Cameroun (Adc) s’établit à 3 milliards de Fcfa.

Pour ce qui concerne la dette de l’entreprise, les experts en aviation civile indiquent que les compagnies aériennes, à leurs débuts, tournent toujours à perte. Pas étonnant que la compagnie doive donc plus de 600 millions de Fcfa à l’Agence pour la sécurité et la navigation aérienne (Asecna) au 1er novembre 2012. Un endettement auquel s’ajoutent des effectifs pléthoriques estimés à 520 employés pour une flotte de trois avions, dont un Boeing 767, desservant Paris et dont le taux de remplissage peine à franchir le taux de 50%.

Avec toutes ces tares, l’assemblée générale qui va explorer les voies de l’ouverture du capital entend donner un nouveau souffle à l’entreprise, diversifier l’actionnariat et par extension, les sources de financement. «Il faut savoir qu’au sein de l’entreprise, ils ont eux-mêmes reconnus que la compagnie avait fait des fautes dans sa gestion, sa communication et dans bien d’autres secteurs ; il est donc question maintenant que la direction générale se donne les moyens d’être compétitive pour concurrencer les autres compagnies continentales», souligne-t-on au ministère des Finances.

© Muttations : Pierre Célestin Atangana

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Date de dernière mise à jour : 11/06/2013