Cameroun:Calixthe Beyala se taille une étoffe de présidentiable

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En début du mois d’avril nous sommes tombés sur un article du Camerounais Tagne Foko, aux allures de ballon d’essai sur la possibilité de jauger si l’idée d’une candidature de l’écrivaine franco-camerounaise peut prospérer dans les milieux politiques.

Au regard de tous les signaux politiques, il ne fait pas de doute que l’unanimité se fait sur l’acheminement du Cameroun vers une alternance au sommet de l’Etat. C’est vrai qu’avec Paul Biya, il ne faut rien prédire d’avance, car il est comme le roseau qui plie mais ne rompt pas. Et dans les missions diplomatiques accréditées au Cameroun, il est l’un des chefs d’Etat d’Afrique les plus redoutables. Son pouvoir semble souvent dans la rue, voire tenir sur un fil, alors que l’opinion nationale et internationale est préparée à le voir céder, les machines occidentales de déstabilisation des pouvoirs en Afrique n’arrivant toujours pas à résoudre la dernière équation.

Au regard de son âge (80 ans), et de sa longévité au pouvoir, (31 ans de règne sans discontinuer), tous les analystes politiques les plus pointilleux sont quasi-unanimes que Paul Biya, est pratiquement à son dernier mandat, et qu’il travaille courant ce septennat à préparer sa succession de manière aussi pacifique qu’il l’a reçue.

On voit depuis des années des batailles les plus acerbes se livrer dans son entourage. Et certains câbles confidentiels font même état de ce que c’est l’argument qu’il utilise pour se conforter au pouvoir. Comme en Afrique, on ne parle pas de la succession de chef de son vivant, il y en a parmi ses anciens collaborateurs qui sont en train de payer cher le tribut de leurs ambitions démesurées, et vite dévoilées.

D’autres, ont vite fait de quitter le navire, évitant de trainer avec eux des casseroles qui pourraient compromettre leur stature de présidentiable qu’ils essaient de se construire laborieusement mais allégrement dans un environnement difficile avec un processus démocratique qui est encore embryonnaire. Mieux dans une construction taillée sur mesure. Certains très tôt. Les derniers en date croient être dans le bon timing. Mais il est difficile de croire être dans le bon wagon avec un sphinx, animal à plusieurs vies comme, le président national du Rdpc, et Chef de l’Etat. Il est vrai, il vient d’amorcer un nouveau chantier, à côté des grandes réalisations annoncées dans le secteur des investissements, celui de la mise en place des institutions, notamment de la Haute Chambre, dont on peut critiquer, la démarche cavalière, frisant une dictature communiste. Mais qui sonne comme des signaux forts, d’un homme d’Etat qui peut après avoir fait déchanter toute la classe politique, qui se sera laissé plonger dans le découragement à procéder à une alternance par les urnes, dans un contexte démocratique plus ou moins transparent.

Dans l’optique des élections législatives de mars 1992 qui avaient permis à l’opposition de remporter la majorité des sièges à l’Assemblée nationale. Et de pouvoir asseoir une révolution constitutionnelle. Malheureusement, le mercantilisme politique avait prévalu. Les leaders partis d’opposition Undp, Upc-K, Mdr ont trahi le peuple en allant vendre leur pouvoir législatiif dans des alliances contre natures avec le parti au pouvoir à la ramasse.

C’est cet espoir que nourrit la nouvelle classe politique en construction. Elle qui peut espérer que l’avenir s’illumine avantageusement et plus vite qu’elle ne l’aurait pensé avec le changement de cap que prend dangereusement le principal parti de l’opposition, le Sdf, quelques temps et mis à nu avec toutes les volte-faces et tractations qui ont entouré les élections sénatoriales du 14 avril 2013. C’est dans cette mouvance que Calixte Bayala veut certainement tirer partie, pour profiter de sa virginité politique et se classer comme la candidate d’un éventuel consensus.

Car les autres ont pour la plupart essuyé des scores lamentables aux dernières élections présidentielles du 9 octobre 2011. De quoi, les envoyer poliment à la réserve des batailles politiques. Sinon comment expliquer que Tagne Foko dans son article du 1er avril 2013, journée mondiale de la fourberie, s’est permis de surfer sur les origines hybrides de la brillante écrivaine franco-camerounaise pour affirmer de manière péremptoire qu’un sondage dont lui seul à connaissance fait d’elle le candidat idéal.

Un jeu trouble de la prolixe écrivaine

«Les sondages politiques au Cameroun prônent Calixthe Beyala à la tête d’une liste des personnes les mieux placées pour diriger le Cameroun de demain, encore appelé : l’après Biya». Avant d’ajouter : «pourtant elle ne s’y intéresse même pas !» Une technique bien connue pour préparer un retournement éventuelle de la situation, qui pourrait la desservir et lui-même l’attirer une levée de bouclier. Surtout qu’il fonde son argumentation sur les mauvais leviers, ceux du tribalisme. «Une Eton mais qui ne s’étonne pas de tout ce qui se passe dans le monde, une Bamiléké qui est contre le système capitaliste.».

Oubliant qu’elle est en soi inéligible du fait de sa double nationalité, argument qui lui sera certainement assené le moment venu dans une démocratie à la tête du client, mieux du deux poids deux mesures, il va surfer à nouveau sur son entregent international. Levier qui pourrait tenir mais qui ne serait certainement pas suffisant. C’est certainement dans cette perspective qu’elle flirte de plus en plus avec les cercles du pouvoir. De manière que, si elle ne pourra pas être une étoile dans le ciel qu’elle soit au moins une lampe sur une table. Mieux qu’elle s’en sorte au moins avec un poste ministériel.

C’est ainsi que lors de la récente visite de travail du chef de l’Etat, S.E Paul Biya en France, lors du Forum économique Cameroun- France, on l’a retrouvée dans le sillage de la délégation camerounaise. Ce que les internautes ne lui avaient pas pardonné. Et son propagandiste de lui tailler dans sa défense, un habit d’aguicheuse. «Contrairement à d’autres militants qui envoient des lettres à Hollande ou à Obama, pour leur demander de les libérer du dictateur, en oubliant qu’ils vendent, par là même, leur pays aux loups alors que Calixthe se bat pour stopper la France-Afrique. » Et de poursuivre : «Calixthe a toujours refusé de s’associer aux diverses idées qu’elle jugeait, auraient pu nuire au développement ou à la tranquillité des Camerounais.»

Et il nous apprend pour conclure qu’à travers le MAF (Mouvement des Africain-Français) Calixthe Beyala veut ouvrir les portes de l’entraide solidaire, de la prise de conscience collective pour que la responsabilité de chacun prône l’être avant toute chose ! Difficile de convaincre même les myopes politiques que Calixte Beyala n’est ni de près ni de loin liée à cette action de charme.

© Aurore Plus : Mathieu Ntahanaël Njog

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